Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) chez les bovins

Bien que l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) touche principalement les oiseaux domestiques et sauvages, plusieurs cas ont confirmé son apparition chez les bovins (Bos taurus). Cette maladie virale hautement contagieuse a également été identifiée chez d’autres espèces mammifères, domestiques et sauvages. Si le risque pour l’humain reste faible, l’IAHP constitue néanmoins un problème potentiel de santé publique, en particulier pour les personnes ayant des contacts fréquents et rapprochés avec les bovins, la volaille et les oiseaux sauvages dans les zones le virus circule (par exemple, les vétérinaires et les agriculteurs). 

Dernière mise à jour: 28 avril 2025

Qu’est-ce que l’IAHP chez les bovins ?

L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) chez les bovins survient lorsqu’une espèce bovine est infectée par un virus de l’influenza A hautement pathogène pour la volaille.

En mars 2025, l’IAHP a été détectée pour la première fois chez des vaches laitières aux États-Unis d’Amérique (USA). Depuis, plusieurs cas ont été notifiés à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). En avril 2025, le virus circule principalement aux États-Unis, et la souche dominante est le H5N1. 

Les signes cliniques sont principalement observés chez les vaches laitières en lactation, se développant sur une période de 2 à 3 semaines. Le virus est principalement présent dans les glandes mammaires, ainsi que dans les systèmes digestif et respiratoire. Il a également été détecté dans le lait et, post-mortem, dans les tissus musculaires.

Dans les exploitations touchées, le taux de morbidité de l’IAHP chez les bovins varie généralement entre 10 % et 20 %, atteignant jusqu’à 40 % dans certains cas. Bien que la mortalité directement liée à la maladie reste faible (inférieure à 5 %), le taux de mortalité total dans les troupeaux peut dépasser 5 % en raison de l’abattage sélectif des animaux ne retrouvant pas leur niveau de production antérieur. 

La souche actuellement en circulation a démontré sa capacité à infecter un large éventail d’espèces, notamment les bovins, les oiseaux domestiques et sauvages, ainsi que les mammifères aquatiques et terrestres, domestiques et sauvages, y compris les humains. 

L’IAHP chez les bovins est une maladie émergente selon l’Article 1.1.4 du Code sanitaire pour les animaux terrestres. Par conséquent, dès sa détection, les Autorités vétérinaires ont la responsabilité d’envoyer une notification immédiate, suivie de mises à jour régulières, à l’OMSA via le Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS)

Comment l’IAHP se transmet-elle chez les bovins ? 

Les voies et modes de transmission entre bovins, la durée d’excrétion virale ainsi que la période de contagiosité restent à l’étude. Les éléments disponibles suggèrent que la transmission entre bovins pourrait avoir lieu, probablement par contact direct avec du lait infecté, par inhalation du virus aérosolisé ou par transmission indirecte via des vêtements et du matériel contaminés. De plus, il existe des indications de transmission horizontale du virus depuis des vaches laitières infectées vers d’autres animaux, y compris des veaux, des chats et de la volaille. 

La gravité clinique de la maladie est variable. Les bovins infectés peuvent être asymptomatiques, présenter une maladie légère ou des signes cliniques non spécifiques tels qu’une baisse de la production laitière avec un lait anormal (plus épais, ressemblant à du colostrum), une perte d’appétit, de la léthargie, de la fièvre, une déshydratation, des altérations de la consistance des selles, des troubles respiratoires et des avortements. 

Potentiel zoonotique : les humains sont-ils à risque ? 

Bien que le risque pour l’humain reste faible, la circulation continue de l’IAHP chez les bovins augmente le risque d’adaptation des virus de l’IAHP aux mammifères, et donc potentiellement leur transmission à d’autres espèces d’élevage ou aux humains. À ce jour, aucune preuve n’indique une adaptation spécifique du virus de l’IAHP à l’humain, ni de transmission interhumaine. 

Des études ont démontré que la pasteurisation commerciale du lait inactivate le virus, rendant le lait sûr pour la consommation humaine. Des infections humaines sporadiques par l’IAHP ont été rapportées, en particulier chez des personnes ayant été en contact étroit avec des vaches laitières infectées ou avec des oiseaux domestiques ou sauvages infectés. Les professionnels les plus exposés comprennent le personnel vétérinaire et les agriculteurs. 

Les précautions recommandées pour les personnes à haut risque comprennent : 

  • Porter des équipements de protection individuelle (EPI) appropriés, incluant protection oculaire, gants et masques couvrant nez et bouche ; 
  • Nettoyer et désinfecter régulièrement les vêtements de travail ; 
  • Se laver soigneusement les mains après tout contact avec les animaux et avant de manger ; 
  • Faire preuve de prudence lors de la manipulation de lait cru, de matières fécales ou de litière provenant d’animaux suspects ou infectés. 

Le grand public est conseillé de :  

  • Éviter tout contact direct avec des oiseaux sauvages malades ou morts, ainsi qu’avec des mammifères domestiques ou sauvages malades, sauf sous supervision vétérinaire ou dans le cadre de responsabilités de soins aux animaux ; 
  • Maintenir de bonnes pratiques d’hygiène, notamment le lavage des mains à l’eau tiède et au savon, en particulier après être rentré chez soi et avant de manipuler des aliments ; 
  • Ne pas consommer de lait cru ni de produits laitiers à base de lait non pasteurisé ou non traité thermiquement. 

Que fait l’OMSA ?

L’OMSA s’engage à soutenir ses Membres dans la réduction des risques associés à l’influenza aviaire et suit de près l’évolution de l’IAHP chez les bovins. Une collaboration étroite avec le réseau d’experts de l’OMSA, OFFLU, reste une priorité. 

Nous travaillons également avec d’autres organisations internationales pour évaluer les implications plus larges pour la santé animale et publique dans le cadre du Quadripartite One Health et du Cadre mondial pour la maîtrise progressive des maladies animales transfrontalières (GF-TADs). 

Nous encourageons vivement nos Membres à surveiller l’apparition de l’influenza aviaire chez les animaux autres que les oiseaux et à notifier rapidement les événements pertinents à l’OMSA via son système d’information WAHIS.