Dans des régions comme l’Afrique de l’Ouest, où une riche biodiversité côtoie les communautés et le bétail, la détection précoce des menaces pour la santé de la faune – telles que les maladies, les agents pathogènes et les substances toxiques – est essentielle pour prévenir les épidémies affectant à la fois les populations humaines et animales. Une surveillance efficace de la santé de la faune est non seulement cruciale pour la protection de la santé humaine et animale, mais aussi pour orienter les efforts de conservation de la nature et préserver les écosystèmes et les moyens de subsistance. 

Le Liberia, par exemple, a reconnu ces bénéfices potentiels pour protéger sa population et sa faune, et a accueilli un atelier de trois jours axé sur le renforcement de la surveillance de la santé de la faune sauvage. L’atelier s’est tenu à Tubmanburg, dans le comté de Bomi, au Liberia, du 8 au 10 mars 2025, et a rassemblé plus de 30 participants issus d’organisations nationales et internationales clés. L’événement, qui s’inscrit dans une initiative plus large visant à renforcer les approches « Une Seule Santé », a été organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en partenariat avec l’Autorité de Développement Forestier du Liberia (FDA), la Société pour la Conservation de la Nature au Liberia (SCNL), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Groupe de spécialistes de la santé de la faune sauvage de la CSE de l’UICN (WHSG). L’atelier s’est déroulé à l’Institut de Formation Forestière du Liberia. 

Renforcement des capacités de surveillance

Les participants représentaient diverses institutions, notamment la FDA, la SCNL, le Ministère de l’Agriculture (y compris l’Unité d’épidémiologie et le Laboratoire vétérinaire central) du Liberia, la Plateforme nationale de coordination « Une Seule Santé », l’UICN, l’OMSA, le Réseau universitaire africain Une Seule Santé (AFROHUN) et l’Université du Liberia. Des points focaux faune sauvage de l’OMSA du Ghana et du Liberia ont également partagé leur expertise, favorisant un dialogue transfrontalier et un apprentissage mutuel.

Wildlife Health Surveillance Liberia_group of animal health workers during a training

L’atelier a permis aux participants de se familiariser avec les Lignes directrices pour la surveillance des maladies, des agents pathogènes et des substances toxiques chez la faune sauvage en liberté (en anglais), publiées en septembre 2024. Ces lignes directrices visent à soutenir la mise en œuvre de programmes nationaux de surveillance de la faune et à promouvoir une compréhension commune du suivi sanitaire de la faune. Conçues par l’UICN et l’OMSA, elles visent à aider les pays à renforcer leurs systèmes de surveillance selon l’approche « Une Seule Santé ». 

L’atelier a également mis en lumière les progrès réalisés par le Liberia dans le domaine de la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Les initiatives de coordination « Une Seule Santé » du pays et les formations déjà proposées au personnel des aires protégées ont posé les bases des efforts actuels. Les gardes forestiers libériens sont motivés à participer à une surveillance régulière de la santé de la faune, mais un besoin accru de formation et de systèmes mieux structurés a été identifié. 

« Cette initiative arrive à point nommé. Les lignes directrices vont nous aider à bâtir un système de surveillance de la santé de la faune sauvage, qui n’existe pas encore, et à améliorer nos performances dans le cadre des activités liées à l’OMSA et à la Plateforme nationale de coordination Une Seule Santé du Liberia. » 

Abednego Gbarway, Point focal faune sauvage de l’OMSA, Gestionnaire de la faune, Autorité de Développement Forestier du Liberia. 

Un effort collaboratif pour la santé de la faune

Les sessions de l’atelier ont couvert des sujets clés tels que la surveillance de la santé de la faune au Liberia et au Ghana, la cartographie des parties prenantes, les flux de travail du terrain au laboratoire, ainsi que la conception de plans de surveillance et la définition d’objectifs alignés sur les huit étapes des Lignes directrices. Une composante de terrain a permis d’explorer divers contextes environnementaux et fauniques afin d’orienter les actions à entreprendre. 

L’événement comprenait également des visites au Laboratoire vétérinaire central du Liberia et au laboratoire mobile haute technologie de l’Université du Liberia. Ces visites ont permis aux participants de mieux comprendre les capacités de diagnostic disponibles pour la surveillance sanitaire de la faune. 

En outre, une visite sur un site humide voisin a été utilisée pour concevoir un plan d’échantillonnage environnemental dans le cadre de la surveillance des virus de la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages, fournissant une application pratique de la formation. 

Une session interactive avec le jeu ALERTE a suscité un fort engagement des participants. Développé dans le cadre du projet EBO-SURSY, le jeu ALERTE vise à mieux mobiliser les acteurs des systèmes de surveillance dans une collaboration intersectorielle et à souligner l’importance des efforts collectifs pour répondre aux problématiques de santé de la faune. 

