Actualités

L’OMSA et ses partenaires font progresser l’approche Une Seule Santé de la vision à l’action lors du Sommet One Health 2026

Lors du Sommet One Health (Une Seule Santé) tenu le 7 avril 2026, accueilli par la France, des dirigeants mondiaux, des partenaires et des organisations internationales ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une approche de la santé plus intégrée et préventive à l’interface humain–animal–environnement. 

Dans un contexte de crises mondiales convergentes — notamment des systèmes de production alimentaire non durables, le changement climatique, la perte de biodiversité et la menace croissante de maladies infectieuses émergentes et endémiques — les participants ont souligné l’urgence de passer de réponses fragmentées à une action coordonnée et systémique. 

Aujourd’hui, près de 75 % des maladies infectieuses émergentes trouvent leur origine chez les animaux. Parallèlement, des maladies zoonotiques persistantes telles que la rage et la tuberculose, ainsi que des maladies à transmission vectorielle, continuent de provoquer chaque année des décès humains évitables. Ces risques sont encore aggravés par des menaces biologiques de plus en plus complexes, qu’elles soient d’origine naturelle, accidentelle ou délibérée. 

La Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), a souligné que la santé animale n’est pas une question sectorielle, mais un pilier de la sécurité sanitaire mondiale, de la résilience économique et du développement durable. 

Malgré cela, les investissements dans la prévention restent largement insuffisants. Les maladies animales sont responsables d’une perte estimée à 20 % de la production mondiale de bétail, soit un coût d’environ 300 milliards de dollars américains par an. Pourtant, les Services vétérinaires ne reçoivent en moyenne que 0,05 % du PIB national. À l’inverse, l’investissement annuel estimé nécessaire pour renforcer les systèmes vétérinaires — 2,3 milliards de dollars — est minime au regard du coût des crises mondiales et peut générer des retours allant jusqu’à 86 %. 

Dans ce contexte, l’OMSA salue vivement le leadership de la France dans l’organisation du Sommet One Health à un moment critique pour l’action collective. 

Le président Emmanuel Macron a mis en avant l’importance de la souveraineté sanitaire, de la solidarité internationale et de l’investissement stratégique dans la prévention, soulignant que la sécurité sanitaire mondiale doit se construire grâce à une coopération multilatérale renforcée et à des systèmes nationaux consolidés. Il a appelé à intensifier les efforts pour anticiper les risques à leur source et garantir que les pays soient en mesure de prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires dans un monde de plus en plus interconnecté. 

Les participants ont réaffirmé que les menaces sanitaires émergent souvent à l’interface humain–animal–environnement, faisant des systèmes solides de santé animale une première ligne de défense. Investir dans ces systèmes permet une détection précoce, réduit l’amplification des agents pathogènes et empêche que des foyers locaux ne se transforment en crises mondiales. 

Les initiatives concrètes de l’OMSA et de ses partenaires présentées lors du Sommet montrent comment l’approche Une Seule Santé se traduit en actions : 

  • Prévention à la source : Les efforts conjoints menés avec l’Institut Pasteur et l’OMS visant à éliminer d’ici 2030 les décès humains dus à la rage transmise par les chiens sont accélérés grâce au renforcement des programmes de vaccination, à l’amélioration de la surveillance et à la mobilisation des communautés, démontrant l’efficacité des investissements en santé animale pour sauver des vies humaines. 
  • Renforcement de la préparation : Un nouveau cadre « Beyond Silos », soutenu par le Programme de réduction des menaces liées aux armes de Global Affairs Canada, vise à intégrer les Services vétérinaires dans des systèmes d’urgence à l’échelle de l’ensemble du gouvernement, améliorant les capacités d’alerte précoce, la coordination intersectorielle et la résilience face aux menaces sanitaires, y compris celles ayant des implications en matière de sécurité. 
  • Réponse aux risques émergents : Face à la propagation croissante de la grippe aviaire entre espèces et régions, l’Alliance quadripartite (FAO, OMS, OIE, PNUE) renforce un cadre stratégique visant à améliorer la surveillance, l’évaluation des risques et les capacités de réponse coordonnée entre secteurs et au-delà des frontières. À cet égard, l’OMSA lancera WildEpi, un système d’information en temps réel sur la santé de la faune sauvage. 
  • Lien entre science et politique : Le soutien continu au Groupe d’experts de haut niveau One Health (OHHLEP), ainsi que de nouvelles collaborations avec des initiatives telles que PREZODE, permettront de mieux traduire les données scientifiques en politiques et en actions opérationnelles, notamment dans le domaine de la prévention. 
  • Renforcement des compétences : Grâce à l’initiative conjointe OH Learning Task Force, l’OMSA, la FAO et l’OMS investissent dans le développement d’une main-d’œuvre qualifiée et multidisciplinaire capable de relever des défis sanitaires complexes et de renforcer la confiance et la collaboration entre les secteurs. 
  • Solidarité opérationnelle : L’OMSA lance une nouvelle initiative visant à améliorer le partage d’équipements, d’expertise et de capacités de réponse rapide entre secteurs, afin de permettre des réponses plus efficaces et plus rapides aux crises. 

Le Sommet a réaffirmé un message clair : la sécurité sanitaire commence par la prévention, et la prévention commence par Une Seule Santé. 

« Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’investissements, d’intégration et d’un engagement politique à grande échelle » – Dre Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de l’OMSA 

Investir dans la santé animale et les systèmes Une Seule Santé apporte de multiples bénéfices : 

  • prévenir les pandémies et les menaces biologiques ; 
  • renforcer la sécurité nationale et mondiale ; 
  • protéger les moyens de subsistance, les systèmes alimentaires et les économies ; 
  • et préserver un avenir commun et durable. 

La transition de l’engagement à la mise en œuvre est désormais essentielle. En passant de la réaction à la prévention, et de la fragmentation à l’intégration, la communauté mondiale peut construire un avenir plus résilient et plus sûr pour tous.