Lors du Sommet One Health (Une Seule Santé) tenu le 7 avril 2026, accueilli par la France, des dirigeants mondiaux, des partenaires et des organisations internationales ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une approche de la santé plus intégrée et préventive à l’interface humain–animal–environnement. 

Dans un contexte de crises mondiales convergentes — notamment des systèmes de production alimentaire non durables, le changement climatique, la perte de biodiversité et la menace croissante de maladies infectieuses émergentes et endémiques — les participants ont souligné l’urgence de passer de réponses fragmentées à une action coordonnée et systémique. 

Aujourd’hui, près de 75 % des maladies infectieuses émergentes trouvent leur origine chez les animaux. Parallèlement, des maladies zoonotiques persistantes telles que la rage et la tuberculose, ainsi que des maladies à transmission vectorielle, continuent de provoquer chaque année des décès humains évitables. Ces risques sont encore aggravés par des menaces biologiques de plus en plus complexes, qu’elles soient d’origine naturelle, accidentelle ou délibérée. 

La Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), a souligné que la santé animale n’est pas une question sectorielle, mais un pilier de la sécurité sanitaire mondiale, de la résilience économique et du développement durable. 

Malgré cela, les investissements dans la prévention restent largement insuffisants. Les maladies animales sont responsables d’une perte estimée à 20 % de la production mondiale de bétail, soit un coût d’environ 300 milliards de dollars américains par an. Pourtant, les Services vétérinaires ne reçoivent en moyenne que 0,05 % du PIB national. À l’inverse, l’investissement annuel estimé nécessaire pour renforcer les systèmes vétérinaires — 2,3 milliards de dollars — est minime au regard du coût des crises mondiales et peut générer des retours allant jusqu’à 86 %. 

Dans ce contexte, l’OMSA salue vivement le leadership de la France dans l’organisation du Sommet One Health à un moment critique pour l’action collective. 

Le président Emmanuel Macron a mis en avant l’importance de la souveraineté sanitaire, de la solidarité internationale et de l’investissement stratégique dans la prévention, soulignant que la sécurité sanitaire mondiale doit se construire grâce à une coopération multilatérale renforcée et à des systèmes nationaux consolidés. Il a appelé à intensifier les efforts pour anticiper les risques à leur source et garantir que les pays soient en mesure de prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires dans un monde de plus en plus interconnecté. 

Les participants ont réaffirmé que les menaces sanitaires émergent souvent à l’interface humain–animal–environnement, faisant des systèmes solides de santé animale une première ligne de défense. Investir dans ces systèmes permet une détection précoce, réduit l’amplification des agents pathogènes et empêche que des foyers locaux ne se transforment en crises mondiales. 

Les initiatives concrètes de l’OMSA et de ses partenaires présentées lors du Sommet montrent comment l’approche Une Seule Santé se traduit en actions : 

  • Prévention à la source : Les efforts conjoints menés avec l’Institut Pasteur et l’OMS visant à éliminer d’ici 2030 les décès humains dus à la rage transmise par les chiens sont accélérés grâce au renforcement des programmes de vaccination, à l’amélioration de la surveillance et à la mobilisation des communautés, démontrant l’efficacité des investissements en santé animale pour sauver des vies humaines. 
  • Renforcement de la préparation : Un nouveau cadre « Beyond Silos », soutenu par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Global Affairs Canada, vise à intégrer les Services vétérinaires dans des systèmes d’urgence à l’échelle de l’ensemble du gouvernement, améliorant les capacités d’alerte précoce, la coordination intersectorielle et la résilience face aux menaces sanitaires, y compris celles ayant des implications en matière de sécurité. 
  • Réponse aux risques émergents : Face à la propagation croissante de la grippe aviaire entre espèces et régions, l’Alliance quadripartite (FAO, OMS, OIE, PNUE) renforce un cadre stratégique visant à améliorer la surveillance, l’évaluation des risques et les capacités de réponse coordonnée entre secteurs et au-delà des frontières. À cet égard, l’OMSA lancera WildEpi, un système d’information en temps réel sur la santé de la faune sauvage. 
  • Lien entre science et politique : Le soutien continu au Groupe d’experts de haut niveau One Health (OHHLEP), ainsi que de nouvelles collaborations avec des initiatives telles que PREZODE, permettront de mieux traduire les données scientifiques en politiques et en actions opérationnelles, notamment dans le domaine de la prévention. 
  • Renforcement des compétences : Grâce à l’initiative conjointe OH Learning Task Force, l’OMSA, la FAO et l’OMS investissent dans le développement d’une main-d’œuvre qualifiée et multidisciplinaire capable de relever des défis sanitaires complexes et de renforcer la confiance et la collaboration entre les secteurs. 
  • Solidarité opérationnelle : L’OMSA lance une nouvelle initiative visant à améliorer le partage d’équipements, d’expertise et de capacités de réponse rapide entre secteurs, afin de permettre des réponses plus efficaces et plus rapides aux crises. 

Le Sommet a réaffirmé un message clair : la sécurité sanitaire commence par la prévention, et la prévention commence par Une Seule Santé. 

« Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’investissements, d’intégration et d’un engagement politique à grande échelle » – Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA 

Investir dans la santé animale et les systèmes Une Seule Santé apporte de multiples bénéfices : 

  • prévenir les pandémies et les menaces biologiques ; 
  • renforcer la sécurité nationale et mondiale ; 
  • protéger les moyens de subsistance, les systèmes alimentaires et les économies ; 
  • et préserver un avenir commun et durable. 

