En octobre 2025, l’OMSA accueillera sa troisième Conférence mondiale, avec pour objectif de mobiliser la communauté internationale afin de gérer le risque croissant de menaces biologiques à l’échelle planétaire.

La Conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques, qui se tiendra à Genève du 28 au 30 octobre 2025, réunira des experts de haut niveau en sécurité sanitaire, technologies émergentes et politiques de réduction des menaces biologiques, issus des secteurs public et privé. L’événement mettra en lumière les stratégies, défis et innovations les plus récents pour lutter contre les menaces biologiques qui pèsent sur nos écosystèmes interconnectés.

Environ 400 participants de divers secteurs — santé animale, forces de l’ordre et sécurité, santé publique, organisations internationales et régionales, bailleurs d’investissement et de développement, secteur privé et industrie, recherche, monde universitaire et autorités réglementaires, organisations de jeunesse — sont attendus.

Ils prendront part à des débats stimulants et à des présentations techniques innovantes visant à renforcer les capacités de prévention, de préparation et de riposte dans le monde entier.

L’événement suivra un fil narratif illustrant l’engagement de l’OMSA en matière de réduction des menaces biologiques et le rôle de plus en plus crucial qu’elle joue à l’interface santé-sécurité. Face à un avenir incertain, l’OMSA est convaincue que les synergies intersectorielles peuvent engendrer des changements positifs : rendre le monde plus sûr et plus sain.



Contexte

Dans le monde fragile d’aujourd’hui, les risques d’usage involontaire ou délibéré de pathogènes animaux augmentent, sous l’effet des avancées en biotechnologie et d’un accès facilité à ces agents. Cette menace grandissante pour la sécurité mondiale ne peut plus être ignorée. Des flambées épidémiques aux catastrophes environnementales et accidents, les événements extrêmes ne font que compliquer la tâche et minent notre capacité à réagir face à des menaces inattendues et imprévisibles.

La collaboration entre les secteurs de la santé et de la sécurité figure parmi les réponses les plus prometteuses pour atténuer ces risques. En partageant expertises et ressources, les secteurs peuvent œuvrer conjointement pour prévenir l’utilisation malveillante d’agents biologiques et renforcer la riposte collective aux menaces émergentes.

L’OMSA est un fervent défenseur de la sécurité sanitaire mondiale ; sans elle, l’avenir de tous est en jeu. Un an après avoir célébré son centenaire, l’Organisation continue de se tourner vers l’avenir et d’anticiper l’impact des tendances émergentes sur le monde de la santé animale. La Conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques offre une occasion idéale de revenir sur les défis passés, d’anticiper les risques futurs et d’identifier de nouveaux domaines d’action à fort impact.

L’organisation de cet événement bénéficie du soutien financier du Programme pour la réduction des menaces liées aux armes d’Affaires mondiales Canada.


Objectifs

Tirer les leçons du passé et se préparer pour l’avenir

Renforcer les efforts internationaux en matière de réduction des menaces biologiques

Encourager les partenariats multisectoriels en santé mondiale

Identifier des stratégies innovantes


Résultats attendus

Reconnaître l’importance de la santé animale et de l’approche Une seule santé dans la réduction des menaces biologiques

Appuyer la connaissance de la situation et la gestion des risques grâce à des études de cas et à un état des lieux mondial des efforts de réduction des menaces biologiques

Faciliter l’accès aux ressources, renforcer les réseaux et identifier des voies pratiques de collaboration intersectorielle

Obtenir des engagements pour consolider les partenariats intersectoriels, le dialogue et des actions concrètes contre les menaces biologiques

Participez à des discussions cruciales qui orienteront les efforts mondiaux visant à atténuer les risques biologiques. L’édition 2025 offre une occasion opportune d’explorer le paysage en constante évolution des menaces biologiques, en tirant parti du passé pour mieux préparer l’avenir.

Sujets clés

Une seule santé et sécurité : le paysage des menaces biologiquesMenaces biologiques délibérées
Menaces biologiques délibérées négligéesTechnologies disruptives émergentes
Innovation pour améliorer la durabilité des laboratoiresProgrès en surveillance et diagnostics pour la réduction des menaces biologiques
Approches durables en gestion des urgencesRenforcement des cadres mondiaux pour la réduction des menaces biologiques
Stratégies de plaidoyer et d’investissementPasser à l’action pour une réduction collective des menaces biologiques

Session de posters

Les participants sont invités à soumettre des résumés, qui seront examinés en vue d’une sélection pour la session de posters. Cette session constitue une plateforme essentielle pour présenter des approches innovantes, des outils et des actions concrètes axées sur les résultats, dans le domaine de la réduction des menaces biologiques. Les posters sélectionnés seront affichés pendant toute la durée de la conférence, et la session officielle se tiendra lors du cocktail d’ouverture, le mardi 28 octobre.

Participation

La conférence se tiendra en présentiel, avec une interprétation simultanée en anglais, français et espagnol.

Veuillez noter que les inscriptions publiques sont désormais closes. Toutefois, si vous avez déjà reçu une invitation et un lien d’inscription, vous pouvez encore utiliser ce lien personnalisé pour vous inscrire à la Conférence. Les Délégués de l’OMSA peuvent également continuer à nommer des membres de leur délégation pour y assister.


Code de conduite lors des réunions organisées par l’OMSA

L’OMSA s’engage à fournir un environnement sûr à tous les membres du personnel et aux participants aux réunions, sans discrimination d’aucune sorte.  Aucune forme de comportement inapproprié ou de harcèlement sera tolérée. Cet engagement s’applique à tous les locaux de l’OMSA, y compris le siège, les bureaux des Représentations régionales et sous-régionales, ainsi qu’à tous les événements organisés par l’OMSA, tels que la Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués, les réunions des Commissions régionales, les Conférences et les activités de renforcement des capacités.

