Variole du singe

La variole du singe est une maladie zoonotique virale provoquée par une infection par le virus de la variole du singe. Cette maladie survient principalement dans les zones de forêt tropicale humide d’Afrique centrale et occidentale et est parfois exporté vers d’autres régions. Le virus de la variole du singe appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridae.

Qu’est-ce que la variole du singe ?

La variole du singe est une zoonose due à l’infection par le virus de la variole du singe ou monkeypox virus. Dans le monde animal, les cas apparaissent essentiellement dans les zones de forêt tropicale humide d’Afrique de l’Ouest et du Centre, et ils s’exportent occasionnellement vers d’autres régions. Le virus de la variole du singe appartient au genre Orthopoxvirus de la famille des Poxviridés.

Le genre Orthopoxvirus comprend également le virus responsable de la variole humaine (maladie éradiquée), le vaccinia virus utilisé dans le vaccin contre la variole humaine, et le virus de la vaccine/cowpox.

Dans les régions où la variole du singe est endémique chez les animaux (autrement dit, enzootique), le virus semble circuler dans la nature au sein de populations de mammifères sensibles à l’infection, à savoir des rongeurs (notamment des écureuils et des rats), avec un passage occasionnel à des primates non humains et à des humains.

La variole du singe a parfois été signalée chez des animaux hors de ces régions d’enzootie : chez des primates importés, ainsi que chez des chiens de prairie (rongeurs du genre Cynomys) élevés comme animaux de compagnie, dont l’infection provenait initialement de rongeurs importés en Amérique du Nord.

Récemment, un cas d’infection par le virus de la variole du singe a été signalé chez un chien domestique (genre Canis), probablement à la suite de contacts directs ou très rapprochés entre l’animal et ses propriétaires, lesquels présentaient des symptômes de la maladie. Il s’agit du premier cas documenté de transmission du virus de la variole du singe de l’humain à l’animal.


Comment se transmet-elle ?

La transmission du virus de la variole du singe peut avoir lieu quand une personne ou un animal sensible à l’infection entre en contact avec le virus par le fait d’un animal, d’un humain ou de matières contaminées par le virus. Le virus pénètre dans le corps par les lésions cutanées (lesquelles peuvent être invisibles à l’œil nu), par voie respiratoire ou au travers de muqueuses.

Le virus de la variole du singe peut se transmettre d’un animal à un humain ou à un autre animal sensible, par inoculation via une morsure ou une griffure, ou par contact direct avec les fluides corporels et/ou la chair de l’animal lors d’une activité telle que la chasse.

Une transmission interhumaine du virus peut avoir lieu lors d’un contact physique étroit (par ex. visage contre visage, peau contre peau, bouche contre bouche ou bouche contre peau, notamment lors d’un rapport sexuel). Les ulcères, lésions et plaies de la bouche ou de la gorge peuvent être infectieux, ce qui signifie que le virus peut, dans certains cas, se propager par la salive et les gouttelettes (voire les aérosols) respiratoires. Des études devront être menées pour déterminer si le virus peut se diffuser par la respiration et la parole.

Des cas de transmission de la variole du singe de l’humain à l’animal ont été signalés chez des chiens domestiques qui avaient été en contact étroit avec leurs propriétaires, lesquels présentaient des symptômes de la maladie. Ces chiens présentaient des lésions cutanéo-muqueuses et se sont révélés positifs au test PCR.

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Quels animaux peuvent être atteints par la variole du singe ?

Différents mammifères sauvages sont sensibles à l’infection par le virus de la variole du singe : des écureuils funisciures, des écureuils arboricoles, le cricétome des savanes (aussi appelé rat de Gambie), des loirs africains, des primates non humains, entre autres. Bien que cela puisse dépendre de la voie de transmission et de la dose infectieuse, certaines espèces ne développent pas de signes cliniques, en particulier certaines espèces de rongeurs que l’on soupçonne d’être des réservoirs du virus. D’autres mammifères, primates notamment, présentent des éruptions cutanées similaires à celles que l’on retrouve chez l’humain.

L’infection par le virus de la variole du singe a également été signalée chez des chiens de prairie (rongeurs du genre Cynomys) élevés comme animaux de compagnie et initialement infectés par des rongeurs importés, et, récemment, chez un chien domestique (genre Canis) par transmission de l’humain à l’animal.


Que fait l’OMSA ?

L’OMSA œuvre avec ses experts et ses partenaires, tels que l’OMS, pour rassembler les informations scientifiques les plus récentes et recueillir chaque signalement en provenance du terrain. Elle collationne ces informations et les partage en toute transparence avec ses Membres et avec le grand public, afin d’aider les décideurs à prendre des décisions qui soient en rapport avec le risque et avec les connaissances scientifiques les plus récentes, et d’éviter d’entraver inutilement les échanges commerciaux.


Que faire en cas de suspicion chez un animal

Notifier l’OMSA

Les cas de variole du singe chez l’animal constituant une information zoosanitaire importante au regard de l’article 1.1.5 du Code sanitaire pour les animaux terrestres , les pays sont incités à les signaler à l’OMSA.


Garantir une bonne coordination et une bonne communication

entre les services de la faune sauvage, les services vétérinaires et les services de santé publique, en se guidant sur l’approche « Une seule santé ».

Utiliser un équipement de protection individuelle

comprenant gants, masque et vêtement protecteur à usage unique.

Si possible, procéder à un prélèvement d’échantillons

et les adresser au laboratoire national vétérinaire ou au laboratoire de référence afin de rechercher la présence du virus ou de mettre en évidence l’exposition au virus (voir section «Comment déceler le virus de la variole du singe chez l’animal?»).


Comment éviter la transmission du virus de l’humain à l’animal ?