La transition de l’engagement à la mise en œuvre est désormais essentielle. En passant de la réaction à la prévention, et de la fragmentation à l’intégration, la communauté mondiale peut construire un avenir plus résilient et plus sûr pour tous. 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a lancé sa nouvelle Série de Dialogues des Ambassadeurs, réunissant des diplomates afin d’inscrire durablement la santé animale à l’agenda politique mondial et de promouvoir l’investissement dans la prévention comme priorité stratégique.

Organisée le 11 février 2026 à Paris, la réunion inaugurale a marqué le premier d’une série prévue de dialogues diplomatiques de haut niveau visant à renforcer les liens entre la santé animale et les grands débats politiques mondiaux relatifs à la sécurité sanitaire, aux systèmes alimentaires, au commerce, à la résilience climatique et au développement durable.

En ouvrant la session, la Directrice générale de l’OMSA, Emmanuelle Soubeyran, a souligné que la santé animale n’est pas une question technique cantonnée aux Services vétérinaires, mais un enjeu stratégique aux implications majeures. Les échanges ont porté sur la manière dont la santé animale peut être intégrée plus systématiquement dans les décisions politiques et financières, à un moment où les maladies émergentes, la résistance aux antimicrobiens et les pressions climatiques redéfinissent les paysages de risques à l’échelle mondiale.

Investir dans les Services vétérinaires, les systèmes de surveillance et les mesures de prévention constitue l’un des moyens les plus rentables de réduire le risque de pandémies, de protéger les flux commerciaux et de stabiliser les systèmes alimentaires.

Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA.

Lorsque la santé animale est absente des discussions internationales, la prévention est souvent sous-financée, ce qui accroît les coûts humains et économiques des crises sanitaires futures. Dans ce contexte, les participants ont examiné comment l’engagement diplomatique peut contribuer à inverser cette tendance en intégrant la santé animale dans des priorités mondiales plus larges, notamment la préparation aux pandémies, le commerce durable et la transformation des systèmes alimentaires.

Les diplomates ont salué le lancement de la Série de Dialogues des Ambassadeurs comme une étape importante vers un dialogue structuré avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et ont réaffirmé leur engagement à soutenir la santé animale en tant qu’enjeu stratégique pour la résilience mondiale. Plusieurs ambassadeurs ont souligné l’importance de renforcer la visibilité politique de la santé animale dans les processus décisionnels nationaux et multilatéraux.

Dans ce contexte, Son Excellence Ana Elena Pinto Lizano, Ambassadrice du Costa Rica, a rappelé que l’objectif de la réunion était d’accroître la visibilité des travaux de l’OMSA et de veiller à ce que la santé animale soit reconnue comme un bien public mondial pour les pays. Elle a également souligné l’importance de soutenir les Délégués des Membres afin de renforcer davantage la place de la santé animale dans leurs agendas nationaux, notamment en tant que composante stratégique de la politique étrangère. Elle a noté que, si l’expertise technique demeure le fondement du travail de l’OMSA, le fait de la compléter par un dialogue politique renforcé peut améliorer la coordination avec des acteurs clés tels que les ministères des Affaires étrangères et les missions diplomatiques, renforçant ainsi la cohérence et l’impact au niveau international.

La réunion a également offert à l’OMSA l’occasion de présenter ses orientations stratégiques pour 2026–2031, notamment son objectif de positionner la santé et le bien-être animal comme des biens publics mondiaux dans le cadre de l’approche « Une seule santé », un impératif largement reconnu par les diplomates présents.

Sans une bonne santé animale, nous sommes tous exposés au risque d’urgences de santé publique. En tant qu’ambassadeurs, nous pouvons contribuer à accroître la visibilité de l’importance de la santé animale à l’approche de l’évaluation des Objectifs de développement durable en 2030.

Son Excellence Mavis Ama Frimpong, Ambassadrice du Ghana.

« La santé animale est au cœur de la sécurité commune, de l’élimination de la faim et de la prévention des maladies. Nous devons placer la santé animale au centre de l’agenda mondial du développement. Nous devons garantir davantage de financements et identifier des voix plus fortes sur tous les continents pour défendre la santé animale », a déclaré Son Excellence Mavis Ama Frimpong, Ambassadrice du Ghana.

L’engagement politique a été identifié comme essentiel pour garantir que la santé animale soit prise en compte dans les déclarations internationales, les cadres de financement et les stratégies de développement, les ambassadeurs étant considérés comme des alliés clés pour promouvoirıs promouvoir cette évolution.

La Série de Dialogues des Ambassadeurs est conçue comme une plateforme diplomatique récurrente, permettant un échange régulier entre l’OMSA et la communauté diplomatique. Les prochaines sessions continueront d’examiner la contribution de la santé animale aux biens publics mondiaux et la manière dont l’investissement dans la prévention à la source animale peut renforcer la résilience des systèmes de santé, de commerce et alimentaires.

En clôturant la réunion, l’OMSA a réaffirmé son engagement à bâtir des partenariats durables avec ses Membres par l’intermédiaire de leurs représentants diplomatiques et à renforcer les fondements politiques de la santé animale dans le monde entier.

La santé animale est un pilier essentiel de la santé mondiale, de la sécurité alimentaire et de la durabilité environnementale. Du plancton qui extrait le carbone de l’atmosphère aux abeilles qui pollinisent plus de 30 % des cultures agricoles mondiales et 90 % de la végétation sauvage, nos sociétés et économies sont intrinsèquement liées aux animaux. 