L’OMSA applique une politique de tolérance zéro à l’égard de toute forme de harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel, sur le lieu de travail et lors de ses évènements. Toutes les allégations seront prises au sérieux et traitées rapidement et de manière approfondie.

Le harcèlement se réfère à tout comportement qui fait qu’une personne se sent intimidée, humiliée ou offensée. Le harcèlement peut consister en un incident unique et grave ou en un modèle de comportement au fil du temps. Le harcèlement peut être physique, sexuel, verbal ou non verbal. Les exemples de conduite ou de comportement qui peuvent constituer un comportement inapproprié ou un harcèlement comprennent, mais sans s’y limiter :

Comportement verbal

  • Commentaires sur l’apparence, l’âge, la vie privée d’une personne, etc.
  • Remarques, commentaires, histoires et blagues à caractère sexuel
  • Invitations répétées et non désirées à des événements sociaux, à des rendez-vous ou à des relations physiques intimes
  • Insultes ou remarques sexistes
  • Remarques condescendantes ou paternalistes 
  • Envoi de messages sexuellement explicites (par téléphone, par courrier électronique ou par d’autres moyens)

Comportement physique

  • Contact physique indésirable
  • Actes de violence physique, y compris les agressions sexuelles
  • Utilisation de menaces ou de récompenses liées à l’emploi pour solliciter des faveurs sexuelles.

Mesures à prendre lors d’événements

L’OMSA traite toutes les allégations de mauvaise conduite avec sérieux. Lors des événements organisés par l’Organisation, une personne de référence sera désignée pour recevoir toute plainte émanant d’un employé ou d’un participant. Dans un premier temps, la personne de référence contactera discrètement l’auteur présumé des faits, l’informera des allégations et discutera de l’incident. Dans de nombreux cas, l’affaire peut être résolue par le dialogue, en clarifiant les comportements qui peuvent être culturellement inappropriés. Toutefois, en cas de faute grave ou de comportement inapproprié répété, le point focal fera remonter l’affaire. Il peut en résulter des conséquences appropriées, y compris la demande à l’auteur présumé de quitter l’événement. 

Lieu

Centre International de Conférences Genève (CICG)
17 rue  de Varembé
CH – 1202 Genève, Suisse

Le CICG s’engage à garantir une accessibilité optimale pour les personnes à mobilité réduite. Nos infrastructures sont adaptées avec des accès sans obstacle, des ascenseurs et des équipements spécifiques pour assurer confort et autonomie à tous nos visiteurs.

Nous rejoindre depuis la ville

Vous avez plusieurs possibilités pour venir nous rejoindre depuis le jet d’eau :


Bus 8 : 15 minutes – Départ de Métropole et descente à l’arrêt UIT
A pieds : Environ 45 minutes
En taxi : Environ 10 minutes (selon la circulation)

Nous rejoindre depuis la gare

Il vous faudra en moyenne 10 minutes pour vous rendre de la Gare de Cornavin au CICG avec l’une des quatre possibilités suivantes :

Bus 5 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt Vermont
Bus 8 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt UIT
Tram 15 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt Sismondi
A pieds : Environ 20 minutes

Nous rejoindre depuis l’aéroport 

Que vous veniez en transports publics ou en taxi, il vous faudra environ 15 minutes pour rejoindre le CICG depuis l’Aéroport International de Genève.

Bus 5 : Départ de l’aéroport et descente à l’arrêt Vermont
En taxi : Environ 15 minutes (selon la circulation)


Conditions de voyage et visa

Tous les participants sont tenus de vérifier et de respecter les mesures sanitaires en vigueur en Suisse au moment de l’événement.

Les participants doivent également s’assurer qu’ils disposent des visas appropriés pour entrer en Suisse et dans tout autre pays de transit nécessaire à leur voyage. Il leur incombe de vérifier les exigences en matière de visa et de prendre les dispositions nécessaires pour l’ensemble du voyage aller-retour.

Pour plus d’informations sur les conditions d’obtention d’un visa en Suisse, consultez le site : Système de visa en ligne

Hébergement

Les participants financés par l’OMSA bénéficieront d’un hébergement pris en charge par l’organisation. De plus amples informations seront communiquées dans les mois à venir.

Pour l’ensemble des autres participants, ils doivent réserver leur propre logement et couvrir toutes les dépenses relatives à leur séjour.

Pour vous aider, une plateforme de logement a été mise en place pour l’événement, ici.

Si vous avez besoin d’aide, veuillez-envoyer un courriel à l’adresse [email protected] ou appeler le +33 1 40 54 64 00.

Transfert

Les participants sont responsables de l’organisation et de la prise en charge de leur propre transport entre l’aéroport/la gare et leur hôtel ou le lieu de la conférence. L’OMSA ne fournira pas de service de transfert.

Liens utiles : Carte de transport gratuite | Genève Tourisme, Accueil Passagers – Genève Aéroport, Gare de Genève Cornavin | CFF

Repas

Des pauses café et des déjeunes légers seront proposés à l’ensemble des participants.

Un cocktail d’expositions de posters est prévu le mardi 28 octobre. Nous invitons chaleureusement l’ensemble des participants à y assister.

Pour toute question concernant la conférence, veuillez contacter l’adresse e-mail suivante : [email protected].


Nos partenaires

Confédération suisse

Programme international de biosécurité du Royaume-Uni

Programme de réduction de la menace liée aux armes de destruction massive d’Affaires mondiales Canada

Union européenne


Pour toute question relative à cette conférence, veuillez contacter :

L’OMSA organise sa troisième conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques, avec pour objectif de galvaniser les efforts de plaidoyer contre les risques grandissants à travers le monde.

La Conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques, qui se tiendra à Genève du 28 au 30 octobre 2025, rassemblera les meilleurs experts de la biosécurité, de l’intelligence artificielle et de la lutte contre les maladies infectieuses, ainsi que des représentants du secteur privé, qui se pencheront sur les tout derniers défis, stratégies et innovations en matière de lutte contre les menaces biologiques auxquels sont confrontés nos écosystèmes interconnectés.

Les participants pourront ainsi échanger lors de discussions stimulantes et assister à des présentations de recherches innovantes visant à renforcer les capacités de préparation et de réponse partout dans le monde.

L’événement se déroulera autour d’un récit retraçant l’engagement de l’OMSA en faveur de la réduction des menaces biologiques et le rôle de plus en plus prégnant qu’elle joue dans les instances consacrées à la sécurité. Face à des perspectives d’avenir incertaines, l’OMSA considère que les synergies entre les secteurs sont capables de générer des changements positifs et de faire du monde un endroit plus sûr.


Contexte

Compte tenu de la fragilité du monde actuel, le risque de détournement involontaire ou délibéré d’agents pathogènes pour les animaux constitue une préoccupation grandissante, en raison des progrès réalisés en matière de biotechnologie et d’accessibilité. On ne peut plus ignorer cette menace croissante qui pèse sur la sécurité mondiale.

Qu’il s’agisse de foyers de maladies, de désastres et d’accidents environnementaux, les phénomènes exceptionnels ne font qu’aggraver le problème en sapant notre capacité à répondre à des menaces inattendues et imprévisibles.

Toutefois, la collaboration entre les secteurs de la santé et de la sécurité apparaît comme l’une des solutions prometteuses pour atténuer ce type de risques. En alliant les expertises aux ressources, il est possible pour différents secteurs de travailler ensemble afin de prévenir la mauvaise utilisation d’agents biologiques et d’améliorer les réponses collectives aux menaces émergentes.

L’OMSA milite ardemment en faveur de la sécurité sanitaire mondiale. Faute de quoi, c’est l’avenir de tous qui est en jeu. Après avoir célébré le centenaire de son existence il y a un an, l’OMSA continue de se tourner vers l’avenir et de réfléchir à la façon dont les tendances émergentes détermineront le monde de la santé animale.

La Conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques offre une occasion idéale de réfléchir aux défis passés, d’anticiper les risques à venir et d’identifier de nouveaux axes d’action capables de changer la donne au niveau mondial. Venez participer à des échanges décisifs qui stimuleront les efforts de la communauté internationale dans la réduction des risques biologiques à travers le monde.

Cet événement est organisé grâce au soutien financier du Programme de réduction de la menace liée aux armes d’Affaires mondiales Canada.

Session de posters

Les participants sont invités à soumettre des résumés, qui seront examinés en vue d’une sélection pour la session de posters. Cette session constitue une plateforme essentielle pour présenter des approches innovantes, des outils et des actions concrètes axées sur les résultats, dans le domaine de la réduction des menaces biologiques. Les posters sélectionnés seront affichés pendant toute la durée de la conférence, et la session officielle se tiendra lors du cocktail d’ouverture, le mardi 28 octobre.

Participation

La conférence se tiendra en présentiel, avec une interprétation simultanée en anglais, français et espagnol.

Les inscriptions sont désormais ouvertes. Les frais de participation s’élèvent à 250€. Le nombre de places étant limité et l’inscription obligatoire, nous vous invitons à vous inscrire et à confirmer votre participation.

Les participants inscrits sont invités à soumettre des résumés pour examen en vue de la Session Poster, une plateforme clé pour mettre en valeur des approches innovantes, des outils et des actions concrètes pertinentes dans le domaine de la réduction des menaces biologiques.

Lieu

Centre International de Conférences Genève (CICG)
17 rue  de Varembé
CH – 1202 Genève, Suisse

Le CICG s’engage à garantir une accessibilité optimale pour les personnes à mobilité réduite. Nos infrastructures sont adaptées avec des accès sans obstacle, des ascenseurs et des équipements spécifiques pour assurer confort et autonomie à tous nos visiteurs.

Nous rejoindre depuis la ville

Vous avez plusieurs possibilités pour venir nous rejoindre depuis le jet d’eau :


Bus 8 : 15 minutes – Départ de Métropole et descente à l’arrêt UIT
A pieds : Environ 45 minutes
En taxi : Environ 10 minutes (selon la circulation)

Nous rejoindre depuis la gare

Il vous faudra en moyenne 10 minutes pour vous rendre de la Gare de Cornavin au CICG avec l’une des quatre possibilités suivantes :

Bus 5 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt Vermont
Bus 8 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt UIT
Tram 15 : Départ de la Gare de Cornavin et descente à l’arrêt Sismondi
A pieds : Environ 20 minutes

Nous rejoindre depuis l’aéroport 

Que vous veniez en transports publics ou en taxi, il vous faudra environ 15 minutes pour rejoindre le CICG depuis l’Aéroport International de Genève.

Bus 5 : Départ de l’aéroport et descente à l’arrêt Vermont
En taxi : Environ 15 minutes (selon la circulation)


Conditions de voyage et visa

Tous les participants sont tenus de vérifier et de respecter les mesures sanitaires en vigueur en Suisse au moment de l’événement.

Les participants doivent également s’assurer qu’ils disposent des visas appropriés pour entrer en Suisse et dans tout autre pays de transit nécessaire à leur voyage. Il leur incombe de vérifier les exigences en matière de visa et de prendre les dispositions nécessaires pour l’ensemble du voyage aller-retour.

Pour plus d’informations sur les conditions d’obtention d’un visa en Suisse, consultez le site : Système de visa en ligne

Hébergement

Les participants financés par l’OMSA bénéficieront d’un hébergement pris en charge par l’organisation. De plus amples informations seront communiquées dans les mois à venir.