« J’ai senti que les participants avaient une bonne compréhension du jeu ALERTE, et que cette expérience a influencé la création de plusieurs plans de surveillance des maladies lors de l’exercice de simulation. » 

Meyir Ziekah, Point focal faune sauvage de l’OMSA, Vétérinaire de zoo, Commission forestière (division de la faune), Ghana. 

Recommandations clés pour la surveillance sanitaire de la faune au Liberia

À la fin de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer la surveillance de la santé de la faune au Liberia. Parmi elles : 

  1. Élaboration de programmes de formation complets, à la fois pour le personnel de terrain et de bureau, sur la santé de la faune et les cours « Une Seule Santé », notamment la gestion pratique des échantillons. 
  2. Mise en place de systèmes nationaux de surveillance de la santé de la faune, notamment dans les aires protégées et leurs environs. 
  3. Développement d’une Stratégie nationale de surveillance de la santé de la faune pour coordonner les efforts à l’échelle nationale. 
  4. Renforcement de la collaboration avec les pays voisins de l’Union du fleuve Mano, notamment la Côte d’Ivoire, la Guinée et la Sierra Leone. 
  5. Fourniture d’équipements de protection et de moyens logistiques pour les inspections sécurisées aux points de contrôle et le transport des animaux confisqués vers des sanctuaires. 
  6. Création d’une base de données nationale sur la santé de la faune et d’un système harmonisé de rapportage entre les ministères concernés. 

Cet atelier marque une avancée significative dans le renforcement des capacités du Liberia à surveiller les maladies affectant la faune sauvage. À mesure que les participants continueront à capitaliser sur les connaissances et les compétences acquises, il est clair que la collaboration intersectorielle et le soutien international seront essentiels pour assurer la santé durable de la faune dans la région.

Ce travail a été financé par le BMZ (Lignes directrices) et par l’Alliance Internationale contre les Risques Sanitaires liés au Commerce de la Faune Sauvage (Atelier). Crédit photo : Kevin Smith / UICN 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), dans le cadre de son
projet EBO-SURSY, travaille depuis sept ans aux côtés des pays pour renforcer leurs connaissances et concevoir des réseaux de surveillance. Avec le soutien de l’Union européenne, le projet vise à prévenir les futures épidémies de fièvres hémorragiques virales (FHV) et à sauver des vies tout en protégeant la santé de la faune sauvage.   

La mise en place de protocoles de surveillance des maladies est essentielle pour sauver des vies humaines et animales, et constitue la base de tout système de surveillance fonctionnel. Sans un tel système, lorsque la société prend conscience de la présence d’une fièvre hémorragique virale telle qu’Ebola dans sa communauté, il est souvent trop tard. Chaque décès est une occasion manquée pour un système de surveillance d’anticiper et de prévenir efficacement une épidémie.  

disease survelliance_scientists capturing bats to sample for EBOLA
Des scientifiques capturent des chauves-souris pour les échantillonner au Cameroun. Tous les mois, ils testent les populations de chauves-souris vivant à proximité de la ville afin de détecter des virus.  Photo: © OMSA/J.F Lagrot

Les éléments constitutifs d’un système de surveillance 

Si la surveillance des maladies peut être réalisée de nombreuses manières, son coût peut être prohibitif pour certains pays. Alors, qu’est-ce qui fait le succès d’un système de surveillance ? Il faut des professionnels dans diverses disciplines, tous dotés d’un niveau d’éducation élevé et bénéficiant de formations fréquentes pour les maintenir à niveau. En outre, les pays doivent disposer d’un approvisionnement régulier en équipements de protection individuelle, de réactifs pour l’identification de pathogènes spécifiques, d’une chaîne du froid opérationnel, de laboratoires efficaces et d’un réseau routier fonctionnel.  

Et même lorsqu’un agent pathogène est correctement identifié, le travail n’est pas terminé. Un pays doit être en mesure de communiquer avec précision sur l’agent pathogène et disposer de canaux de communication pour faire connaître les mesures préventives au public. L’ensemble de ces éléments peut être la source d’obstacles majeurs s’ils viennent à manquer ou à être dysfonctionnel. 

Le projet EBO-SURSY a démarré en 2017 pour aider les pays à surmonter ces obstacles. Engagé à aider les pays à développer des compétences professionnelles, le projet a organisé 11 formations Une Seule santé à travers 10 pays. Le projet a développé des outils de communication, qui ont été partagés pendant ces formations, pour aider les services vétérinaires à sensibiliser aux FHV et à la manière de s’en protéger. Appuyant les professionnels à travers l’Afrique occidentale et centrale, le projet a organisé des formations sur les diagnostics de laboratoire, la collecte d’échantillons d’origine animale, les facteurs écologiques des FHV et bien d’autres choses encore. En réunissant des professionnels de la santé humaine, environnementale et animale (y compris la faune sauvage et les animaux domestiques), EBO-SURSY a encouragé le développement des compétences et des connexions, tout en fournissant une base solide pour les éléments constitutifs d’un système de surveillance.  