La variole du singe étant une zoonose, il existe un risque de transmission en mode rétrograde – de l’humain vers des animaux sensibles à cette infection.

En matière de gestion du risque de transmission de l’humain à l’animal, la collaboration entre les autorités de santé publique et les autorités vétérinaires est un important facteur de prévention afin d’éviter que la maladie ne se propage aux animaux sensibles vivant dans les maisons, les zoos ou les réserves de faune sauvage, ainsi qu’aux animaux qui vivent dans ou aux abords de l’habitat humain (rongeurs en particulier).

Il convient de s’assurer que tous les déchets, y compris les déchets médicaux, soient éliminés dans le respect des principes de sécurité sanitaire et ne soient accessibles ni aux rongeurs ni à d’autres animaux commensaux de l’humain.

Les personnes supposément infectées ou confirmées comme étant infectées par le virus de la variole du singe doivent éviter tout contact direct ou très rapproché avec des animaux : animaux domestiques (chats, chiens, hamsters, furets, gerbilles, etc.), animaux d’élevage et autres animaux en captivité, faune sauvage. On se montrera particulièrement vigilant au voisinage d’animaux réputés sensibles (rongeurs, primates, etc.).


Comment déceler le virus de la variole du singe chez l’animal ?

L’apparition de signes cliniques, tels que des lésions cutanées visibles, dépend de l’espèce et de l’âge de l’animal ainsi que du clade du monkeypox virus en cause. Si l’animal appartient à une espèce que l’on considère comme un réservoir possible, il ne présentera probablement aucun signe clinique d’infection. Les signes cliniques précis selon l’espèce animale peuvent être consultés ICI (page en anglais).

Si l’animal appartient à une espèce susceptible de présenter des signes cliniques de la variole du singe, les professionnels de la santé animale devront guetter les signes suivants :

  • Hausse de la température corporelle
  • Variation de l’appétit
  • Conjonctivite et/ou écoulement oculaire
  • Toux et éternuements
  • Présence des bruits anormaux à l’auscultation pulmonaire (l’équipement de protection individuelle requis ne permet pas de réaliser cet acte)
  • Lésions cutanées avec ou sans prurit
  • Nœuds lymphatiques palpables
Prélèvements:
  • Frottis effectué sur les lésions
  • Croûtes
  • Écouvillonnage conjonctival et/ou écouvillonnage de sécrétions buccales et nasales et/ou écouvillonnage anal
  • Sang
Épreuves de diagnostic :
  • Le test de neutralisation du virus est le test de diagnostic recommandé pour la détection des anticorps anti-poxvirus. Il dure 2 ou 3 jours pour un virus du genre Orthopoxvirus ; pour faciliter l’identification, il est possible d’utiliser un vaccinia virus marqué par fluorescence.
  • PCR : une PCR universelle (« pan-pox ») sera probablement plus facile à trouver, mais il est préférable de recourir à une PCR spécifique qui indiquera quelle souche est responsable de l’infection.
  • Sérologie : tests ELISA pour Orthopoxvirus

Quels sont les messages à transmettre aux communautés à risque pour réduire les risques de propagation ?

De manière générale, lavez-vous les mains après avoir manipulé des animaux sauvages

Prenez les précautions nécessaires pour éviter d’être mordu ou griffé par des animaux.

Évitez le contact avec les animaux réputés sensibles au virus de la variole du singe.

Ne touchez pas les animaux sauvages malades ou morts d’une cause inconnue.

Ne mangez pas de chair crue d’animaux sauvages, d’aliments non cuits ou insuffisamment cuits, ni de produits à base de sang d’animaux sauvages.

Si vous trouvez un animal sauvage malade ou mort, informez immédiatement les services vétérinaires ou les services de la faune sauvage.

En cas de griffure ou de morsure par un animal sauvage, rendez-vous dans les plus brefs délais dans un centre de santé.

En cas de suspicion ou de confirmation d’infection par le virus de la variole du singe…

…consultez un médecin et évitez tout contact direct ou très rapproché avec des animaux, y compris les animaux de compagnie, les animaux d’élevage et autres animaux maintenus en captivité, ainsi que les animaux sauvages.

Comment prévenir le risque de transmission inter-espèces ?

Les cas de variole du singe chez l’humain qui ont été récemment observés dans des régions qui ne sont pas des régions d’endémie de la variole du singe dans la faune sauvage, semblent dus à une transmission interhumaine.

Néanmoins, ce virus est d’origine animale. Dans les zones où il est endémique (enzootique) dans la faune sauvage, les bonnes pratiques appliquées aux interactions avec la faune sauvage (voir section précédente) permettent de diminuer le risque de transmission de l’animal à l’humain. Il conviendrait d’ailleurs de respecter ces bonnes pratiques en toutes circonstances afin d’éviter les risques liés à de nombreux agents pathogènes et de protéger à la fois les humains et la faune sauvage.

Afin d’éviter toute transmission de l’humain à l’animal, la personne chez qui l’infection par le virus de la variole du singe est supposée ou confirmée évitera tout contact direct ou très rapproché avec des mammifères, qu’il s’agisse d’animaux de compagnie (tels que chats, chiens, hamsters, furets, gerbilles, etc.), d’animaux d’élevage et autres animaux maintenus en captivité, ou encore d’animaux sauvages. Elle devra être particulièrement vigilante à l’égard des animaux réputés sensibles à ce virus, tels que les rongeurs, les primates, etc.

L’OMSA rappelle que le commerce non réglementé de mammifères sauvages (ainsi que de viande de brousse et de produits issus de la faune sauvage) ou domestiques peut être à l’origine de la diffusion internationale de maladies telles que la variole du singe.