L’importance économique, sociale et culturelle des animaux pour les sociétés humaines est aussi vieille que le monde. Les animaux sont essentiels à la sécurité alimentaire, à la santé humaine, aux moyens de subsistance, à la durabilité et même pour fournir un soutien émotionnel. Par exemple, « on estime que 200 millions d’animaux de travail soutiennent les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes à travers le monde », note Roly Owers, président de la Coalition internationale pour le bien-être animal (ICFAW) qui collabore avec l’OMSA pour améliorer le bien-être animal dans le monde entier. 

Avec les rôles importants que les animaux jouent dans nos vies «vient une responsabilité éthique de veiller à ce que le bien-être des animaux soit assuré dans toute la mesure du possible», ajoute Dr Carol Sheridan, secrétaire adjointe de la branche du bien-être animal au sein du département australien de l’Agriculture, des Pêcheries et des Forêts. Pourtant, des ONG comme World Horse Welfare, membre de l’ICFAW, observent encore « un manque de reconnaissance de [leur] importance, de leur santé et de leur bien-être au niveau politique ». 

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Veiller au bien-être animal par une nutrition adéquate et des conditions d’élevage appropriées est la pierre angulaire de la production animale durable. Cela a un impact direct sur la santé et la productivité des animaux. Photo: © OMSA/Ginger Wood

Construire un élan pour le bien-être animal 

Aujourd’hui, nous définissons la mission de l’OMSA dans ces termes : « améliorer la santé et le bien-être des animaux dans le monde entier ». Ce second aspect, étroitement lié au premier, est devenu partie intégrante du mandat de l’Organisation avec l’adoption d’une résolution en 2002. Reconnaissant le lien essentiel entre la santé et le bien-être animal, les Membres ont demandé à l’OMSA [alors l’OIE] de développer une vision et une stratégie détaillées qui incorporeraient toutes les facettes de cette question complexe. 

Plus de vingt ans après, des progrès importants ont été réalisés. Lors de la première Conférence mondiale sur le bien-être animal, organisée à Paris, France, en 2004, les délégués nationaux ont adopté les premières normes sur le transport et l’abattage des animaux, en collaboration avec des organisations internationales, le secteur privé et la société civile. Ces normes ont été publiées dans le Code terrestre en 2004 et dans le Code aquatique en 2008. Le bien-être animal a été officiellement défini comme « l’état physique et mental d’un animal en relation avec les conditions dans lesquelles il vit et meurt »

Les Cinq Libertés

Développées en 1965, les « Cinq Libertés » décrivent les conditions que les animaux devraient connaître sous contrôle humain : 

  1. Absence de faim, de soif et de malnutrition.
  2. Absence de peur et de détresse. 
  3. Absence de stress physique et/ou thermique. 
  4. Absence de douleur, de lésions et de maladies
  5. Liberté d’expression d’un comportement normal de son espèce. 

Développer des normes sur la science et les preuves

Les organisations de producteurs, comme le Conseil international de la volaille, ont apporté leur perspective professionnelle dans l’élaboration des normes de l’OMSA. « Notre contribution pratique est essentielle pour s’assurer que le travail de l’OMSA repose sur des connaissances et des données scientifiques au niveau des exploitations », a déclaré Ricardo Santin, président du Conseil. « Les directives gouvernementales internationales doivent être appliquées au niveau national et finalement, au niveau des exploitations. Cela nécessite les bons outils de communication et de formation pour que le secteur privé puisse agir en fonction des directives gouvernementales. » 

Pour le Dr Carol Sheridan, « Le développement des normes de l’OMSA a favorisé une compréhension partagée du bien-être animal et du traitement éthique des animaux », ce qui contribue à améliorer le bien-être animal à tous les niveaux. En élaborant des normes internationales basées sur la science, nous avons fourni aux Membres des orientations pour développer leurs propres directives nationales

« Les normes de l’OMSA ont été une base pour le développement des normes australiennes pour l’exportation de bétail et du Système de garantie de la chaîne d’approvisionnement des exportateurs », ajoute le Dr Carol Sheridan.

L’élaboration de ces normes met également en lumière l’importance du bien-être animal pour soutenir les sociétés humaines :

L’existence même des normes de l’OMSA pour le bien-être des équidés de trait a sensibilisé à la valeur et aux rôles des animaux de trait souvent invisibles.

Roly Owers, président de la Coalition internationale pour le bien-être animal (ICFAW)
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Un jeune lama interagit avec son aîné dans une étable. L’interaction comportementale est l’un des cinq domaines utilisés pour évaluer le bien-être animal, avec la nutrition, la santé, l’état mental et l’environnement de vie. Photo: © EC-OMSA

Une stratégie qui reconnaît la contribution du bien-être animal au développement durable

La quatrième Conférence sur le bien-être animal à Guadalajara, au Mexique, en 2016, a ouvert la voie à l’adoption de la Stratégie mondiale pour le bien-être animal de l’OMSA. Dans cette feuille de route, l’OMSA [alors OIE] énumère les différents rôles des animaux et reconnaît « toutes ces utilisations comme légitimes, tout en portant une responsabilité éthique associée pour s’assurer que toute utilisation soit humaine, telle que définie par les normes internationales de l’OIE pour le bien-être animal, en reconnaissance de la sensibilité des animaux ». 