Si les nouvelles technologies, la mobilité accrue, l’industrialisation et la mondialisation ont permis des avancées notables pour la santé humaine, animale et environnementale, elles ont aussi engendré de nouveaux défis. La perte croissante de biodiversité, les maladies zoonotiques et la résistance aux antimicrobiens rappellent l’importance cruciale de la santé animale et ses répercussions sur les populations humaines. 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) est heureuse d’annoncer une nouvelle série de films de marque, produite par BBC StoryWorks Commercial Productions, qui mettra en lumière les efforts novateurs en matière de santé animale à travers le monde. Ancrée dans les principes de l’approche « Une seule santé », la série Animals & Us (titre provisoire) explorera des solutions innovantes — de la conservation de la faune et la prévention des maladies à l’innovation vaccinale et aux pratiques d’élevage durables. 

La série s’articulera autour de trois grands thèmes : 

  1. Renforcer la résilience : Comment les progrès en santé animale peuvent-ils protéger les humains contre de futures pandémies et risques zoonotiques ? Ce volet mettra en avant l’importance de la vaccination, de la surveillance des maladies et de la biosécurité pour protéger la santé animale et humaine. Des systèmes de santé animale solides signifient un avenir plus sûr pour tous. 
  2. Favoriser la santé : Comment les innovations en santé animale peuvent-elles renforcer les systèmes alimentaires et lutter contre la résistance aux antimicrobiens ? Ce chapitre montrera comment de meilleures pratiques en matière de santé animale permettent de réduire les maladies d’origine alimentaire et d’assurer une alimentation plus sûre, avec des effets positifs pour les communautés. 
  3. Rétablir l’équilibre : En quoi la protection de la biodiversité et de la santé des écosystèmes contribue-t-elle à un avenir durable ? Ce chapitre illustrera comment des écosystèmes sains et des pratiques culturelles intelligentes renforcent la résilience locale, en démontrant les liens étroits entre santé animale, nature et bien-être humain. 


    À travers des récits inspirants, la série dévoilera des stratégies interconnectées favorisant des écosystèmes plus sains, renforçant la sécurité alimentaire et mobilisant des actions intersectorielles pour construire un avenir durable. 

    Prévue pour un lancement en 2026, la série Animals & Us sera hébergée sur un microsite dédié sur BBC.com, accompagnée d’une campagne numérique multiplateforme visant à toucher des audiences ciblées parmi les 165 millions de visiteurs mensuels de la plateforme, avec un relais assuré par l’OMSA et son réseau. 

    Les équipes créatives de BBC StoryWorks collaboreront directement avec des partenaires sélectionnés pour produire du contenu de marque percutant dans le cadre de cette campagne. Si votre organisation souhaite mettre en avant une histoire en lien avec ces thématiques, vous êtes invité·e à soumettre une manifestation d’intérêt via ce court formulaire.

    Une sélection de participants sera invitée à discuter avec les équipes de BBC StoryWorks pour produire une pièce de contenu de marque pour la série. Ce travail fera l’objet d’un coût, déterminé en fonction des exigences de production. Les équipes de développement et de production de BBC StoryWorks travailleront étroitement avec les organisations retenues pour créer du contenu captivant, que les partenaires pourront également promouvoir via leurs propres canaux, avec le soutien de BBC StoryWorks et de l’OMSA. 

    Pour toute information complémentaire, veuillez contacter : Diane Grasser, développeuse de la série chez BBC StoryWorks : [email protected] 

Dans un monde où la santé humaine, animale et environnementale est de plus en plus interconnectée, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) est fière d’annoncer le lancement de son nouvel espace en ligne : The Animal Echo, un espace collaboratif de partage des connaissances qui offre des perspectives sur certains des défis les plus pressants du monde à travers le prisme de la santé animale.

The Animal Echo se veut une ressource vitale pour les principales parties prenantes qui s’engagent à faire progresser la santé et le bien-être des animaux, ainsi que leur lien crucial avec la santé mondiale. Ce nouvel espace reflète l’engagement de l’OMSA à favoriser la compréhension de la santé et du bien-être des animaux et à promouvoir des solutions aux défis mondiaux en matière de santé.  

La santé animale est un sujet vaste et interconnecté qui touche à de nombreux domaines différents : sécurité alimentaire, commerce, économie, santé publique, biodiversité, changement climatique. C’est pourquoi nous pensons qu’il y a tant d’histoires qui attendent encore d’être racontées.

Alors que le monde entier célèbre aujourd’hui la Journée internationale de l’éducation, nous sommes très fiers de donner vie à un nouvel espace hautement informatif destiné à un large éventail de publics en quête de connaissances : des décideurs politiques aux vétérinaires de terrain, en passant par les citoyens de plus en plus curieux de la santé et du bien-être des animaux.

Dre Emmanuelle Soubeyran,
Directrice Générale, OMSA 

Un espace collaboratif pour le partage des connaissances

L’espace de partage des connaissances présentera un mélange d’articles scientifiques et d’articles de blog rédigés par d’éminents experts en santé animale, publique et environnementale. Ces contenus offriront un aperçu approfondi de divers sujets relatifs à la santé et au bien-être des animaux, dans le but d’améliorer la compréhension individuelle et collective de la santé et du bien-être des animaux. Que vous soyez un spécialiste des maladies à la recherche d’idées nouvelles, un acteur du changement désireux de faire bouger les choses ou un amoureux passionné des animaux de compagnie, vous trouverez ici quelque chose qui vous correspond.  

Articles clés à explorer

Pour marquer le lancement, The Animal Echo présente une série d’articles scientifiques sur le thème choisi pour ce trimestre – le genre – ainsi qu’un article de blog sur un autre sujet d’actualité dans le domaine de la santé animale, la biosécurité.  

En mettant l’accent sur la promotion du dialogue mondial, The Animal Echo est appelé à jouer un rôle crucial dans l’orientation des conversations sur la santé et le bien-être des animaux dans le monde entier.