Disease surveillance system_Cameroon_Scientists taking samples
Des échantillons de sang prélevés sur des chauves-souris arrivent dans un laboratoire pour y être analysés au Cameroun. Photo: © OMSA/J.F Lagrot

Ateliers du projet EBO-SURSY sur la création d’un protocole de surveillance de maladie 

Bien entendu, tous les pays et leurs professionnels n’ont pas les mêmes besoins. Chaque pays est affecté de manière unique par les maladies qui existent dans son environnement. Le projet EBO-SURSY a organisé trois ateliers régionaux (un pour l’Afrique centrale, un pour l’Afrique de l’Ouest francophone et un pour l’Afrique de l’Ouest anglophone) afin de former les services vétérinaires nationaux et les professionnels de la faune à l’élaboration d’un protocole de surveillance des maladies, étape par étape. Chaque pays s’est préparé à l’atelier en connaissant ses maladies prioritaires nationales. L’objectif de la mise en place d’un protocole de surveillance des maladies était de permettre à leur pays de disposer d’un “plan directeur” pour la surveillance d’un agent pathogène et d’une ligne directrice sur la manière de réagir en cas d’épidémie afin de lutter au mieux contre la propagation de la maladie. 

Les ateliers visaient à aider les participants à réfléchir aux protocoles de surveillance des FHV de manière holistique. Grâce à la participation de professionnels de tous les secteurs dans les pays ciblés par le projet, les représentants de chaque secteur ont pu réfléchir à des solutions et à des tactiques de communication en temps réel. Les parties prenantes de l’OMSA ont également joué un rôle important dans les ateliers, notamment les Services vétérinaires à travers les points focaux de l’OMSA pour la faune sauvage, les laboratoires, la communication et la notification des maladies, ainsi que les Délégués de l’OMSA. Ce haut niveau de d’implication était nécessaire, car la mise en place d’un protocole de lutte contre les FHV n’est pas une tâche facile, même lorsque l’on bénéficie d’un soutien.

Obstacles à une surveillance adéquate 

Étant donné la nature critique d’un protocole de surveillance des FHV, on peut se demander pourquoi un pays n’en possède pas déjà un. Outre la capacité des pays à prélever des échantillons, à effectuer des tests diagnostiques et à communiquer les résultats, les différents types d’échantillonnage pour la surveillance nécessitent également différents niveaux d’effort et d’engagement financier. 

Par exemple, la surveillance ciblée de la faune sauvage implique que des échantillons soient régulièrement prélevés sur les populations animales. Cela peut s’avérer coûteux, car il faut régulièrement localiser ces animaux, y accéder, disposer d’un moyen pour les capturer les échantillonner en toute sécurité et acheminer les échantillons à un laboratoire capable de les analyser. Les pays disposant de ressources limitées pourraient donner la priorité aux maladies ayant un impact sur les humains. Par ailleurs, il existe également une surveillance passive qui, tout en nécessitant des capacités de laboratoire similaires, ne prélève des échantillons qu’au cas par cas sur des animaux trouvés anormalement malades ou morts. Il est donc moins coûteux de couvrir une zone plus étendue avec cette méthode. 

Disease surveillance system_scientists taking a blood sample from an animal
Les scientifiques et les chercheurs peuvent collaborer avec les communautés en testant le gibier capturé par les chasseurs. Cela contribue à la sécurité de la communauté et permet aux scientifiques d’avoir accès aux animaux dans des endroits difficiles d’accès. Photo: © OMSA/J.F Lagrot

Malgré cette complexité, le projet EBO-SURSY n’a pas hésité à aider les pays à élaborer des protocoles de surveillance. Après le succès des ateliers régionaux, les participants ont été encouragés à ramener chez eux leurs projets de protocoles de surveillance des FHV pour les partager avec leurs services vétérinaires nationaux.  

Certains pays ont alors demandé l’aide du projet EBO-SURSY pour organiser des ateliers au niveau national. Dirigés par les services vétérinaires nationaux, ces ateliers ont permis d’affiner les ébauches de protocoles de surveillance préalablement développées en impliquant les parties prenantes multisectorielles du pays dont les plateforme Une Seule Santé. Trois jours ont été nécessaires pour le développement technique des protocoles de surveillance et deux jours pour présenter les projets de plans aux ministères nationaux afin d’assurer une validation de haut niveau. Les ateliers ont permis aux pays d’élargir leurs horizons en matière de santé afin d’inclure les animaux et l’environnement dans les plans de surveillance nationaux, tout en créant des réseaux personnels et professionnels dans tous les secteurs d’Une Seule Santé.  