Loin d’une éthique abstraite, le bien-être animal est abordé comme un atout clé pour le développement durable. La Stratégie mondiale pour le bien-être animal de l’OMSA reconnaît que dans les systèmes de production animale, l’attention au bien-être peut améliorer la santé animale, la productivité, la qualité, la sécurité alimentaire et les retours économiques, et donc contribuer à la sécurité alimentaire et à la prospérité économique. « Pour maximiser la contribution du secteur avicole à la sécurité alimentaire, maintenir des oiseaux sains et productifs est essentiel, et le bien-être animal est clé pour des oiseaux en bonne santé », confirme Ricardo Santin. 

La stratégie décrit un plan pour le développement continu des normes de bien-être animal, des activités de renforcement des capacités, ainsi que de la communication et de l’action pour promouvoir la mise en œuvre des recommandations. 

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Des poussins sont préparés pour un vol, conformément aux normes de l’OMSA sur le bien-être animal pendant le transport. Suivre ces recommandations aide à réduire la douleur et le stress causés par les transports longue distance. Photo: © OMSA/Miguel Vilatorro

Collaborer pour intégrer le bien-être animal à la vie agricole

Les Forums mondiaux sur le bien-être animal de l’OMSA, dans le cadre des activités clés de la stratégie, ont pris le relais des conférences précédentes pour favoriser le dialogue sur les sujets les plus difficiles et s’assurer que toutes les parties prenantes sont impliquées. Le dernier forum mondial, tenu en novembre 2023 à Paris, France, a été l’occasion de partager des expériences et des bonnes pratiques sur la législation nationale en matière animale. 

Les ONG sont d’accord avec les producteurs et les gouvernements sur cet aspect particulier : la mise en œuvre est essentielle. « Il reste beaucoup à faire pour mettre en œuvre correctement les normes de l’OMSA au sein des pays et améliorer le bien-être des animaux dans le monde entier », note Roly Owers, soulignant l’importance de la collaboration entre tous les acteurs, en ligne avec la Vision de l’OMSA sur le bien-être animal, publiée en 2024.

La collaboration sera essentielle pour contrer « l’impact croissant du changement climatique sur les industries de l’élevage » qui est susceptible d’affecter le bien-être animal, note le Dr Carol Sheridan. « Grâce à des organisations comme l’OMSA, nous pouvons aborder ces questions en tant que communauté mondiale », ajoute-t-elle. Maintenant, plus que jamais, l’OMSA appelle à un changement de paradigme dans la manière dont les humains interagissent avec les animaux – pour leur bénéfice et le nôtre.


Avez-vous lu ?

Monique Eloit at the WOAH headquarters
Monique Éloit, directrice générale

Éditorial du Dr Monique Éloit, directrice générale de l’OMSA

En 1924, l’Organisation mondiale de la santé animale a été fondée en reconnaissance de la menace que représentent les maladies animales, dont la propagation est facilitée par le commerce. Un siècle plus tard, nous avons considérablement fait évoluer l’agenda mondial de la santé animale, aux côtés de la profession vétérinaire dans le monde entier. 

L’OMSA est désormais un acteur important et influent dans les réunions et forums de haut niveau aux côtés de ses pairs des secteurs de la santé humaine, de l’alimentation et de l’agriculture, ainsi que de l’environnement. En regardant vers l’avenir, nous resterons focalisés sur trois objectifs clés : assurer que les Services vétérinaires soient dûment reconnus pour leur rôle essentiel, plaider en faveur de pratiques durables et défendre la santé et le bien-être des animaux pour un monde plus sûr. 

100 ans de prise en charge de la relation humain-animal

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Un médecin spécialisé dans les gorilles du Projet vétérinaire des gorilles des montagnes libère l’orpheline « Djingala » de la caisse où elle était retenue captive par des braconniers. La préservation de la faune en voie de disparition est vitale pour tous. Photo: © EC-OMSA

Comprendre l’importance de la santé animale est crucial pour les humains, car nos sociétés sont profondément liées à l’existence des animaux. Il est de notre devoir d’assumer notre rôle dans la garantie de leur santé et de leur bien-être ; ce n’est pas simplement une option, mais une obligation fondamentale. Le lien entre les humains et les animaux a toujours existé, trouvant son origine dans une relation historique de travail et de subsistance. Aujourd’hui, les animaux font partie intégrante de la vie humaine de nombreuses façons, de l’élevage des animaux domestiques au maintien de l’équilibre des écosystèmes pour préserver la vie sauvage. Pas moins de 2,6 milliards de personnes dépendent du bétail, de la pêche artisanale et de l’aquaculture pour leur subsistance et leurs revenus. Plus récemment, l’impact positif des animaux de compagnie sur notre bien-être émotionnel et physique a également été reconnu. La portée de notre relation avec les animaux est vaste et en constante expansion. 

En tant qu’organisation, l’OMSA a considérablement évolué, englobant désormais de nombreux aspects de la relation humain-animal et élargissant sa mission initiale liée au commerce. Aux côtés de nos partenaires, nous relevons les défis mondiaux d’aujourd’hui, notamment la montée de la résistance aux antimicrobiens, les impacts du changement climatique et la protection de la santé des animaux sauvages.

100 ans de bénéfices pour les communautés 

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Un vétérinaire assiste une vache qui met bas son veau. Les vétérinaires et les paraprofessionnels vétérinaires jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement des exploitations agricoles. Photo: © EC-OMSA

Chaque fois que des actions sont entreprises pour préserver la santé animale, les sociétés humaines observent d’innombrables effets positifs. Dans un contexte où 60 % des maladies infectieuses qui touchent les humains sont d’origine animale, préserver la santé animale est crucial pour protéger la santé humaine. Maintenir la santé des animaux est essentiel pour garantir l’accès à des approvisionnements alimentaires sûrs, tels que le poisson, la viande, le lait et les œufs, ce qui réduit la pauvreté et la faim. Les femmes représentant de 50 à 70 % de la main-d’œuvre dans le secteur de l’élevage et de l’aquaculture, une meilleure santé animale contribue à l’égalité des genres en procurant aux femmes un revenu fiable et de meilleures conditions de travail. 