Alors que le monde entier souligne le pouvoir transformateur de l’éducation et de l’apprentissage tout au long de la vie à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, le lancement de The Animal Echo met en évidence l’importance du partage des connaissances intersectorielles pour relever les défis mondiaux. En encourageant l’échange de points de vue, l’OMSA renforce son message clé selon lequel la santé animale est la santé de tous, ouvrant ainsi la voie à un avenir plus durable.

Paris, France, 20 novembre 2024 – Aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) publie un nouveau rapport intitulé Towards a Healthier Future for All: Progress in Animal Health to Contain Antimicrobial Resistance (« Œuvrer à un avenir plus sain pour tous : Les progrès du secteur de la santé animale pour endiguer la résistance aux antimicrobiens »), élaboré grâce aux contributions de plus de 20 Membres et partenaires clés.

Ce rapport analyse la manière dont le secteur de la santé animale a abordé le défi que représente la résistance aux antimicrobiens au cours des dernières années, en mettant en évidence les succès et les progrès significatifs accomplis au niveau mondial, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les actions, les investissements et la collaboration pour enrayer la résistance.

Les antimicrobiens ont ouvert la voie à de meilleures conditions de vie pour les humains comme pour les animaux. Avant la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming en 1928, les infections dues à des coupures superficielles pouvaient entraîner des infections du sang voire la mort. Pourtant, aujourd’hui, ces médicaments vitaux perdent de leur efficacité en raison de la mauvaise utilisation et de la surutilisation qui en sont faites dans tous les secteurs. Ce phénomène, connu sous le nom de résistance aux antimicrobiens (RAM), peut se produire dans les populations animales, humaines ou végétales et constitue une menace pour toutes les espèces.

Depuis plusieurs décennies, l’OMSA travaille avec ses Membres et ses partenaires d’Une seule santé, avec des vétérinaires, des universitaires, des industriels et d’autres acteurs de premier plan pour sensibiliser le public à cette menace sanitaire d’ampleur mondiale et pour y apporter des solutions. Voilà 25 ans que l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OMSA a adopté une résolution appelant à l’élaboration des premières lignes directrices sur la RAM dans le secteur de la santé animale. Depuis lors, plusieurs jalons importants ont été posés, démontrant que des stratégies ciblées, notamment la stratégie de l’OMSA sur la RAM, peuvent avoir des effets bénéfiques considérables malgré les défis que présente ce sujet complexe.

Sur la voie d’une utilisation plus responsable des antimicrobiens chez les animaux

Le rapport présente des exemples inspirants qui mettent en lumière les efforts de la communauté vétérinaire dans le monde entier.

Par exemple, les résultats remarquables obtenus par la Thaïlande, qui a réduit sa consommation d’antimicrobiens de 49 % entre 2017 et 2019, et de 39,3 % entre 2017 et 2021, témoignent de la puissance que confèrent les efforts concertés au niveau national. Les mesures prises par le pays ont dépassé leur objectif initial et ont mis en évidence les avantages d’un suivi rigoureux et de l’application de politiques concrètes. 

L’Union européenne a également pris des dispositions notables. Elle s’est engagée à réduire de 50 % ses ventes globales d’antimicrobiens destinés aux animaux d’élevage et à l’aquaculture avant 2030 ; en 2022, la moitié de cet objectif ambitieux était déjà atteint. Ces mesures proactives montrent que des changements induits par les politiques peuvent avoir des effets tangibles sur la réduction de l’utilisation des antimicrobiens et sur le ralentissement du développement de la résistance.

Le secteur norvégien de l’aquaculture offre un autre exemple éloquent. Grâce à des pratiques de vaccination généralisées, la Norvège est parvenue à réduire son utilisation d’antimicrobiens chez les saumons et les truites arc-en-ciel de 50 tonnes en 1987 à 300 kg aujourd’hui, alors que sa production a augmenté de 3300 % dans le même temps. Cela illustre à quel point l’innovation et les soins préventifs peuvent préserver la santé des animaux tout en réduisant la dépendance à l’égard des antimicrobiens.

Entreprendre des actions en se fondant sur des bases de données pour faire progresser la gestion des antimicrobiens à l’échelle mondiale

Les progrès reposent non seulement sur des politiques et des stratégies concrètes, mais aussi sur une collecte et une analyse rigoureuses de données. La base de données de l’OMSA sur l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux (ANIMUSE) a joué un rôle central dans la mise en avant d’un niveau de compréhension sans précédent de l’utilisation des antimicrobiens à travers le monde. Au cours de la dernière décennie, le nombre de pays disposant de systèmes de surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et/ou de la RAM a triplé ; 80 % des Membres de l’OMSA communiquent des données chaque année.

Cette infrastructure de surveillance fournit les éléments probants nécessaires à des actions ciblées et à l’adoption de politiques nationales plus efficaces. Les données collectées et analysées via la plateforme ANIMUSE entre 2016 et 2024 révèlent des progrès positifs dans le sens d’une utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux, notamment une réduction de l’utilisation d’antimicrobiens d’importance critique pour les humains et des efforts pour éliminer les pratiques inappropriées telles que le recours aux antimicrobiens pour stimuler la croissance.

Perspectives d’avenir : Un appel à poursuivre les efforts

Bien que des progrès significatifs aient été enregistrés, des données récentes sur les futures répercussions socio-économiques de la RAM montrent la nécessité de redoubler d’efforts collectifs. Ainsi que le rappelle Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA, « malgré les progrès accomplis, la menace que constitue la RAM persiste et requerra des efforts supplémentaires dans les années à venir ».