Mise en œuvre réussie des protocoles de surveillance des maladies 

Au cours de la dernière année du projet EBO-SURSY, de nombreux pays ont atteint leurs objectifs. La Sierra Leone, la République du Congo et la République centrafricaine ont mis en place des protocoles nationaux pour la surveillance de la fièvre de la vallée du Rift. La Côte d’Ivoire en a désormais un pour la fièvre de Lassa.

Même dans les pays où un protocole finalisé n’a pas été adopté, des progrès importants ont été réalisés en matière de réflexion critique sur l’élaboration de protocoles de surveillance des maladies ; ces ébauches pourraient encore être finalisées et mises en œuvre à l’avenir. Dans d’autres pays, comme le Cameroun, qui disposaient déjà d’un protocole finalisé pour les maladies zoonotiques, les Services vétérinaires ont profité de l’appui du projet EBO-SURY pour approfondir les plans existants et renforcer les capacités des parties prenantes du système de surveillance.

Les services vétérinaires nationaux de plusieurs pays ont adopté les outils de communication sur la prévention des FHV du projet EBO-SURY pour sensibiliser les communautés. En sensibilisant leurs pairs   sur les risques de transmission de ces maladies, les membres des communautés peuvent directement participer à la surveillance, en signalant aux autorités les événements inhabituels en matière de santé animale. 

surveillance protocols Africa_young African vets walking down a red soil path
Photo: © OMSA/J.F Lagrot

L’avenir de la santé des animaux, des humains et de l’environnement dépend de ces protocoles de surveillance qui respectent les principes d’Une Seule Santé. Ils sont mis en place pour tous nous protéger. Leur implémentation peut permettre de signaler des changements dans l’épidémiologie des maladies, de nouvelles épidémies et, avec un peu de chance, empêcher la mort d’êtres humains et d’animaux. Alors que le projet EBO-SURSY s’achève bientôt, ces protocoles de surveillance des maladies perdureront et amélioreront la santé de tous pour les années à venir.  

Après sept années couronnées de succès, un des projets phares de l’Organisation mondiale de la santé animale, EBO-SURSY, arrive à son terme. Pour mettre en lumière l’impact important qu’il a eu sur la santé animale, le projet a donné lieu à un rapport final d’impact soulignant son engagement pour améliorer la santé de tous. Ce programme, financé par l’UE, s’est tout d’abord concentré sur la protection de la santé de la faune sauvage ainsi que de la santé des communautés humaines qui vivent à son contact.

Ayant établi des partenariats étroits avec dix pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, le Projet a suivi l’approche « Une seule santé » en renforçant les systèmes de détection précoce des zoonoses de la faune sauvage aux niveaux national et régional. En améliorant les modes de détection et en se préparant aux foyers de fièvres hémorragiques virales, telles qu’Ébola et la fièvre de Lassa, le Projet EBO-SURSY a contribué à bâtir un monde plus sain pour les animaux tout comme pour les êtres humains.

Donner les moyens au personnel de santé animale

Un élément clé pour renforcer un système de santé consiste à investir dans le personnel de santé animale. Sans les connaissances techniques, les techniques, le matériel, ou les ressources permettant d’exceller dans sa profession, le personnel ne peut pas s’épanouir ni donner le meilleur de lui-même.

Afin de remédier à ces difficultés, le Projet EBO-SURSY a proposé un large éventail d’activités de renforcement des capacités, dont des programmes de formation et des bourses d’étude. Il a procuré aux parties prenantes de la santé animale et humaine, tout au long de la chaîne, les moyens de mettre en place dans leurs pays des systèmes de surveillance robustes qui aboutiront à des impacts positifs sur le long terme.

Linda Bohou Kombila est une chercheuse spécialisée dans les maladies émergentes. Elle a bénéficié d’une bourse de doctorat dans le cadre du projet EBO-SURSY au Gabon et a participé à l’échantillonnage de plus de 1 100 animaux en vue de tests de diagnostic biomoléculaire. © IRD P. Becquart

Ce projet a également donné aux parties prenantes la possibilité de fonctionner en réseau et de se constituer des relations sur l’ensemble du spectre « Une seule santé », y compris avec des professionnels de la santé animale, humaine et de l’environnement. Le renforcement de ces relations constitue la colonne vertébrale d’un système de santé global.  

700+

professionnels et étudiants formés aux techniques de laboratoire, à l’écologie, à l’épidémiologie et aux systèmes de surveillance

600

professionnels de santé engagés dans l’amélioration de la collaboration intersectorielle 

30

bourses d’étude proposées aux professionnels de santé pour participer à une formation portant sur le concept « Une seule santé» et sur les maladies émergentes

Nouer des relations de confiance avec les communautés

En raison du débordement zoonotique, les êtres humains et la faune sauvage vont tous se retrouver de plus en plus vulnérables face à de nombreuses maladies, comme les fièvres hémorragiques virales. Les personnes vivant aux abords ou au sein d’écosystèmes naturels, tels que les forêts tropicales, sont généralement isolées et manquent d’accès aux informations permettant de savoir comment se protéger ainsi que la faune sauvage et les animaux domestiques. 