Améliorer le bien-être animal améliore la santé animale. Au fil du temps, l’OMSA a intensifié ses efforts en faveur du bien-être animal. En fournissant aux pays des directives détaillées, nous encourageons les agriculteurs à adopter des pratiques plus sûres et responsables. Nous soutenons une transition mondiale vers des méthodes agricoles plus respectueuses de l’environnement, alignées sur plusieurs Objectifs de développement durable (ODD). Améliorer le bien-être animal, c’est améliorer la santé animale, ce qui se traduit par une productivité accrue. De plus, le bien-être animal contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution liée à l’agriculture. L’agriculture représente 10 à 12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la production de viande, de volaille et de produits laitiers représentent 75 % de ce taux. Reconnaître le rôle important de l’élevage animal dans les émissions de gaz à effet de serre et les réduire grâce à des méthodes durables est essentiel pour relever le défi du changement climatique, l’un des défis les plus importants pour l’humanité.

100 ans de défense de la santé et du bien-être animal dans les discussions mondiales 

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Un vétérinaire rend visite à un village pour offrir ses services. L’OMSA plaide en faveur d’une meilleure reconnaissance de la valeur du personnel vétérinaire dans les discussions mondiales. Photo: © EC-OMSA

Lorsque l’OMSA a été créée il y a 100 ans, son objectif était d’aider à atténuer la propagation des maladies à travers les frontières, notamment par le biais du commerce. Une épidémie de peste bovine en Belgique a suscité une préoccupation internationale, conduisant à la mise en place d’un système d’information et de signalement des maladies animales. 

Au niveau mondial, l’OMSA a été rapidement reconnue comme l’organisation de référence en matière de santé animale et de zoonoses par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Partant de là, nous avons progressivement gagné en influence en tant que porte-parole du personnel vétérinaire sur les défis mondiaux cruciaux. Grâce à une approche « Une seule santé » et à notre collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) au sein du partenariat quadripartite, nous avons toujours représenté la perspective de la santé animale sur la scène internationale. Au G20, à l’Assemblée générale des Nations unies, au Forum de Paris pour la paix ou au G7, nous avons montré notre engagement à jouer un rôle dans la résolution des problèmes multidimensionnels de notre époque. 

Demain : répondre ensemble aux défis mondiaux 

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Des écoliers se tiennent aux côtés d’un âne dans le brouillard. Les animaux sont souvent les victimes silencieuses des défis mondiaux qui affectent les humains, des événements météorologiques extrêmes aux crises économiques.  Photo: © EC-OMSA

À l’avenir, nous continuerons à nous adapter, tout comme nous l’avons fait au cours du siècle dernier, en restant attentifs aux besoins évolutifs de nos Membres et des sociétés humaines et en fournissant les réponses les plus appropriées. En 1924, les nations ont reconnu l’importance de s’unir derrière une mission commune : stopper la propagation de maladies telles que la peste bovine. Un siècle plus tard, en 2024, le même niveau de collaboration et de solidarité est essentiel pour relever les défis d’aujourd’hui. Que ce soit en répondant aux événements météorologiques extrêmes, en faisant face à la menace de la résistance aux antimicrobiens ou en se préparant aux pandémies, ces défis exigent une approche collective et multisectorielle. Alors que l’OMSA entame son deuxième siècle, nous sommes plus que jamais engagés dans les efforts mondiaux pour une seule santé, en utilisant notre engagement envers la santé et le bien-être des animaux comme fondement pour créer un avenir plus durable. 

Parce que la santé animale, c’est notre santé.
C’est la santé de tous. 

Dr Monique Éloit
directrice générale de l’OMSA.


Avez-vous lu ?

Et si l’intelligence artificielle palliait la pénurie de vétérinaires à l’échelle mondiale ? Quels seraient les défis d’une hausse rapide des températures pour l’aquaculture et la pêche ? Célébrer un siècle d’existence est l’occasion parfaite pour prendre du recul et anticiper l’avenir.

De septembre 2023 à janvier 2024, l’OMSA a conduit un projet de prospective, rassemblant plus de 70 acteurs du domaine de la santé et du bien-être animal. L’objectif ? Utiliser les techniques de prospective pour imaginer des futurs variés et collecter des idées propices à la prise de décisions éclairées et à l’élaboration de stratégies avisées. 

Pourquoi l’OMSA se tourne-t-elle vers la prospective ? 

L’intérêt pour la prospective augmente alors que de plus en plus d’individus et d’organisations réalisent qu’il est essentiel de comprendre et d’analyser différents futurs pour répondre aux défis du 21e siècle. Dans ce contexte, dès 2019, les Membres ont demandé à l’OMSA de mettre en place des initiatives de prospective aux niveaux régional et mondial, afin de planifier et de s’adapter à des futurs incertains.  