L’année 2024 a été une année importante, la Réunion de haut niveau de l’AGNU sur la RAM et la quatrième Conférence ministérielle mondiale de haut niveau sur la RAM ayant jeté les bases de l’action dans leurs déclarations politiques. La vigilance, l’investissement et la coopération intersectorielle doivent se poursuivre pour garantir que les progrès réalisés soient non seulement consolidés mais aussi multipliés dans notre cheminement vers un monde où les antimicrobiens conserveront leur efficacité.


Après sept années consacrées à l’amélioration des capacités de surveillance des pays en matière de maladies zoonotiques, le projet EBO-SURSY s’est terminé en juillet dernier. Le chef de file du projet, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), a confirmé que le projet suivant, appelé ZOOSURSY*, a débuté à la mi-octobre 2024.

ZOOSURSY est financé par l’Union européenne, dans le cadre d’un partenariat entre l’initiative Team Europe et l’Union africaine. Ce partenariat se concentre sur le développement d’une sécurité sanitaire durable en Afrique en utilisant l’approche “Une seule santé”. Le projet s’appuie sur les objectifs de la stratégie de l’UE en matière de santé mondiale adoptée en novembre 2022, qui réaffirme l’engagement de l’UE à relever les principaux défis sanitaires mondiaux, notamment la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.

ZOOSURSY s’appuiera sur le succès et les principes du projet EBO-SURSY, qui a travaillé avec les services vétérinaires et les autorités responsables de la faune sauvage dans dix pays africains, en les aidant à renforcer leurs connaissances et leurs capacités en matière de systèmes de surveillance de la faune sauvage. Qu’il s’agisse de mettre en place des collaborations “Une seule santé” pour les activités de surveillance des maladies ou d’accroître les capacités des étudiants et des professionnels grâce à des bourses et des formations, le projet a travaillé avec une grande variété de parties prenantes, du niveau local au niveau régional. Il a permis d’intensifier la recherche scientifique sur les chauves-souris, le virus Ebola et la relation entre la transmission virale et les facteurs écologiques. Les réalisations du projet ont été résumées dans un rapport final, détaillant les chiffres clés, les partenariats et l’impact du projet en Afrique. 

ZOOSURSY aura une plus grande portée géographique que son prédécesseur, s’étendant à l’Afrique de l’Est et australe, tout en élargissant son travail thématique pour inclure le développement de politiques sur la surveillance et la défense des intérêts législatifs. De nouveaux partenaires scientifiques rejoindront le consortium, augmentant ainsi le potentiel de l’approche”Une seule santé”. L’objectif du nouveau projet est d’améliorer les systèmes de détection précoce et de surveillance de la faune sauvage afin de prévenir l’apparition de zoonoses à potentiel épidémique. En outre, l’OMSA espère promouvoir la mise en œuvre de son cadre de santé de la faune sauvage en Afrique, contribuant ainsi à faire progresser les efforts en matière de sécurité sanitaire mondiale. 

L’un des objectifs de ZOOSURSY est de tirer parti des leçons apprises et des résultats obtenus dans le cadre du projet EBO-SURSY. Il s’agit notamment d’appliquer les résultats de la recherche scientifique et des publications du projet EBO-SURSY à la création de nouvelles politiques législatives liées à la santé animale et de stratégies de gestion des risques d’émergence de maladies. Il s’agira également de continuer à renforcer les capacités nationales et régionales par le biais d’ateliers et de formations visant à promouvoir les stratégies “Une seule santé” et à soutenir les talents scientifiques régionaux par le biais de bourses et d’autres opportunités professionnelles.  


Les principales activités de ZOOSURSY seront les suivantes : 

  • Surveillance de la santé des animaux sauvages par des équipes multisectorielles, afin de mieux comprendre certaines zoonoses ou d’étudier de nouvelles maladies de la faune.
  • Soutenir le développement de tests de dépistage rapide des maladies et d’outils de diagnostic innovants pour les maladies zoonotiques émergentes et réémergentes. 
  • Mettre au point des systèmes de surveillance participatifs dans certains pays cibles qui impliquent les communautés. 
  • Partager des recommandations fondées sur des données probantes avec le public et les autorités chargées de la santé animale 
  • Sensibiliser les communautés locales aux risques liés aux maladies par le biais de la radio et du théâtre.  
  • Mettre à jour les outils de communication développés dans le cadre du projet EBO-SURSY afin que les communautés locales aient accès aux informations et aux données scientifiques les plus récentes. 

Les projets axés sur la santé animale tels que ZOOSURSY qui promeuvent l’approche Une seule santé sont essentiels, car les projets de développement sont plus souvent centrés sur la santé humaine. Or, la santé des animaux, des humains et de l’environnement est interdépendante et interconnectée. Dans le monde entier, des milliards de personnes dépendent des animaux d’élevage pour leur subsistance, tandis que les animaux sauvages sont essentiels pour la sécurité alimentaire, les services écosystémiques et jouent également un rôle culturel. Les projets de santé animale nous permettent d’examiner comment les actions humaines, telles que la destruction des habitats, l’exploitation minière, la déforestation et autres, engendrent une perte de biodiversité et ont un impact négatif sur les animaux et même sur la société humaine. Plus précisément, ces actions humaines ont augmenté le risque d’émergence de maladies zoonotiques en rapprochant plus que jamais les humains, les animaux domestiques et les animaux sauvages.