Les communautés informées ont les moyens de se protéger elles-mêmes ainsi que d’autres êtres humains et la faune sauvage, et le projet EBO-SURSY avait pour engagement de leur donner ces connaissances. En recherchant des signes révélateurs de zoonoses, dont une mortalité et des comportements inhabituels au sein de la faune sauvage, les communautés locales sont en première ligne pour alerter les Services vétérinaires nationaux ou les autorités de la faune sauvage.

Le Projet EBO-SURSY , en partenariat avec des journalistes locaux et des reporters en herbe, a touché les communautés par le biais de campagnes radiophoniques axées sur la sensibilisations aux maladies de la faune sauvage et aux stratégies de prévention.

Dans le cadre de la radio EBO-SURSY en République démocratique du Congo et en Guinée, les jeunes reporters ont organisé des réunions communautaires pour discuter de l’interconnexion entre la santé animale et la santé humaine, et interviewer la communauté sur leurs expériences. © OMSA/E. Muwaza

3 millions

plus de 3 millions d’auditeurs en Guinée et en RDC en dispensant des informations pouvant sauver des vies

2,400

annonces de service public portant sur l’interconnexion existant entre la santé animale et la santé humaine

60

reporters en herbe et journalistes formés aux questions de santé animale

Prédire et éviter les foyers

Renforcer les capacités et sensibiliser les communautés constituent des étapes essentielles pour établir des systèmes nationaux de surveillance forts mais ce n’est pas suffisant.  Il est impératif pour les pays de mettre en œuvre des plans pour suivre les agents pathogènes et proposer des indications claires et accessibles pour les professionnels tout comme pour le grand public lors d’un foyer.

Afin de permettre aux Services nationaux vétérinaires et aux professionnels de la faune sauvage de constituer des protocoles de surveillance efficaces pas-à- pas, le Projet EBO-SURSY a organisé plusieurs ateliers régionaux. Certains pays participants sont allés plus loin en organisant des ateliers au niveau national avec le soutien du Projet EBO-SURSY , afin d’affiner leur proposition de protocoles sur les maladies prioritaires et d’obtenir un soutien au niveau national pour les intégrer dans la législation. Fidèle à la nature du projet, une approche holistique impliquant des professionnels de l’ensemble du spectre « Une seule santé » a été adoptée de bout en bout. 

Fidèle à la nature du projet, une approche holistique impliquant des professionnels de l’ensemble du spectre « Une seule santé » a été adoptée de bout en bout.

  • La Sierra Leone, la République du Congo et la République centrafricaine ont adopté des protocoles de surveillance nationaux au regard de la fièvre de la vallée du Rift.  
  • La Côte d’ivoire dispose d’un protocole relatif à la fièvre de Lassa  
  • 10 pays disposent désormais d’une expérience pour créer des protocoles de surveillance pouvant être appliqués à l’avenir pour d’autres maladies.  
  • D’autres pays ayant participé aux ateliers ont bien progressé dans l’élaboration de protocoles pouvant être mis en œuvre à l’avenir. 

Des protocoles de surveillance efficace ont besoin de se rattacher à des faits scientifiques, le Projet EBO-SURSY avait donc un engagement en faveur d’une recherche scientifique portant sur les principales maladies à fièvre hémorragique virale. Des enquêtes sur le terrain ont été organisées et le Projet a soutenu une recherche à échelle multiple par le biais de ses partenaires au sein du Consortium, Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ainsi que l‘Institut Pasteur.

 Tous trois sont connus pour leur excellence scientifique dans la prévention et le contrôle des zoonoses et ils ont travaillé avec les parties prenantes locales des pays participant au Projet dans le but de fournir des modèles prédictifs guidés par des données et des outils d’évaluation des risques. 

  • 197 enquêtes de terrain pout étayer la recherche scientifique portant sur 5 fièvres hémorragiques virales, le coronavirus, la variole du singe, entre autres
  • 43 000 échantillons animaux et 6 000 échantillons humains prélevés afin de traquer les maladies à l’interface animaux-êtres humains et améliorer les études scientifiques. 
  • 43 études scientifiques ont été publiées suite à une recherche financée par le Projet EBO-SURSY en matière d’écologie, de génétique et dans le domaine socio-économique. 
  • 25 méthodologies et outils de diagnostic ont été améliorés ou mis au point. 
Un chercheur d’EBO-SURSY prend des mesures et prélève des échantillons d’une chauve-souris en vue de tests de dépistage de maladies. La connaissance des maladies présentes dans l’environnement peut aider les communautés à prendre des décisions éclairées lorsqu’elles interagissent avec la faune sauvage, et à élaborer des stratégies de prévention contre la transmission des maladies. © OMSA/J.F Lagrot

Un nouvel avenir pour la santé de la faune sauvage

Le Projet EBO-SURSY arrive au bout de ses engagements cette année et est donc sur le point d’entrer dans une nouvelle phase avec le soutien de l’Union européenne.