Pour l’ensemble des autres participants, ils doivent réserver leur propre logement et couvrir toutes les dépenses relatives à leur séjour.

Pour vous aider, une plateforme de logement a été mise en place pour l’événement, ici.

Si vous avez besoin d’aide, veuillez-envoyer un courriel à l’adresse [email protected] ou appeler le +33 1 40 54 64 00.

Transfert

Les participants sont responsables de l’organisation et de la prise en charge de leur propre transport entre l’aéroport/la gare et leur hôtel ou le lieu de la conférence. L’OMSA ne fournira pas de service de transfert.

Liens utiles : Carte de transport gratuite | Genève Tourisme, Accueil Passagers – Genève Aéroport, Gare de Genève Cornavin | CFF

Repas

Des pauses café et des déjeunes légers seront proposés à l’ensemble des participants.

Un cocktail d’expositions de posters est prévu le mardi 28 octobre. Nous invitons chaleureusement l’ensemble des participants à y assister.

Pour toute question concernant la conférence, veuillez contacter l’adresse e-mail suivante : [email protected].


Pour toute question relative à cette conférence, veuillez contacter :

Toutes les situations d’urgence ne sont pas identiques, mais elles partagent une caractéristique unique : leur nature hautement imprévisible. Cela signifie qu’elles peuvent survenir à tout moment, prenant les sociétés au dépourvu et pouvant avoir des conséquences catastrophiques.

Les défis mondiaux tels que l’urbanisation, le changement climatique, l’instabilité politique et l’évolution constante des technologies sont les principaux moteurs de la diversité des événements dangereux d’aujourd’hui.

Rien qu’en 2024, le monde a été confronté à de nombreuses crises : des tempêtes meurtrières de l’Atlantique et du Pacifique aux typhons en Asie du Sud-Est, en passant par le conflit en cours au Moyen-Orient. Bien qu’ils soient de nature différente, ces défis ont souvent des répercussions similaires, notamment l’apparition de maladies infectieuses, des perturbations dans les chaînes alimentaires et des pertes économiques inévitables. Les effets en cascade des événements extrêmes soulignent également l’interconnexion de nos écosystèmes, où les crises humaines, animales et environnementales sont non seulement liées, mais s’exacerbent parfois les unes les autres.

Suivre l’évolution d’un monde en mutation

Les données recueillies par EM-DAT suggèrent que le nombre de catastrophes graves augmente chaque année.

Pour compliquer encore l’espace de danger actuel, le risque de libération intentionnelle ou d’ingénierie d’agents pathogènes est également important, compte tenu de leur faible coût et de leur accessibilité. Et si la prochaine crise mondiale n’était pas d’origine naturelle, mais plutôt délibérément provoquée ? Les terroristes ayant des visées politiques, les individus animés par une idéologie extrémiste et d’autres acteurs aux intentions malveillantes pourraient être amenés à utiliser les maladies comme une arme puissante, ce qui représente un réel danger pour les sociétés.

Les menaces biologiques – qu’elles soient naturelles, intentionnelles ou accidentelles – pourraient coûter la vie à des millions d’êtres humains et d’animaux. Sur l’échelle des catastrophes, les menaces biologiques délibérées sont susceptibles de se classer au premier rang, compte tenu de leur potentiel destructeur.

Qu’est-ce qu’une menace biologique délibérée ?

Les menaces biologiques délibérées comprennent les agents pathogènes conçus ou libérés dans le but de nuire aux populations et de déstabiliser les sociétés.

Les bio-attaques délibérées impliquant des maladies animales ne se produisent peut-être pas tous les jours, mais imaginer « l’inimaginable » peut nous permettre de nous préparer à un avenir imprévisible. S’il est impossible de prévoir avec exactitude et précision les événements extrêmes, et encore moins d’empêcher les catastrophes de se produire, il y a une chose que nous pouvons faire : changer la façon dont nous nous préparons à les affronter.

Combattre les menaces biologiques : Le passé éclaire l’avenir

Il est plus urgent que jamais de renforcer les capacités de lutte contre l’ensemble des menaces biologiques. Pourtant, il semble que nous ne soyons pas tout à fait prêts à faire face à ces menaces.

Le score moyen de l’indice de sécurité sanitaire mondiale 2021 n’était que de 38,9, ce qui souligne la faiblesse fondamentale de la préparation mondiale aux épidémies et aux pandémies. Alors que la résilience mondiale aux risques continue d’être mise à l’épreuve, il est important que nous nous tournions vers le passé et que nous réfléchissions aux situations d’urgence provoquées par des événements extrêmes de nature diverse. En effet, ces événements peuvent fournir des enseignements précieux et éclairer les actions nécessaires pour lutter contre les menaces biologiques délibérées.

Les stratégies que nous utilisons pour répondre aux événements dangereux peuvent être des outils puissants pour se préparer aux menaces biologiques délibérées. Les systèmes d’alerte précoce adoptés pour se préparer aux catastrophes météorologiques et climatiques en sont un exemple frappant : ils peuvent également aider à identifier les agents bioterroristes introduits chez les animaux et dans la population civile.

Un changement radical d’approche

La réaction à des événements extrêmes de nature différente met en évidence un point essentiel : la gestion des urgences et la réduction des risques de catastrophe dans le domaine de la santé animale sont des responsabilités partagées par de multiples parties prenantes. Si les agences sanitaires, les autorités gouvernementales et les forces de sécurité opèrent en vase clos, les efforts de réponse risquent fort d’être fragmentés, lents ou largement inefficaces. En revanche, une collaboration multisectorielle – réunissant des experts de la santé, de la sécurité, de l’agriculture et d’autres secteurs – peut garantir une réponse plus holistique qui aborde tous les aspects d’une menace biologique potentielle.