Le sous-investissement chronique dans les services publics, en particulier dans les services vétérinaires et les services de santé publique spécialisés dans les maladies zoonotiques, a entraîné des lacunes importantes dans la capacité d’un pays à réagir efficacement. La coordination entre les autorités nationales chargées de la santé humaine, animale et environnementale fait souvent défaut, ce qui entrave la mise en place de systèmes fonctionnels de surveillance des maladies. 

ZOOSURSY, suivant les traces de son prédécesseur, le projet EBO-SURSY, s’engage à aider les pays à combler ces lacunes en matière de coordination et à préserver la santé humaine, animale et environnementale. Ce n’est qu’en travaillant ensemble à la réalisation de l’objectif commun d’un monde plus durable que nous pourrons rendre l’avenir plus sûr et plus sain pour tous. 

Parce que la santé animale est notre santé.
C’est la santé de tous. 

*Le titre complet de ZOOSURSY est : “Améliorer les connaissances et les capacités de gestion pour renforcer la santé animale” : Améliorer les connaissances et les capacités de gestion pour renforcer les systèmes de surveillance des maladies zoonotiques prioritaires émergentes et réémergentes à l’interface entre l’animal, l’humain et l’environnement. 
**Partenaires de mise en œuvre du projet : Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Institut Pasteur, le Helmholtz Institut für One Health (HIOH) et l’Université d’Helsinki.  Ces organisations travailleront également sur ZOOSURY avec leurs nombreux partenaires locaux dans les pays cibles. 

L’utilisation des médicaments antimicrobiens a permis à la santé mondiale de faire des progrès non négligeables et incontestables ces dernières années. Cependant, le mauvais usage généralisé des antimicrobiens chez les humains, les animaux et les végétaux contribue de manière spectaculaire à l’émergence et à la propagation d’agents pathogènes résistants aux médicaments. Cela constitue une menace tant pour la santé humaine que pour la santé animale, avec d’importantes répercussions sur nos écosystèmes interconnectés. La résistance aux antimicrobiens (RAM) est en train de provoquer une crise mondiale sans précédent ; relever ce défi intersectoriel est donc plus urgent que jamais.

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) s’engage à protéger la santé et le bien-être des animaux, notamment en établissant les normes relatives à la RAM pour le secteur de la santé animale. Nos normes et lignes directrices fournissent un cadre pour la surveillance de l’utilisation des agents antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens tout en promouvant l’utilisation responsable des produits antimicrobiens chez les animaux.

Chaque année, lors de la Session générale, les normes internationales de l’OMSA sont soumises à un processus de révision suivant les besoins spécifiques principalement soulevés par ses 183 Membres. Couvrant des mises à jour de nature différente, la révision reflète le travail de l’Organisation, qui s’attaque à des questions complexes, établit un consensus entre les Membres et trouve des solutions actualisées et fondées sur la science, conçues pour profiter à la fois à la santé animale et à la santé humaine.

La révision de la norme sur la RAM (chapitre 6.10) lors de la 91e Session générale a été menée par les Commissions spécialisées de l’OMSA avec le soutien du Groupe de travail sur la RAM et couvre trois aspects majeurs : élargir le champ d’application des normes pour inclure les animaux de compagnie, intégrer la protection de l’environnement et mettre à jour les recommandations de la liste de l’OMSA des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire.

Ces modifications se fondent sur les besoins croissants qui trouvent leur origine dans le monde interconnecté actuel.

Tout d’abord, les dimensions environnementales de la RAM sont généralement négligées au moment d’examiner l’utilisation d’agents antimicrobiens et la RAM chez les animaux. Les changements apportés cette année au chapitre 6.10 reflètent la nécessité d’une approche Une seule santé pour aborder la RAM. En fait, il est crucial de prendre en considération les effets potentiels sur l’environnement de l’usage des antimicrobiens chez les animaux. Qu’elle soit qualitative ou quantitative, l’industrie pharmaceutique devrait procéder à une évaluation des risques environnementaux lorsqu’elle soumet une demande d’approbation réglementaire pour des médicaments vétérinaires contenant des agents antimicrobiens. De plus, les fabricants devraient fournir des instructions visant à garantir l’élimination sûre des produits vétérinaires inutilisés et périmés afin d’éviter toute contamination environnementale.

Dans un monde comptant plus d’un milliard d’animaux de compagnie, la culture liée à la possession de ces animaux dans les économies émergentes a évolué, permettant des interactions plus étroites entre les animaux de compagnie et les humains. La littérature nous donne également de plus en plus de preuves d’un transfert bidirectionnel d’agents pathogènes résistants, notamment par contact ou partage d’un environnement contaminé. Dans ce contexte, une révision des normes de l’OMSA s’imposait afin de sensibiliser les Membres à la nécessité d’étendre leurs activités pour promouvoir une utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux de compagnie ; il convient aussi de prendre ces espèces en considération lors de la saisie des données sur l’utilisation des antimicrobiens dans ANIMUSE. Il est en outre indispensable d’accroître la sensibilisation aux risques et aux bonnes pratiques parmi les propriétaires d’animaux de compagnie, en étroite collaboration avec l’Association vétérinaire mondiale des petits animaux (WSAVA).

Enfin, l’Organisation fournit des recommandations précises sur la manière d’utiliser en médecine vétérinaire les agents antimicrobiens considérés comme d’importance critique pour la santé animale et humaine. Dans le cadre de cet effort continu, la liste de l’OMSA des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire a été mise à jour pour mettre ses recommandations en adéquation avec les derniers changements concernant les critères de catégorisation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; ainsi, les dérivés de l’acide phosphonique sont désormais considérés comme des agents antimicrobiens d’importance critique, de même que la colistine, les fluoroquinolones ainsi que les céphalosporines de troisième et quatrième génération.