En réponse, l’OMSA a adopté des méthodes de prospective pour sensibiliser aux changements, opportunités ou perturbations actuels ou émergents dans les secteurs de la santé et du bien-être animal, et au-delà. Ces approches incluent l’analyse des implications des tendances et problèmes naissants, comme le changement climatique, à travers des scénarios qui orientent la prise de décision et les politiques. Elles aident à tester des stratégies existantes et à en développer de nouvelles, renforçant notre capacité à inclure l’incertitude plutôt que de tenter de l’éliminer. Cela permet à l’Organisation et à ses Membres de considérer le présent sous un nouvel angle. 

De l’éco-révolution à l’exploration spatiale  : cinq scénarios pour la santé animale 

À l’occasion du centenaire de l’OMSA, une série d’ateliers de prospective participative a été organisée, incluant des membres de l’Association internationale des étudiants vétérinaires (IVSA) et des professionnels expérimentés. Ils ont exploré les tendances actuelles et futures ainsi que les moteurs de changement, tels que l’émergence de l’IA, les menaces biologiques, les progrès médicaux ou le changement climatique, afin de développer une variété de scénarios futurs.  

Cinq scénarios ont été élaborés : « L’évolution-révolution montante » explorait les impacts du changement climatique sur le système alimentaire et la prolifération de la biotechnologie. « Nous faisons confiance à l’OMSA » abordait les impacts de la désinformation et de l’érosion de la confiance du public dans le contexte d’une crise du système alimentaire. « Les jeux de la faim » décrivaient un effondrement du système alimentaire suite à des tensions politiques et économiques, dans un contexte où l’intelligence artificielle est devenue centrale pour relever les défis de la santé et du bien-être animal.  

« La santé animale, des profondeurs des océans aux étoiles » explorait les développements technologiques dans la production animale au croisement de l’industrie spatiale en pleine expansion, le tout conduisant aux premières fermes satellites extraterrestres. « Agriculture pour la résilience » décrivait les effets des polycrises sur l’agriculture, la diversité des pratiques agricoles (des coopératives à petite échelle à l’agriculture dirigée par des robots), ainsi que la diffusion de superbactéries multi-espèces dans le monde par le côté sombre de la science. 

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Scénario un :  L’évolution-révolution montante 
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Scénario deux : Nous faisons confiance à l’OMSA
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Scénario trois : Les jeux de la faim 
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Scénario quatre : La santé animale, des profondeurs des océans aux étoiles 
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Scénario cinq : Agriculture pour la résilience

Ces ateliers ont permis de définir des stratégies innovantes face aux défis décrits. Chaque participant a apporté ses priorités et découvert d’autres enjeux en cours de route. Les solutions envisagées collectivement allaient de l’augmentation de l’exposition des jeunes enfants à la science et à l’expérimentation, à la formation sur les technologies innovantes pour tous les vétérinaires, jusqu’à une intensification globale de l’approche « Une seule santé ». 

Promouvoir une vision à long terme et une prise d’action aujourd’hui 

Quels sont les principaux défis auxquels la santé et le bien-être animal seront confrontés dans les années à venir ? Les participants au projet de prospective qui représentaient la jeunesse ont partagé leurs points de vue. Pour Anandu Rajaji, membre de l’IVSAen Inde, « la popularité croissante des substituts de viande et de lait nécessite des recherches approfondies », et « la montée de la résistance aux antimicrobiens exige une action urgente ». Pour Anna Wilson, présidente du bien-être animal de l’IVSA en Inde, « les causes profondes de nombreuses maladies émergentes, les changements climatiques, les conflits homme-animal et d’autres problèmes environnementaux sont la déforestation et la pollution ». « L’énormité de nos défis m’est devenue plus apparente », ajoute-t-elle.

Alors que le projet de prospective a confronté chaque participant à la réalité des défis à venir, il a également favorisé le dialogue et l’échange d’idées.

« L’avenir présente maintenant des défis passionnants, regorgeant d’opportunités de changement positif »



Marta Masserdoti,
Présidente de l’approche Une seule santé de l’IVSA en Italie. 

Une communauté engagée pour la santé et le bien-être animal

L’importance du secteur de la santé et du bien-être animal et la responsabilité de ses parties prenantes dans la résolution des défis présents et futurs semblent désormais plus claires que jamais. « Il devient de plus en plus évident que la santé des animaux est interconnectée avec les plus grands problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui. C’est précisément leur ampleur qui devrait nous inspirer un espoir inébranlable que le monde, en particulier les jeunes, se rassemblera pour les résoudre », déclare Mehdi Amrani Souhli, membre de l’IVSA au Maroc.

Face aux nombreuses issues possibles des tendances actuelles, les participants au projet de prospective ont trouvé du réconfort au sein de cette communauté. Alors que des images collectives des futurs apparaissaient, le groupe a développé des perspectives communes sur ce qui est possible, ainsi qu’un sentiment partagé d’identité et de possibilité. 

« Ma vision de l’avenir a changé pour le mieux lorsque j’ai réalisé qu’il y avait des gens partageant les mêmes idées qui tentaient d’apporter des changements fondamentaux aux défis systémiques auxquels nous sommes confrontés »

Lisa Buren, membre de l’IVSA des Pays-Bas.

Qu’est-ce que la prospective ?  

La prospective est un domaine d’étude qui consiste à identifier les tendances émergentes et les problèmes actuels, et à utiliser ces connaissances pour cartographier les futurs possibles. Les futurs possibles visent à soutenir la prise de décision dans le présent. La prospective s’appuie sur l’utilisation de compétences en réflexion stratégique pour prendre des décisions stratégiques1. Elle peut impliquer une large gamme de techniques. 


Avez-vous lu?