Dans les prochaines années, l’objectif est d’élargir le champ géographique à 17 pays et d’inclure des partenaires plus scientifiques ainsi que d’autres parties prenantes du concept « Une seule santé ». Ce Projet va même aller plus loin en aidant les Services vétérinaires nationaux à mettre en place des systèmes de surveillance efficaces et à mettre en application les découvertes scientifiques dès la phase une dans la politique, la législation et l’encadrement professionnel pour sauvegarder la santé.

 

Sur le continent africain, la radio demeure étroitement liée à la vie communautaire, reflétant les réalités de la société et les préoccupations sanitaires qui sont les siennes. Elle reste aussi le moyen le plus sûr de délivrer des messages au public, particulièrement dans les zones difficiles à atteindre. Après le succès retentissant de la première phase de Radio EBO-SURSY (financée par l’Union européenne), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a continué de s’engager dans la prévention de l’apparition de foyers de maladies animales par le biais de programmes radio éducatifs.

Pour évoquer le cas précis de la République démocratique du Congo (RDC), pays qui participe au projet EBO-SURSY,  nous avons instauré un partenariat avec Radio Workshop afin de cibler ceux vivant dans des régions forestières à l’interface humain-animal ainsi que ceux qui sont à même de manger de la viande de brousse dans des zones urbaines. Radio Workshop a formé plus de 30 journalistes et jeunes reporters en matière de maladies zoonotiques et sur la façon dont les interactions avec la faune sauvage peuvent impacter la santé humaine. Comptant cinq stations de radio dans trois provinces, ces partenaires radiophoniques ont diffusé plus de 2400 messages pendant quatre mois, ont assuré plus de 80 émissions et ont accueilli 12 activités de vulgarisation.

Elderly man listening to EBO-SURSY Radio in DRC
Un homme écoute Radio EBO-SURSY à Mbandaka, République démocratique du Congo. © OMSA/Elijah Muwaza.

Radio EBO-SURSY s’est révélé être un programme extrêmement populaire rassemblant plus de 2,5 millions d’auditeurs.  Ce programme était plus populaire dans des zones rurales, telles que Mbandaka et Kisangani, que dans la capitale du pays. Sur un échantillon de 601 personnes interrogées dans le cadre d’une enquête d’évaluation, 42% des personnes interrogées à Mbandaka et 39% de celles interrogées à Kisangani ont précisé qu’elles écoutaient l’émission de Radio EBO-SURSY contre 22% à Kinshasa. La radio peut donc apporter un bénéfice tout particulier aux communautés isolées. Une conclusion positive a été de constater que:

73%

de ceux qui indiquaient écouter Radio EBO-SURSY étaient des auditeurs fidèles. Ils suivaient l’émission plusieurs fois par semaine

56%

d’entre eux en faisaient une affaire familiale, élargissant la présentation de ces leçons sanitaires critiques aux enfants et aux jeunes.

La radio peut donc apporter un bénéfice tout particulier aux communautés isolées.

« Étant donné l’importance de cette émission, j’ai dû prendre la décision d’acheter un poste de radio plus grand afin que ma famille toute entière puisse être informée à propos des zoonoses et apprendre les mesures de protection qui doivent être mises en place pour nous protéger nous-mêmes ainsi que notre environnement. »

Un auditeur à Yangambi, République démocratique du Congo

Créer les compétences de journalisme sanitaire au niveau local

Outre les avantages que présente l’éducation des familles en matière de maladies zoonotiques, Radio EBO-SURSY a renforcé les capacités des journalistes à répondre aux besoins sanitaires de leurs communautés face aux foyers de maladies. La radio populaire du Kinshasa, RTG@ a partagé le commentaire suivant « RadioEBO-SURSY a accru notre crédibilité. Avec le foyer de variole du singe les gens [disaient] : j’ai entendu RTGA en parler…nous sommes fiers d’avoir été l’une des premières stations de radio en RDC à commencer à sensibiliser à cette question. »

En capitalisant sur l’engagement des diffuseurs radiophoniques et des reporters avec Radio EBO-SURSY, ce projet a également créé un concours radiophonique à l’échelle de la nation. De nombreux reporters et diffuseurs radiophoniques de la RDC ont concouru pour le meilleur reportage et la meilleure émission centrés sur des thèmes tels que le concept Une seule santé, les zoonoses et la surveillance de la faune sauvage. Les juges, représentant chacun une facette du concept Une seule santé, ont récompensé les deux gagnants lors d’une cérémonie qui incluait la présence du Ministère de l’élevage. Ces émissions et reportages peuvent être rediffusés garantissant que les gens sur l’ensemble du territoire soient confrontés à davantage d’informations en matière de santé animale.