Ensemble, les changements apportés cette année aux normes sur la RAM doivent ouvrir la voie à une utilisation responsable des antimicrobiens dans des situations et des contextes différents dans le domaine de la santé animale.

 Il s’agit d’un important pas en avant dans la lutte contre cette menace mortelle qu’est la RAM. Cela fait des années que l’utilisation appropriée et la bonne gestion des antimicrobiens suscitent un vif intérêt au sein de la communauté mondiale des spécialistes des petits animaux. Il est capital de mettre cet intérêt en cohérence avec les actions et les normes mondiales de l’OMSA pour libérer le potentiel de l’approche Une seule santé. 

Stephen Page, membre du Groupe de travail sur la RAM.

« Au terme de cette adoption à l’unanimité, je tiens à vous féliciter pour votre engagement en faveur de l’approche « Une seule santé ». Nous savons que la résistance aux antimicrobiens est un défi intersectoriel, et nous sommes fiers de continuer à progresser dans le secteur de la santé animale en adoptant les mises à jour de ces normes », conclut la Directrice générale de l’OMSA, la Dre Eloit.

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) fournit un cadre à ses Membres pour demander la reconnaissance officielle de leur statut zoosanitaire pour six maladies prioritaires sur une base volontaire. Cette reconnaissance est essentielle pour soutenir l’économie de l’élevage dans les pays, car elle facilite le commerce régional et international des animaux et de leurs produits.

En 2024, cinq pays ont obtenu la reconnaissance officielle de leur statut zoosanitaire : 

Ces réalisations représentent un grand progrès en matière de lutte mondiale contre les maladies hautement contagieuses touchant les animaux d’élevage. La reconnaissance officielle de ces statuts salue non seulement l’efficacité du contrôle de la maladie, de la prévention et des mesures de détection précoce mises en œuvre par ces pays, mais elle améliore aussi leur accès aux marchés régionaux et internationaux. 

En plus de célébrer ces nouvelles reconnaissances, il est important de souligner le maintien réussi des 385 statuts zoosanitaires déjà officiellement reconnus et des programmes de contrôle approuvés.  

Les Membres peuvent également soumettre leurs programmes officiels de contrôle pour quatre maladies en vue d’une évaluation par l’OMSA. En 2023, la Zambie a reçu l’approbation de son programme officiel de contrôle de la rage transmise par les chiens, précédée par la Namibie et les Philippines en 2022. Cette réalisation est un grand pas en avant dans la lutte contre une maladie qui entraîne encore approximativement 59 000 décès humains par an. Les efforts de ces pays contribuent à l’objectif mondial « Zéro d’ici 2030 » visant à éliminer les décès humains dus à la rage transmise par les chiens d’ici à 2030. 

La reconnaissance du statut zoosanitaire par l’OMSA souligne non seulement les réalisations des différents pays en matière de lutte contre les maladies, mais joue aussi un rôle crucial dans la promotion de la sécurité du commerce de produits animaux et l’amélioration des moyens de subsistance de ceux qui dépendent du secteur de l’élevage. 

L’accent mis actuellement par l’OMSA sur la résistance aux antimicrobiens, le bien-être animal, la faune sauvage et les animaux aquatiques soulève la question de savoir si ses fondateurs auraient pu prédire l’état actuel de l’Organisation il y a un siècle. Dans un monde en constante évolution, l’OMSA accroît sa flexibilité et sa capacité à répondre aux complexités nouvelles et émergentes, telles que les conditions climatiques changeantes et les progrès technologiques, en identifiant les opportunités et les défis qui soutiennent la résilience de l’Organisation. Ces facteurs seront examinés lors du forum.  

Comment une organisation centenaire se prépare-t-elle à l’avenir ?  

Compte tenu des opportunités et des défis importants qui se profilent à l’horizon, il est essentiel d’explorer des alternatives pour se préparer à l’avenir. Le forum explorera le passé, le présent et l’avenir de l’OMSA à travers la révision des structures de gouvernance actuelles et des opportunités qui s’offrent à elle. Le forum aura lieu le 27 mai lors de la 91e session générale de l’OMSA et sera retransmis en ligne.  

Lundi 27 mai 2024 
Heure   Session 
11h00 – 12h30 Session 1 « Réflexion sur le présent » (diffusée en direct)
14h00 – 16h00 Session 2 « En route vers le futur »  
16h30 – 18h00    Session 3 « Agir aujourd’hui pour préparer demain » (diffusée en direct)  

Pour imaginer le rôle potentiel de l’OMSA dans ces paysages de la santé et du bien-être animal, les parties prenantes ont été impliquées dans un projet de prospective participative lancé en 2023 pour marquer le 100e anniversaire de l’OMSA. Les participants ont utilisé des méthodes de prospective pour étudier les opportunités et les perturbations, en encourageant les discussions sur des questions complexes et en explorant des scénarios possibles ayant un impact sur l’OMSA et les Services vétérinaires au 21e siècle. Parmi le large éventail de participants, des étudiants de l’Association internationale des étudiants vétérinaires (IVSA) ont apporté un éclairage nouveau à la création et à l’exploration de scénarios alternatifs.

La prochaine génération de professionnels de la santé animale est confrontée à des questions complexes et interconnectées qui devront aller au-delà de ce qui est actuellement enseigné dans les écoles vétérinaires et pourraient inclure l’utilisation de l’intelligence artificielle, la gestion et l’analyse des données, la cybersécurité, la science environnementale, la communication, la pensée critique, le leadership et la diplomatie. En tant que nouvelle génération potentielle d’experts et de délégués de l’OMSA, la présence de représentants de l’IVSA au Forum vise à inspirer une réflexion à long terme et à susciter des conversations au sein de l’Assemblée mondiale des délégués de l’OMSA afin de façonner l’avenir de la contribution des Membres à l’Organisation et de la manière dont l’Organisation sert ses Membres. 