Dame Sally Davies est l’envoyée spéciale du Royaume-Uni pour la résistance aux antimicrobiens (RAM). Après une carrière en tant qu’hématologiste et Médecin-Chef de l’Angleterre, elle est maintenant une ardente défenseuse de la lutte contre la RAM sur la scène mondiale.  

Le Professeur Scott Weese est vétérinaire et professeur en pathobiologie au Collège Vétérinaire de l’Ontario, Canada, ainsi que directeur du Centre de santé publique et des zoonoses. Il est également co-auteur du blog scientifique populaire « Worms and Germs » sur la santé animale. 

Quand la résistance aux antimicrobiens a-t-elle été reconnue pour la première fois ? 

Dame Sally Davies : Alexander Fleming lui-même, le découvreur de la pénicilline, l’a reconnue dès 1945. Nous étions toujours conscients que cela pouvait arriver. Au cours de la dernière décennie, les données montrent que la RAM a progressé de manière constante. On m’a demandé de présider le premier Groupe consultatif stratégique et technique sur la RAM en 2014 et le premier Plan d’action mondial a été adopté en 2015 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avec le soutien de l’OMSA et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 

Professeur Scott Weese : Des problèmes similaires sont apparus chez les animaux, mais il a fallu plus de temps pour les reconnaître comme une résistance, car il y a moins de tests et de recherche en santé animale qu’en santé humaine. Néanmoins, l’OMSA a mis en garde contre l’utilisation impropre des antibiotiques dès 1952, dans une résolution. 

« Les praticiens ne doivent pas utiliser les antibiotiques à leur fantaisie, mais suivre des règles établies par l’expérience. L’utilisation d’antibiotiques contre des germes insensibles ou spécifiquement résistants et l’utilisation de doses trop faibles ou pendant une période trop courte peuvent révéler des germes résistants, retarder le début d’une thérapie efficace et entraîner des échecs thérapeutiques, portant atteinte à une méthode qui, lorsqu’elle est appliquée de manière judicieuse et correcte, a sauvé de nombreuses vies humaines et animales. » 

Extrait de la résolution de l’OMSA de 1952, basée sur des preuves scientifiques rapportées en 1948. 

Pourquoi les parties prenantes de la santé humaine et animale doivent-elles travailler ensemble pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens ? 

Prof. S.W. Nous ne sommes pas sûrs dans quelle mesure la RAM chez les humains est imputable aux animaux : probablement entre 4 % et 96 % ! Ce que nous savons, c’est que nous avons besoin que tout le monde agisse. Les médecins, les vétérinaires, les êtres humains et les vétérinaires. Dans le passé, un « jeu de reproches » se déroulait : les vétérinaires accusaient les médecins d’administrer des antibiotiques aux enfants contre les infections virales [rappel : cela ne fonctionne pas], les médecins blâmaient la surutilisation d’antibiotiques chez le bétail… La vérité est que nous devons tous faire mieux. 

D.S.D. Les calculs de l’OMS ont montré que les antibiotiques ajoutent 20 années supplémentaires à la vie humaine. Nous ne voulons pas les utiliser de manière incorrecte pour éviter le développement de la résistance. Nous savons également que les animaux, y compris les humains, rejettent plus de 70 % des antibiotiques qu’ils absorbent dans leurs urines et leurs selles. Sans un assainissement extraordinairement moderne, les fermes à forte utilisation, les hôpitaux et autres installations peuvent contaminer l’environnement. 

Que peut faire une organisation internationale telle que l’OMSA ? 

Prof. S.W. L’OMSA a été une voix forte sur des questions telles que la promotion de la croissance. Indiquer aux agriculteurs quoi faire peut être impopulaire, c’est pourquoi cela facilite les choses pour les pays s’ils bénéficient d’un soutien international. Il y a également un volet de plaidoyer : l’OMSA incite les nations à élaborer des plans d’action robustes financièrement pour améliorer non seulement l’utilisation des antibiotiques, mais l’ensemble des systèmes de santé. 

D.S.D. L’OMSA joue un rôle de leader. Cela montre que la résistance aux antimicrobiens est importante, que ce n’est pas seulement un problème de santé humaine. 

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La promotion de la croissance désigne l’utilisation d’antimicrobiens chez des animaux sains pour augmenter la productivité. La plupart des pays ont mis en place des mesures législatives et réglementaires pour éliminer progressivement cette pratique. Cependant, des efforts supplémentaires sont nécessaires, car ces médicaments sont encore utilisés de manière inappropriée comme agents de croissance. 

Quels ont été les principaux accomplissements dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens ces dernières années ?  

D.S.D. En 2016, lors de la réunion de haut niveau des Nations unies, le Secrétaire général a établi le Groupe de coordination inter-institutions (IACG) qui a impliqué ensemble l’OMSA, l’OMS et la FAO sur un pied d’égalité. En 2019, le Groupe des Leaders mondiaux a été créé, avec un Secrétariat conjoint comprenant l’OMSA, l’OMS, la FAO et, récemment, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). L’inclusion du PNUE montre que la résistance n’est plus seulement une question de santé humaine ou animale, mais véritablement un sujet « Une seule santé ». La plupart des pays sont désormais prêts à mettre en place un plan d’action national contre la RAM, bien que le financement reste un problème. La Plateforme multi-parties prenantes récemment lancée intègre le secteur privé et la société civile, car l’utilisation responsable ne relève pas uniquement de la réglementation, mais également de la sensibilisation, de la compréhension et de l’engagement collectif de tous. 