EBO-SURSY Radio_Lady speaking to a group of interviewers
Noella Kambaza, lauréate du concours radio de Radio EBO-SURSY parle à de jeunes reporters de Radio Workshop du reportage qui lui a valu de remporter ce prix et de l’importance de la radio dans la communauté.

Lorsque les citoyens ont la connaissance et la confiance de pouvoir en savoir plus sur la santé animale, cela change la perception qu’ont les gens des interconnexions existant entre l’animal, l’environnement et la société qui est la leur. Cela permet de sensibiliser de façon que les gens peuvent se maintenir eux-mêmes et la faune de leur communauté à l’abri des maladies, même dans des régions éloignées. C’est vital pour les lieux où le réflexe de consulter des experts en santé animale est inexistant.

Améliorer les relations des communautés avec les vétérinaires locaux

L’objectif premier de ce programme radio de l’Organisation mondiale de la santé animale a été de renforcer les relations entre les citoyens et leurs vétérinaires locaux. Lors de l’enquête d’évaluation, les résultats ont révélé que seuls, 19% des foyers interrogés au sein des communautés visées, avaient consulté un vétérinaire au cours des six derniers mois. Consulter un vétérinaire se faisait plus rarement dans les villages ruraux du projet (7.5%) et à Mbandaka (9%) que dans les grandes villes. Les communautés rurales ont encore à développer l’habitude de consulter des vétérinaires parce que, tout simplement, il est difficile d’en trouver : la raison la plus fréquemment invoquée pour expliquer que les foyers qui avaient voulu consulter un vétérinaire ne l’avaient finalement pas fait, était qu’il n’y avait pas de vétérinaire dans leur communauté (32%). Toutefois, même dans les zones urbaines, il n’est pas facile d’en trouver un :

« Imaginez l’abattoir [officiel] d’une ville, [ils] n’abattent que trois vaches par jour. Cela veut dire qu’il y a énormément d’abattages clandestins… Il y a des points d’abattage dans d’autres villes sans qu’il y ait de contrôle vétérinaire ».

Un vétérinaire de la République démocratique du Congo

Une autre raison qui explique pourquoi les vétérinaires ne sont pas prisés par les participants de l’enquête, est le manque de sensibilisation. Pour 30% des foyers, ils ne voyaient pas la nécessité de consulter un vétérinaire et pour 28% d’entre eux, le montant élevé des honoraires rendait la consultation d’un vétérinaire hors de portée.

Malgré ces diverses difficultés, Radio EBO-SURSY a créé une demande de vétérinaires dans les communautés où la radio était diffusée. Les résultats ont indiqué que 42% de ceux qui avaient consulté un vétérinaire n’avaient pas l’habitude de le faire avant la campagne radiophonique. Globalement, 37% du nombre total d’auditeurs de l‘émission avaient consulté un vétérinaire contre 11% des gens qui n’avaient pas écouté l’émission. Les auditeurs ont également souligné l’importance d’avoir suscité l’accès aux vétérinaires ainsi qu’aux produits et aux solutions dont ils ont eu connaissance par le programme de Radio EBO-SURSY, y compris la vaccination, le traitement des animaux malades, l’inspection des viandes et les consultations générales.

De telles conclusions ont permis de voir comment les futures émissions radio de l’Organisation mondiale de la santé animale pourront être ciblées au bénéfice de la communauté. Plus il y a de personnes ayant conscience de l’importance des vétérinaires pour la protection de la santé animale tout comme pour la santé des personnes et des écosystèmes qui les entourent, et plus il y aura une demande pour des prestations de ce type. 

Parce que la santé animale est notre santé.
C’est la santé de tous.



Au cœur des zones communales du nord de la Namibie (NCA), une bataille pionnière est menée contre la rage. Ici, les vétérinaires et leurs équipes mènent la charge, utilisant des méthodes innovantes et un dévouement sans faille pour réduire de manière significative les cas de rage humaine, marquant ainsi une réussite remarquable dans la lutte en cours contre cette maladie mortelle. 

Des campagnes de vaccination innovantes 

De juin à juillet 2023, des campagnes ciblées de vaccination des chiens ont été menées dans les cinq régions du centre-nord de la NCA : Oshana, Omusati, Oshikoto, Ohangwena et Kunene. Ces campagnes ont utilisé une stratégie ingénieuse, en mettant en place des points de vaccination désignés pour atteindre le plus grand nombre possible de propriétaires de chiens. L’approche était simple et efficace : créer de nombreux points de vaccination centraux accessibles où les propriétaires de chiens pouvaient amener leurs animaux pour les faire vacciner contre la rage. 