Le monde d’aujourd’hui, qui évolue rapidement, exige une « approche tous risques » de la préparation. L’adoption de cette vision peut permettre une gestion efficace des situations d’urgence et, à terme, accroître la résilience des communautés vulnérables face à l’incertitude.

Dans le même temps, la collaboration entre les acteurs clés sous-tend la préparation contre les menaces biologiques, quelle que soit leur origine. L’OMSA s’est engagée à préparer les communautés mondiales à des événements critiques et plaide pour une meilleure préparation ainsi que pour des stratégies de réponse parmi ses membres.

Sur cette base, l’Organisation a créé une série de courts documentaires qui illustrent l’impact des événements extrêmes – qu’ils soient naturels, liés au changement climatique ou provoqués par l’homme. L’expérience sur le terrain a offert l’occasion unique d’observer les leçons tirées de la gestion des urgences et de la réduction des risques de catastrophe qui pourraient être appliquées à des cas concrets de menaces biologiques délibérées – une menace toujours croissante et un phénomène difficile à observer.

Avez-vous lu?

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Ennemi inconnu : préparer le monde à d’éventuelles menaces biologiques délibérées

Découvrez un article interactif sur les scénarios de crise et les solutions proposées pour renforcer la préparation aux menaces biologiques.

En savoir plus

La situation actuelle en termes de risques à l’échelle mondiale est complexe et en constante évolution. Les progrès technologiques, le changement climatique, la mondialisation et les variations démographiques ne représentent que quelques exemples des facteurs rendant les personnes, les animaux et l’environnement qu’ils habitent de plus en plus vulnérables aux risques connus et émergents, notamment aux maladies infectieuses, qu’elles soient d’origine naturelle, accidentelle ou intentionnelle.

La surabondance d’informations ajoute encore à la complexité. Le paysage numérique actuel a changé à jamais la manière dont nous accédons à l’information et comment nous la consommons. Les réseaux sociaux, notamment, permettent aux informations de circuler instantanément. Dans le même temps, les technologies numériques ont fragmenté les médias, offrant au public en ligne un large choix de canaux et de points d’accès à l’information. Dans ce contexte, la capacité des individus et des institutions à distinguer les fausses nouvelles des vraies est continuellement mise à l’épreuve.  

Dans le sillage de la crise mondiale du COVID-19, les agences internationales, les gouvernements, les chercheurs, les médias, les représentants de la société civile et les citoyens concernés ont cherché à comprendre quels étaient les principaux défis à relever et à tirer les leçons du passé. 

La mésinformation désigne une information inexacte, généralement diffusée sans intention de nuire. La désinformation désigne une information inexacte ou trompeuse, créée et diffusée délibérément pour nuire à des gouvernements, organisations ou individus ciblés. 

Une approche multisectorielle dans un environnement multirisque

Le secteur de la santé animale est tout aussi vulnérable aux menaces que représentent la mésinformation et la désinformation. En octobre 2022, des contenus en ligne viraux sur la propagation et le traitement de la dermatose nodulaire contagieuse ont suscité des théories du complot, sapant les efforts de vaccination du bétail et suggérant que le lait en question était impropre à la consommation. La BBC, principale source d’information au Royaume-Uni, a démenti ces affirmations en s’appuyant sur des faits scientifiques et des avis d’experts. Il ne s’agit là que d’une des nombreuses histoires qui ont fait la une des actualités internationales, ceci soulignant à quel point le secteur de la santé animale peut être gravement affecté par de faux récits. 

La quasi totalité des épidémies de maladies animales, de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle) à la fièvre aphteuse, en passant par la peste porcine africaine et l’influenza aviaire, ont fait l’objet de mésinformations et désinformations. 

L’évolution d’un environnement aux risques multiples exige d’adopter une approche nouvelle et innovante pour détecter la mésinformation et la désinformation et y répondre. Lorsque la diffusion de fausses informations est en lien, par exemple, avec des activités criminelles ou terroristes, il convient de faire appel aux autorités chargées du maintien de l’ordre. 

Afin de garantir la sécurité sanitaire dans le monde, il est nécessaire de disposer de systèmes de réponse qui soient intersectoriels, décisifs, mobilisés et bien informés. “Les auteurs d’actes malveillants se livrent en permanence à des campagnes de désinformation néfastes et multidimensionnelles dont le but est de perturber, diviser, endommager et saper leurs cibles”, explique Ben Wakefield, analyste senior et directeur adjoint de l’ELBI (Emerging Leaders in Biosecurity Fellowship) au Johns Hopkins Center for Health Security.

Ces dernières années, nous avons pu en voir clairement l’illustration à de multiples reprises lors de la pandémie de COVID-19. Le secteur de la santé animale est exposé à un risque de campagnes de désinformation similaires, susceptibles d’avoir un impact majeur sur les échanges commerciaux et la sécurité alimentaire et de compromettre la stabilité du monde et la sécurité de tous.

Ben Wakefield, analyste senior et directeur adjoint de l’ELBI (Emerging Leaders in Biosecurity Fellowship) au Johns Hopkins Center for Health Security.

“Pour déjouer les manœuvres hostiles”, poursuit M. Wakefield, “les experts en santé animale, les chercheurs et les spécialistes des sciences sociales doivent s’associer au secteur de la sécurité pour planifier et mettre en œuvre de manière globale des stratégies efficaces”.

Cette collaboration multisectorielle, qui intègre un ensemble diversifié de compétences, constitue un élément essentiel pour contrer la désinformation et veiller à maintenir la protection de la santé animale.

Ben Wakefield, analyste senior et directeur adjoint de l’ELBI (Emerging Leaders in Biosecurity Fellowship) au Johns Hopkins Center for Health Security.