Ce qui nous attend est imprévisible. Par conséquent, l’exploration des défis potentiels présente de nombreuses perspectives et scénarios futurs, chacun ayant une chance de se réaliser. Cette incertitude montre le pouvoir des pratiques de prospective, en élargissant les options de prise de décision et de cheminement.   

Un examen des textes fondamentaux de l’OMSA, un ensemble de documents de base qui décrivent la mission et la structure de gouvernance de l’Organisation, a également été effectué afin d’évaluer leur capacité à répondre aux demandes des membres et des organisations internationales. Lors du Forum, l’Assemblée et les partenaires sont invités à se plonger dans différents scénarios d’avenir afin d’explorer le rôle potentiel de l’OMSA dans ces paysages futurs et d’aider à la prise de décision concernant les textes fondamentaux de l’OMSA.  

Cent ans ont passé, et les leçons tirées du passé et de l’avenir peuvent éclairer les décisions d’aujourd’hui pour que l’OMSA reste pleinement engagée à répondre activement aux complexités actuelles et émergentes.  

L’Organisation mondiale de la santé animale est fière d’annoncer le lancement de la première étude thématique de l’Observatoire, qui porte sur les normes internationales en matière de zonage. 

L’étude thématique est le dernier résultat de l’Observatoire de l’OMSA, un programme de suivi de la mise en œuvre de ses normes internationales. Pour obtenir les données nécessaires à l’évaluation, un questionnaire a été envoyé aux Membres de l’OMSA afin d’évaluer l’utilisation du zonage pour l’influenza aviaire, la peste porcine africaine (PPA) et la fièvre aphteuse (FA). Les résultats ont été rassemblés dans une étude complète qui met notamment en évidence l’utilisation, les principaux défis, les inconvénients et les impacts positifs de sa mise en œuvre, et qui se termine par une série de bonnes pratiques pour l’organisation et ses membres. Le concept de zonage a été utilisé par 70 %, 55 % et 50 % des membres ayant répondu à l’enquête et qui étaient touchés par l’influenza aviaire chez les volailles, la peste porcine africaine et la fièvre aphteuse, respectivement.

Parmi les Membres qui utilisent le zonage,

27%

ont déclaré avoir partiellement ou pas du tout intégré les normes de l’OMSA sur le zonage dans leur cadre réglementaire national.

34%

dans leurs pratiques.

Le thème sous-jacent du document est la nécessité pour les Membres de disposer de toutes les conditions préalables (telles que les systèmes de surveillance, d’identification et de traçabilité), de la capacité et des ressources nécessaires pour mettre en œuvre et maintenir efficacement le zonage à long terme, avant d’adopter l’approche du zonage. La mise en œuvre de la norme doit également être envisagée au cas par cas, en fonction du contexte unique et des spécificités de chaque membre.

Les normes internationales de l’OMSA constituent une base solide pour améliorer la santé et le bien-être des animaux, la santé publique vétérinaire et la facilitation des échanges internationaux/régionaux, si elles sont intégrées de manière cohérente dans les cadres nationaux et législatifs. Le zonage et la compartimentation sont deux concepts clés spécifiquement conçus pour aider les Membres à prévenir et à contrôler la propagation d’une maladie, tout en contribuant à la sécurité des échanges d’animaux et de produits connexes. Cependant, les Membres peuvent être confrontés à des défis lorsqu’ils tentent de mettre en œuvre les normes de zonage et de compartimentation. Parfois, leur capacité à les respecter et à y adhérer peut également être limitée, comme l’ont montré les travaux antérieurs de l’organisation.  

L’établissement de normes est la mission centrale de l’OMSA. Cependant, l’organisation s’intéresse également à la manière dont les normes sont utilisées par les membres. C’est dans ce but que l’Observatoire a été créé. Programme axé sur les données, l’Observatoire suit la mise en œuvre des normes internationales de l’OMSA et son objectif est double. Tout d’abord, il a pour but d’aider l’organisation à mieux soutenir les membres en identifiant les domaines dans lesquels les services et les processus qu’elle propose pourraient être ajustés pour mieux répondre aux besoins des membres. D’autre part, et ce n’est pas le moins important, le programme vise également à s’assurer que les normes sont pertinentes, adaptées à leur objectif et bien comprises, en identifiant les obstacles à leur mise en œuvre et en développant des activités de renforcement des capacités sur mesure. 

Depuis un siècle, l’OMSA est à l’avant-garde de la lutte contre les maladies animales infectieuses en utilisant l’innovation comme force motrice. Des données fiables aident les autorités nationales et la communauté internationale à prendre des décisions fondées sur des preuves afin d’améliorer la sécurité sanitaire mondiale et de renforcer les systèmes de santé.  En 2022, l’OMSA s’est lancée dans une aventure capitale grâce à l’innovation apportée par l’Observatoire et est désormais le fer de lance de l’effort visant à rendre les données liées à la santé animale accessibles à tous. 

La section de l’étude thématique consacrée à la compartimentation suivra en 2024-2025. Les données recueillies sur le zonage font actuellement l’objet d’une analyse plus approfondie afin d’explorer les facteurs susceptibles d’influencer l’acceptation des zones par les partenaires commerciaux. Les résultats seront communiqués en 2024. 

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’étude thématique concernant l’Utilisation, problématiques et impacts du zonage et de la compartimentation et une brève fiche d’information donnant un aperçu visuel des résultats.