Que pouvons-nous faire aujourd’hui contre la résistance aux antimicrobiens ? 

D.S.D. Commençons par prévenir les infections. La première étape est d’avoir de l’eau propre, des systèmes d’assainissement, une bonne ventilation et d’utiliser du savon : dans les établissements de santé, dans l’élevage d’animaux et dans les foyers. Nous avons besoin d’une utilisation plus répandue des vaccins : des campagnes routinières, ainsi que de nouveaux vaccins pour l’élevage animal. Nous devons également améliorer les diagnostics pour que les antibiotiques ne soient utilisés que lorsqu’ils sont nécessaires et non en raison d’un diagnostic erratique ou pour promouvoir la croissance. La lutte contre la résistance aux antimicrobiens a besoin de soutien et implique de former les parties prenantes aux expertises vétérinaires et médicales. 

Prof. S.W. La RAM est un problème délicat, car c’est le résultat final de nos défis en matière de soins de santé. Il n’y a pas de remède miracle : commençons par des étables meilleures, avec une bonne ventilation. Nous avons besoin d’une meilleure éducation, de l’autonomisation des femmes qui sont souvent décisionnaires en matière de santé, et d’un accès équitable aux traitements et préventions appropriés. Nous devons également changer les mentalités dans l’agriculture, car nous rencontrons beaucoup de résistance au changement de la part de personnes qui ont toujours fait les choses d’une certaine manière et ne comprennent pas nécessairement pourquoi nous ne pouvons pas continuer comme avant. 

Une Réunion de haut niveau des Nations unies se concentrera sur la résistance aux antimicrobiens en septembre 2024. Que proposerez-vous à cette occasion ? 

D.S.D. Nous aimerions sortir de la Réunion de haut niveau avec un panel scientifique indépendant, détenu par des pays à faible et moyen revenu, qui pourrait fixer des objectifs mondiaux. Le PNUE pourrait jouer un rôle clé pour s’assurer de cela, compte tenu de son expérience avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). 

Prof. S.W. Nous devons nous concentrer sur des actions concrètes pour les prescripteurs et les agriculteurs. Réduire l’utilisation d’antibiotiques au kilogramme n’est pas un objectif efficace, car les résultats varient d’un médicament à l’autre. Nous avons besoin de plus de financement pour la recherche, afin de comprendre exactement quels facteurs favorisent la résistance. Par exemple, nous préparons des lignes directrices basées sur une application pour les Services Vétérinaires dans les pays à faible et moyen revenu, avec un contenu adapté à ce qui est disponible dans chaque pays. Nous avons également proposé une classification de type AWaRe pour les antibiotiques destinés à un usage vétérinaire. 

D.S.D. Nous avons besoin de normes pour mettre en œuvre les bonnes pratiques déjà éprouvées, ainsi que d’innovation en matière de promotion de la croissance, de désinfection, de diagnostic, de nouveaux traitements abordables et de vaccins. Pour la Réunion de haut niveau de 2024, j’ai suggéré de mettre l’accent sur l’accès aux médicaments, car on ne peut pas se préoccuper de la résistance lorsque les gens n’ont pas accès aux antibiotiques standards et essentiels, à l’hygiène de base et aux vaccins. 

Prof. S.W. Les gens ne manifestent pas dans les rues pour la RAM comme ils le font pour le changement climatique : nous devons motiver les gens, les groupes et les nations à agir. Plutôt que de détourner le blâme, nous avons besoin que toutes les organisations travaillent ensemble. Une approche « Une seule santé », telle que nous la construisons actuellement, est beaucoup plus efficace. 


Avez-vous lu?

Le 13 mars 2024, l’OMSA a informé le monde que « la grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) [avait] atteint un jalon sans précédent», avec la découverte d’un labbe du pôle Sud mort sur une base antarctique argentine. Des échantillons prélevés sur le cadavre ont été envoyés pour analyse dans une base voisine, où il a été démontré que l’oiseau marin était mort de l’IAHP. Une notification immédiate a été publiée sur le Système mondial d’information sur la santé animale (WAHIS) de l’OMSA, avec des recommandations pour une action conjointe.

Cette nouvelle information a été ajoutée à la base de données, cartographiée et référencée dans le temps avec d’autres événements de santé animale récents. Les professionnels et parties prenantes accèdent à une vue globale des cas les plus récents de peste porcine africaine, de SARS-CoV-2 ou de rage, entre autres maladies animales, dans le monde.  

Partager l’information sur la santé animale : au cœur de la mission de l’OMSA

« Sans transparence et partage des données et informations pertinentes sur la situation de la santé animale, nous ne serions pas en mesure de prévenir et de combattre efficacement les maladies animales existantes, sans parler des menaces émergentes », déclare Jacob Jensen, le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Pêcheries du Danemark. 

La collecte et la publication des données étaient au cœur du mandat initial de l’OMSA depuis sa création en 1924, en réponse à une épidémie de peste bovine en Europe. En établissant l’OIE, les 28 pays fondateurs se sont engagés à notifier l’Organisation « de la suspicion ou de la confirmation d’une épidémie, d’une infection/infestation ou d’un autre événement épidémiologique », pour que toutes les autorités vétérinaires des Membres puissent être averties à leur tour. À l’époque, les notifications se faisaient par le moyen de communication le plus rapide disponible : les télégrammes. 

Cent ans plus tard, le système a évolué et reste plus pertinent que jamais.