“Il est primordial que ces entités travaillent ensemble de manière coordonnée”, souligne pour sa part Katy Carroll, experte à l’Institut interrégional de recherche des Nations unies sur la criminalité et la justice (UNICRI). “En effet, à l’instar d’autres phénomènes criminels, les individus malveillants cherchent généralement à exploiter d’éventuelles lacunes ou vulnérabilités présentes au niveau des mesures de prévention et d’intervention, afin d’atteindre leurs objectifs.” 

Lutter contre la mésinformation et la désinformation dans le domaine de la santé animale : les Lignes directrices de l’OMSA

Au titre de leur partenariat étroit, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) ont récemment publié un jeu de lignes directrices sur ce thème.

Ces lignes directrices illustrent certaines des stratégies clés à planifier et mettre en œuvre de manière globale afin de gérer la désinformation et la mésinformation pour les organisations travaillant dans les situations d’urgence de santé animale et de se préparer à ces événements, de les détecter et d’y répondre. 

La menace de la mésinformation n’est pas chose nouvelle. De la propagande utilisée pour favoriser les programmes politiques aux messages manipulés qui influencent les opinions, l’information est depuis longtemps utilisée comme une arme par certains groupes comme par certains individus. Cependant, avec l’interconnexion croissante des écosystèmes, cette menace a pris une nouvelle dimension. La fragmentation actuelle des médias, associée à la nature interconnectée de la vie moderne et à l’essor des contenus générés par l’IA, complique la tâche pour les consommateurs qui doivent distinguer les informations véridiques de celles qui sont biaisées, trompeuses ou non fiables. 

Selon le Rapport sur les risques mondiaux 2024 du Forum économique mondial, la désinformation constituera le principal risque dans le monde au cours des deux prochaines années. C’est pourquoi il est plus urgent que jamais de mettre en œuvre les bonnes mesures de riposte, qu’il s’agisse de sensibiliser le public ou de mener des campagnes d’éducation aux médias. “Avec l’évolution de la technologie, des réseaux sociaux et de la connectivité à Internet que nous connaissons aujourd’hui, les campagnes de désinformation se propagent beaucoup plus rapidement, avec des conséquences plus lourdes qu’au cours des décennies précédentes”, souligne M. Wakefield. “Par conséquent, il n’a jamais été aussi important de contrer et de condamner activement les efforts de désinformation malveillants, quelle qu’en soit l’origine. 

Les lignes directrices sur la mésinformation et la désinformation en matière de santé animale ont été élaborées par l’OMSA et INTERPOL grâce au soutien du Programme de réduction des menaces liées aux armes d’Affaires mondiales Canada. 

Annamaria Conte est directrice de l’unité des statistiques et du système d’information géographique à l’Istituto Zooprofilattico Sperimentale (IZS) dell’Abruzzo e del Molise « G. Caporale » de Teramo.

Paolo Calistri dirige le service d’épidémiologie et de santé publique de l’IZS-Teramo.

Comment les maladies à transmission vectorielle telles que la fièvre de la Vallée du Rift se propagent-elles ?

Paolo Calistri : La fièvre de la Vallée du Rift est une maladie vectorielle qui se transmet via des piqûres de moustiques infectés. La maladie touche les animaux domestiques tels que les buffles, les chameaux, les bovins, les caprins et les ovins. Les animaux sauvages peuvent quant à eux servir de réservoirs du virus dans certaines régions d’Afrique. La maladie peut également toucher les humains. Elle peut se propager par les mouvements d’animaux infectés, mais cette voie de diffusion peut être contrôlée par les réglementations du commerce international. Une autre voie est celle des vecteurs infectés, dans ce cas plusieurs espèces de moustiques identifiées sont capables de transmettre le virus. Inutile de dire qu’il n’existe pas de mesures de contrôle pour empêcher les moustiques de franchir les frontières nationales ! Grâce au vent ou à d’autres mécanismes passifs (à l’intérieur des avions, des cargaisons maritimes, etc.), ils peuvent parcourir de longues distances.

Le projet PROVNA*, lancé dans le cadre de l’initiative de l’OMSA, vise à aider les pays d’Afrique du Nord à cibler leur surveillance sur la fièvre de la Vallée du Rift, en exploitant les données de télédétection et d’observation de la Terre. En aidant les pays d’Afrique du Nord à établir un système d’alerte précoce et à maîtriser la propagation de la fièvre de la Vallée du Rift, nous aidons tout le monde, y compris d’autres régions voisines telles que l’Europe méditerranéenne et le Moyen-Orient.

*« Defining Ecoregions and Prototyping on Earth Observation (EO)-based Vector-borne Disease Surveillance System for North Africa » (Définition des écorégions et prototypage d’un système de surveillance des maladies à transmission vectorielle basé sur l’observation de la Terre pour l’Afrique du Nord)

Quelle est l’utilité des données environnementales et climatiques dans la prévision des mouvements de populations de moustiques ?

Annamaria Conte : Nous cherchons à identifier des écorégions en Afrique du Nord qui présentent des caractéristiques similaires, notamment en termes de température, d’environnement, de végétation et d’humidité du sol. Nous utilisons des données d’observation de la Terre de la NASA et des données à haute résolution du programme européen Copernicus, combinées à des données sur la population animale et l’apparition de la fièvre de la Vallée du Rift, extraites du Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS) et du programme Empres-I de la FAO. Si des moustiques infectés apparaissent dans l’une de ces zones, nous pouvons nous attendre à ce que des zones similaires soient  également à risque d’abriter le virus.


Nous combinons des données spatiotemporelles pour construire un prototype qui devrait être capable de prédire l’emplacement des zones à risque et le moment où le risque peut se matérialiser. Nous prenons en compte les conditions passées de température, de précipitations et de végétation : en observant le passé, nous pouvons prévoir l’avenir.