L’estimation de la couverture vaccinale dans des zones de peuplement vastes et dispersées est un défi monumental. Les équipes de vaccination utilisent une application mobile pour saisir et suivre les données relatives à la vaccination des chiens. La couverture vaccinale est calculée à partir d’une population canine estimée à l’aide d’un ratio homme-chien. Une méthode de capture-marquage-recapture pour estimer la couverture vaccinale a également été mise en place dans le cadre de cette campagne. Les chiens ont donc été marqués à l’aide d’une bombe de peinture colorée aux points de vaccination, puis la proportion de chiens marqués errant dans la soirée a été comptée. Cette méthode s’est avérée difficile sur le plan logistique en raison de l’étendue des zones concernées. Une autre méthode utilisant les données de la couche de peuplement à haute résolution (High-Resolution Settlement Layer – HRSL) a été employée pour estimer la couverture vaccinale autour du point de vaccination. 

Les données HRSL ont été exploitées pour estimer les populations humaines et canines dans un rayon de 2 km autour des points de vaccination. Cette méthode fondée sur les données a constitué une alternative réalisable lorsque les enquêtes conventionnelles n’étaient pas réalisables dans les conditions difficiles du terrain en Namibie. 

Dogs vaccinated against rabies in Namibia
Les chiens vaccinés ont été marqués à la peinture pour indiquer leur statut vaccinal lors de l’enquête post-vaccination. © WOAH/Tenzin Tenzin (2023) 

Obtenir des résultats face à des défis multiples 

À un point de vaccination, où 74 chiens ont été vaccinés, les données du HRSL ont permis d’estimer la population canine à 115 chiens, soit une couverture vaccinale de 64 %. Par ailleurs, une enquête menée auprès des propriétaires de chiens au point de vaccination indiquait une couverture de 86 %. Ces chiffres mettent en évidence la complexité de l’estimation de la couverture, car tous les propriétaires de chiens n’ont pas participé à la campagne de vaccination. 

Dans un autre point de vaccination situé à proximité, l’équipe a vacciné 70 chiens, le HRSL estimant une population de 93 chiens et une couverture de 75 %, tandis que l’enquête auprès des propriétaires de chiens estimait une couverture de 78 %. Ces résultats ont démontré l’application potentielle des données HRSL pour estimer la couverture dans des contextes de terrain difficiles.  

Cependant, des difficultés persistent. Le manque de moyens de transport et de ressources humaines pour former un nombre suffisant d’équipes de vaccination ont été des obstacles notables à la couverture d’un grand nombre de points de vaccination. Tout au long de la campagne, plusieurs observations ont été faites. Les écoliers ont joué un rôle crucial en amenant les chiens aux points de vaccination, profitant du fait que la campagne se déroulait pendant les vacances scolaires. L’équipe a vacciné 40 286 animaux de compagnie. Cependant, certains propriétaires de chiens n’étaient pas au courant du calendrier, ce qui souligne l’importance de la communication. 

Le renouvellement rapide de la population canine, avec de nombreux chiots et juvéniles (>50%), présentés aux points de vaccination a souligné la nécessité de campagnes de vaccination annuelles pour maintenir l’immunité du troupeau. L’éducation sur la rage dans les points de vaccination a été un grand succès, grâce aux bannières et aux affiches distribuées par la représentation sous-régionale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) pour l’Afrique australe. 

Des bannières et des affiches de sensibilisation ont été distribuées par la représentation sous-régionale de l’OMSA pour l’Afrique australe. © WOAH/Tenzin Tenzin (2023) 


La Namibie intègre la vaccination antirabique des chiens à la vaccination du bétail contre la fièvre aphteuse et la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB) dans les centres de vaccination du bétail, où les propriétaires d’animaux de compagnie amènent également leur animal pour le faire vacciner contre la rage. Cette approche permet d’améliorer la couverture vaccinale en atteignant les endroits les plus reculés du pays. 

Un avenir meilleur dans la lutte contre la rage en Namibie

Alors que le monde entier célèbre la Journée mondiale contre la rage, la réussite de la Namibie est un exemple éclatant de l’impact que des personnes dévouées peuvent avoir dans la lutte contre la rage.

La bataille de la Namibie contre la rage a mis en évidence la puissance de l’approche “Une seule santé”. Du leadership du gouvernement à l’implication de la communauté, la stratégie du pays a non seulement réduit les cas de rage humaine d’environ 25 décès en 2015 à 7 cas en 2022, mais a également amélioré le partage des données et les services vétérinaires. 

En approuvant la stratégie nationale de lutte contre la rage, l’OMSA a validé l’engagement de la Namibie, ce qui lui a permis d’obtenir un soutien durable et de poursuivre la mise en œuvre de son programme de lutte. 

Dans les vastes zones d’habitation dispersées de la Namibie, les combattants de la rage en première ligne poursuivent leur mission, protégeant les vies humaines et animales, une vaccination à la fois. Leur dévouement est une lueur d’espoir dans la lutte acharnée contre cette maladie mortelle. 

Le programme d’élimination de la rage est cofinancé par le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) et mis en œuvre par la direction des Services vétérinaires, avec le soutien technique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et du Friedrich-Loeffler-Institut (FLI).