La notification des maladies et l’échange en temps opportun d’informations sont vitaux alors que « le changement climatique et la pression croissante sur les ressources naturelles posent des défis significatifs pouvant contribuer à l’émergence de nouvelles maladies. 

Mahmoud Elies Hamza, le ministre de l’Agriculture de Tunisie.
Animal health information_A shepherd and sheep in the mountains_Iran Veterinary Organization.
Un berger et ses moutons dans les montagnes. Avec ses 13 représentations régionales et ses plateformes numériques en ligne, l’OMSA travaille à améliorer l’accès aux informations sur la santé animale dans les zones reculées. Photo: © Iran Veterinary Organization

Vérification des données et suivi des rumeurs

Au fil des années, la collecte et la diffusion des données ont progressé avec les technologies disponibles. La première base de données numérique, Handistatus, a été mise à disposition en 1996 et le serveur central de WAHIS a été créé en 2005. À l’époque, la plateforme incluait déjà un système d’alerte précoce associant des messages d’alerte sur les nouveaux cas de maladies dans le monde entier à un système de suivi avec des rapports thématiques sur tous les sujets, y compris les Services vétérinaires, la production de vaccins, la population animale et les cas humains de zoonoses. 

En 2016, WAHIS fournissait des informations spatiales et temporelles sur les maladies, des détails sur les tests de diagnostic et les laboratoires qui les réalisent, des données quantitatives sur les animaux infectés et des données qualitatives sur les mesures de contrôle et l’état des maladies. « Le processus de vérification des données est un point de contrôle critique pour notre Organisation, comprenant des vérifications de cohérence avec des observations historiques, le contexte régional et mondial, ainsi que des informations non officielles qui circulent », a déclaré le Dr Montserrat Arroyo, directeur général adjoint de l’OMSA pour les Normes internationales et la Science. 

Des informations en temps opportun assurent un commerce sûr

En recevant des informations sur la santé animale de la part des pays et des territoires, et en les partageant en temps opportun, l’OMSA soutient le commerce sûr entre les pays. Face aux épidémies de peste porcine africaine (PPA) en Amérique, le Mexique a pleinement tiré parti de WAHIS.

Cette surveillance internationale nous a permis de maintenir à jour notre analyse des risques pour l’introduction de la PPA, de détecter les voies d’introduction possibles et d’établir de nouvelles barrières pour maintenir un commerce sûr .

Dr Juan Gay Gutiérrez, directeur général de la santé animale et délégué de l’OMSA pour le Mexique.


Pour le ministre néo-zélandais de la Biosécurité, Hon Andrew Hoggard, « la diffusion précise et transparente des informations sur la survenue de maladies animales est fondamentale pour que les pays importateurs puissent avoir des échanges commerciaux en toute confiance avec la Nouvelle-Zélande ». 

En outre, les pays qui font des rapports réguliers sur WAHIS sont susceptibles d’obtenir de nouvelles opportunités commerciales grâce à la transparence qu’apporte un système d’information fonctionnel. « Notre solide historique de rapports dans WAHIS est une manière tangible de démontrer que nous avons un système national de biosécurité animale robuste et que nous sommes transparents sur notre statut sanitaire, ce qui aide à établir la confiance avec nos partenaires commerciaux », note Hon Andrew Hoggard. 

Plus de

100

pays ont signalé des épidémies de 46 maladies animales différentes en 2023

Près de

5 000

notifications d’alerte ont été diffusées depuis le lancement de WAHIS en 2005.

Faire de l’accès ouvert aux informations sur la santé animale une réalité

En 2017, WAHIS contenait une mine d’informations fiables. Il était temps de relever un nouveau défi : faciliter l’accès aux données pour tous les utilisateurs. Après quatre ans de développement et de tests, un système rénové a été lancé en 2021. Le nouveau système est plus rapide et plus intuitif, offrant la possibilité d’exploiter et de télécharger des données, et de visualiser des données temporelles et spatiales. L’information est disponible pour compléter celles d’autres organisations ainsi que les bases de données nationales et régionales d’intérêt, ce qui améliore la prise de décision dans le monde entier. 

Depuis 100 ans, les données sur la santé animale collectées par l’OMSA sont gratuites et accessibles à tous : agences gouvernementales, industries, chercheurs, universitaires, journalistes… Ce fonctionnement est en ligne avec le principe fondateur de l’Organisation selon lequel des informations fiables, en temps opportun et accessibles sont cruciales pour une action mondiale efficace sur la santé animale et la santé publique. 

Ressources pour contrôler les maladies animales prioritaires 

Pour aider les pays à faire face aux défis de la santé animale tels que la rage, la tuberculose ou la fièvre aphteuse, entre autres, l’OMSA ne fournit pas seulement à ses Membres l’accès à des données vérifiées. Les connaissances acquises sur les maladies sont utilisées pour élaborer des stratégies spécifiques avec des partenaires clés. Ces cadres fournissent des recommandations pratiques pour guider les pays dans la prévention et le contrôle des maladies animales prioritaires. 

De plus, l’OMSA améliore l’accès à des vaccins de haute qualité grâce à ses banques, mises en place pour la rage, la peste des petits ruminants et la fièvre aphteuse ces dernières années. En avril 2023, plus de 125 millions de doses de vaccins avaient été livrées pour ces maladies. 


Avez-vous lu ?