L’équipe d’Annamaria Conte et de Paolo Calistri à l’IZS-Teramo a déjà conçu avec succès un outil permettant de prévoir les risques de fièvre de West Nile en Italie, une autre maladie à transmission vectorielle, avec un délai de prévision de 15 jours. Le projet PROVNA vise à produire un modèle similaire pour la fièvre de la Vallée du Rift en Afrique du Nord.

Quelles expertises sont nécessaires pour concevoir un tel modèle ?

A. C. : Le groupe que je dirige est composé de mathématiciens, de statisticiens et de géographes. Nous collaborons avec l’équipe de vétérinaires et d’épidémiologistes de Paolo, ce qui constitue un environnement transdisciplinaire parfait. Ensemble, nous identifions les indicateurs les plus pertinents pour chaque maladie à partir des données d’observation de la Terre et nous appliquons des techniques d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle pour cartographier les zones à risque d’infection. Notre premier modèle concernait la propagation de la fièvre de West Nile en Italie : nous avons pu prédire 15 jours à l’avance les zones dans lesquelles les conditions climatiques et environnementales favorables à la propagation du virus étaient les plus susceptibles de se produire. Avec PROVNA, nous développons un modèle similaire pour la fièvre de la Vallée du Rift en Afrique du Nord.

Comment ces informations seront-elles utilisées pour lutter contre les maladies à transmission vectorielle ?

P. C. : Nous ne pouvons pas arrêter les moustiques. Toutefois, si nous savons à l’avance quand et où les moustiques sont le plus susceptibles de se propager et d’infecter le bétail, nous pouvons planifier des campagnes de vaccination et des mesures d’urgence au bon endroit et au bon moment. Le modèle nous sert de système d’alerte précoce efficace, qui peut être associé à un plan d’urgence. Par exemple, les hôpitaux peuvent savoir où et quand la saison des moustiques débutera cette année, et s’y préparer.

vector-borne diseases can spread through mosquitoes
Les températures, le niveau d’humidité du sol, les précipitations… ont des effets considérables et prévisibles sur les populations de moustiques porteurs de maladies à transmission vectorielle. En examinant ces facteurs, il est possible de prédire avec une précision étonnante le risque de propagation d’une maladie à transmission vectorielle à un moment donné, et donc de se préparer.

Le modèle peut-il être adapté à d’autres maladies ?

A. C. : Nous pouvons appliquer une méthodologie similaire à la fièvre de la Vallée du Rift, comme nous l’avons fait pour la fièvre de West Nile, et développer un modèle similaire en utilisant des jeux de données différents. Mais nous devons savoir quelles variables jouent un rôle dans la propagation de la maladie, car chaque maladie à transmission vectorielle présente des vecteurs spécifiques influencés par certains facteurs. Nous examinerons différentes caractéristiques environnementales et climatiques pour repérer différentes espèces de moustiques ou d’autres vecteurs, tels que les tiques. D’où l’importance de travailler de manière transdisciplinaire, avec des épidémiologistes, des entomologistes et des statisticiens.

Comment envisagez-vous de collaborer avec les autorités vétérinaires nationales ?

P. C. : Si tout se passe bien, le modèle sera disponible à l’été 2023. Avec le soutien de l’OMSA, nous avons pris contact avec les Services vétérinaires nationaux des pays d’Afrique du Nord afin d’organiser des sessions de formation et de discuter de la manière dont le modèle peut être amélioré à l’aide de leurs propres données de terrain, par exemple des données entomologiques quantitatives. Plus nous introduirons d’informations dans le modèle, plus il sera précis. Après s’être approprié le modèle, les Services vétérinaires pourront l’utiliser pour mieux cibler la surveillance de la fièvre de la Vallée du Rift et planifier l’utilisation optimale de leurs ressources en cas d’urgence.

Imaginez : en novembre 2022, la petite ville brésilienne de Presidente Getúlio est le théâtre d’un événement sans précédent. 230 professionnels représentant divers secteurs se réunissent pour répondre à la simulation d’une situation d’urgence zoosanitaire : l’apparition d’un foyer de peste porcine africaine. Leur objectif est de tester en conditions réelles le plan d’urgence national contre cette maladie porcine mortelle, avec la participation de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).

Le Brésil est épargné par la peste porcine africaine depuis 1984, mais des cas ayant récemment touché les Amériques, les Services vétérinaires nationaux et régionaux veillent à ce que tous les acteurs concernés soient bien préparés en cas d’apparition d’un foyer. « Les services vétérinaires locaux, régionaux et nationaux ont participé à l’exercice, de même que la police, les pompiers, les agriculteurs, le secteur de l’industrie : tous ceux pour qui il est nécessaire de savoir comment agir en cas d’urgence zoosanitaire ont participé à l’exercice. Notre objectif était de mettre en pratique le nouveau plan d’urgence du Brésil, de nous assurer de son bon fonctionnement et de procéder aux ajustements nécessaires », explique la docteure Sabrina Tavares, coordinatrice régionale pour la santé de la filière porcine au sein des services de santé animale de Santa Catarina, qui a organisé et coordonné l’événement. Des représentants de pays voisins, comme le Chili, ont également participé à l’exercice de simulation, aux côtés d’experts de l’OMSA.


Exercice de simulation d’un foyer de peste porcine africaine au Brésil

Photos © CIDASC – Companhia Integrada de Desenvolvimento Agrícola de Santa Catarina.

La peste porcine africaine est responsable de pertes massives chez les porcins. La production de viande porcine a augmenté de 5,2 % en 2022 au Brésil, passant de 4,9 à 5,2 Mt.
Les pompiers fournissent de l’eau pour nettoyer et désinfecter les véhicules.
Les participants respectent toutes les procédures de biosécurité avant d’entrer dans une exploitation pour une inspection.
Les participants s’exercent à inspecter et à contrôler la circulation des véhicules afin d’endiguer la propagation de la maladie.
Les participants s’entretiennent avec le propriétaire de l’exploitation lors de l’inspection de celle-ci. Ils portent tous les équipements de biosécurité nécessaires.

Faire face à une situation d’urgence : la valeur du travail en équipe et d’un leadership affirmé

Il a fallu six mois pour organiser cet exercice de simulation, qui s’est déroulé sur une semaine entière. Un centre opérationnel d’urgence a été mis en place, avec des briefings réguliers sur la situation. Des équipes ont été déployées dans les exploitations et sur les routes pour effectuer des contrôles sanitaires sur les animaux, prévenir la propagation de la maladie et informer la population. « Nous devions faire en sorte que tout le monde comprenne la gravité de la situation, non seulement pour la santé animale, mais aussi pour l’ensemble du secteur de la production porcine et pour l’économie du pays. Les autorités locales ont été d’un grand soutien : nous avons beaucoup travaillé pour faire connaître la simulation », explique la docteure Tavares.

Les équipes ont travaillé ensemble pour mettre en œuvre le plan d’urgence et trouver des solutions à des questions pratiques telles que l’élimination des animaux infectés. « Comme lors d’une situation réelle, nous disposions d’une quantité limitée de matériel et nous avons dû trouver la meilleure façon possible de le partager et de le distribuer », explique la docteure Tavares. « Tout comme dans une crise réelle, les participants ont commencé à être fatigués au bout d’une semaine de gestion de l’urgence. Pourtant, les crises réelles peuvent durer bien plus longtemps. Un bon encadrement était essentiel pour que chacun reste motivé et impliqué, ainsi que pour maintenir un état d’esprit constructif de la part de professionnels qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. »

S’appuyer sur les enseignements tirés de l’exercice de simulation

Dans l’état brésilien de Santa Catarina, l’équipe de la docteure Tavares avait déjà organisé des exercices de simulation en vue d’une éventuelle flambée d’influenza aviaire et de fièvre aphteuse. Mais cet exercice particulier sur la peste porcine africaine était d’une ampleur sans précédent, puisqu’il s’agissait du premier exercice jamais réalisé sur cette maladie dans le pays. « Nous avons tiré de précieux enseignements », explique-t-elle. « Tout d’abord, l’implication humaine de tous les acteurs concernés est essentielle. Deuxièmement, nous avons dû rédiger un manuel détaillant la mise en place d’un centre opérationnel en cas d’urgence et l’organisation des équipes. »

Maintenant que l’exercice est terminé, l’équipe de la docteure Tavares est en train d’élaborer ce manuel sur la base de cet exercice et d’exemples provenant d’autres États brésiliens, afin de compléter le plan d’urgence national. Elle s’inspirera également des lignes directrices de l’OMSA pour les exercices de simulation. Ce manuel permettra de partager les bonnes pratiques tirées de l’exercice de Presidente Getúlio entre les différentes professions et au-delà des frontières, avec d’autres états brésiliens ainsi qu’avec les pays voisins.

L’OMSA a apporté son soutien à l’événement et continue d’améliorer ses activités de préparation aux situations d’urgence. Elle encourage vivement ses Membres à notifier leurs activités d’exercices de simulation afin de renforcer leur visibilité, d’encourager la solidarité entre les pays et d’éviter toute confusion avec un événement réel.


87 % des Membres disposent d’un plan d’urgence pour au moins une maladie.


Mais seuls 45 % des Membres ont déclaré avoir effectué un exercice de simulation.


408 exercices de simulation ont été déclarés entre 2002 et 2021, surtout en Europe et dans les Amériques.


Source : Rapport annuel de l’Observatoire 2022


Partager l’expérience sur la gestion des urgences au-delà des frontières et des secteurs

La peste porcine africaine n’est pas la seule maladie à avoir provoqué des urgences en matière de santé animale au cours des dernières années. De nombreux autres pays se préparent également à d’éventuelles flambées d’autres maladies telles que l’influenza aviaire ou la fièvre aphteuse en procédant à des exercices de simulation.

Mais les maladies ne sont pas les seules menaces auxquelles les Services vétérinaires peuvent être confrontés. Ils doivent également se préparer à d’autres types d’urgences, y compris celles liées à l’agro-terrorisme. À cet égard, l’OMSA a récemment coordonné un exercice de simulation transfrontalier en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), et avec le soutien de la Commission européenne pour la lutte contre la fièvre aphteuse (EuFMD). L’exercice Phoenix a réuni des Services vétérinaires et des agents des services chargés de l’application de la loi de 12 pays pour étudier les modalités d’enquête et d’intervention en cas d’acte d’agro-terrorisme. L’exercice a également permis d’étudier le rôle des organisations internationales dans de telles situations d’urgence. L’objectif final : être prêt à coopérer aux niveaux national, régional et international et entre les différents secteurs en cas d’événement agro-terroriste réel.

Lors d’une situation d’urgence, l’efficacité de la réponse dépend du niveau de préparation du personnel vétérinaire et des autres parties concernées. C’est pourquoi l’OMSA vise à renforcer leur résilience face à tous les types d’urgences, qu’il s’agisse d’épidémies, d’agro-criminalité, d’agro-terrorisme, de conflits sociaux ou d’événements climatiques extrêmes. « Nous ne pouvons pas toujours prévoir une situation d’urgence, mais nous pouvons nous y préparer », déclare Keith Hamilton, Chef du Service Préparation et Résilience.


Dans le cadre de son programme plus large de gestion des urgences, l’OMSA élabore des normes et des lignes directrices internationales pour faire face aux menaces qui pèsent sur la sécurité sanitaire, et notamment des plans d’urgence.