L’accent mis actuellement par l’OMSA sur la résistance aux antimicrobiens, le bien-être animal, la faune sauvage et les animaux aquatiques soulève la question de savoir si ses fondateurs auraient pu prédire l’état actuel de l’Organisation il y a un siècle. Dans un monde en constante évolution, l’OMSA accroît sa flexibilité et sa capacité à répondre aux complexités nouvelles et émergentes, telles que les conditions climatiques changeantes et les progrès technologiques, en identifiant les opportunités et les défis qui soutiennent la résilience de l’Organisation. Ces facteurs seront examinés lors du forum.  

Comment une organisation centenaire se prépare-t-elle à l’avenir ?  

Compte tenu des opportunités et des défis importants qui se profilent à l’horizon, il est essentiel d’explorer des alternatives pour se préparer à l’avenir. Le forum explorera le passé, le présent et l’avenir de l’OMSA à travers la révision des structures de gouvernance actuelles et des opportunités qui s’offrent à elle. Le forum aura lieu le 27 mai lors de la 91e session générale de l’OMSA et sera retransmis en ligne.  

Lundi 27 mai 2024 
Heure   Session 
11h00 – 12h30 Session 1 « Réflexion sur le présent » (diffusée en direct)
14h00 – 16h00 Session 2 « En route vers le futur »  
16h30 – 18h00    Session 3 « Agir aujourd’hui pour préparer demain » (diffusée en direct)  

Pour imaginer le rôle potentiel de l’OMSA dans ces paysages de la santé et du bien-être animal, les parties prenantes ont été impliquées dans un projet de prospective participative lancé en 2023 pour marquer le 100e anniversaire de l’OMSA. Les participants ont utilisé des méthodes de prospective pour étudier les opportunités et les perturbations, en encourageant les discussions sur des questions complexes et en explorant des scénarios possibles ayant un impact sur l’OMSA et les Services vétérinaires au 21e siècle. Parmi le large éventail de participants, des étudiants de l’Association internationale des étudiants vétérinaires (IVSA) ont apporté un éclairage nouveau à la création et à l’exploration de scénarios alternatifs.

La prochaine génération de professionnels de la santé animale est confrontée à des questions complexes et interconnectées qui devront aller au-delà de ce qui est actuellement enseigné dans les écoles vétérinaires et pourraient inclure l’utilisation de l’intelligence artificielle, la gestion et l’analyse des données, la cybersécurité, la science environnementale, la communication, la pensée critique, le leadership et la diplomatie. En tant que nouvelle génération potentielle d’experts et de délégués de l’OMSA, la présence de représentants de l’IVSA au Forum vise à inspirer une réflexion à long terme et à susciter des conversations au sein de l’Assemblée mondiale des délégués de l’OMSA afin de façonner l’avenir de la contribution des Membres à l’Organisation et de la manière dont l’Organisation sert ses Membres. 

Ce qui nous attend est imprévisible. Par conséquent, l’exploration des défis potentiels présente de nombreuses perspectives et scénarios futurs, chacun ayant une chance de se réaliser. Cette incertitude montre le pouvoir des pratiques de prospective, en élargissant les options de prise de décision et de cheminement.   

Un examen des textes fondamentaux de l’OMSA, un ensemble de documents de base qui décrivent la mission et la structure de gouvernance de l’Organisation, a également été effectué afin d’évaluer leur capacité à répondre aux demandes des membres et des organisations internationales. Lors du Forum, l’Assemblée et les partenaires sont invités à se plonger dans différents scénarios d’avenir afin d’explorer le rôle potentiel de l’OMSA dans ces paysages futurs et d’aider à la prise de décision concernant les textes fondamentaux de l’OMSA.  

Cent ans ont passé, et les leçons tirées du passé et de l’avenir peuvent éclairer les décisions d’aujourd’hui pour que l’OMSA reste pleinement engagée à répondre activement aux complexités actuelles et émergentes.  

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a célébré son 100e anniversaire lors d’une conférence en ligne exceptionnelle, offrant un aperçu captivant de sa riche histoire et de son évolution, ainsi que des perspectives visionnaires pour l’avenir de la santé animale. Assisté par plus de 500 participants, l’événement sur invitation uniquement a présenté cinq conférenciers de renom qui ont partagé leurs points de vue uniques sur cette occasion spéciale.

  • Dre Monique Eloit, directrice générale, a donné le ton en prononçant un discours poignant, évoquant le rôle central de l’organisation dans les questions mondiales au cours du siècle dernier et tirant des leçons perspicaces pour l’avenir.
  • Dre Montserrat Arroyo, directrice générale adjointe, a présenté le projet de prospective entrepris par l’OMSA, qui engage un groupe diversifié dans l’exploration et la conception d’avenirs émergents, afin de s’assurer que l’organisation reste à la pointe des défis en matière de santé animale. 
  • Dre Fajur Sabah Al Salloom, directrice de la santé animale au ministère des affaires municipales et de l’agriculture du Royaume de Bahreïn, a fait un discours perspicace sur sa propre expérience en tant que déléguée de l’OMSA pour le Bahreïn et sur le besoin essentiel de renforcer les Services vétérinaires.
  • Dre Debbie Eagles, directrice par intérim du Centre australien de préparation aux maladies du CSIRO, pierre angulaire du réseau de collaboration de l’OMSA, a souligné l’importance de la collaboration et de l’innovation, ainsi que de l’intégration de l’approche “Une seule santé” dans toutes les discussions, afin d’améliorer la santé animale dans le monde entier.
  • Dr Moetapele Letshwenyo, représentant sous-régional pour l’Afrique australe, a apporté une perspective régionale unique qui enrichit notre organisation.


Plus d’informations sur la célébration en ligne