Déclaration de l’OMSA sur l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda
L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’apparition de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola (virus Bundibugyo) en République démocratique du Congo et de son éventuelle propagation aux pays voisins.
La maladie à virus Ebola est une zoonose, transmise des animaux aux humains puis entre humains. Sa réapparition répétée rappelle que la santé humaine et la santé animale sont étroitement liées. Bien que le réservoir animal spécifique associé à cette épidémie n’ait pas encore été identifié, les données scientifiques issues des précédentes flambées indiquent que certaines espèces sauvages, en particulier les chauves-souris frugivores et potentiellement d’autres animaux sauvages, constituent une source probable de transmission. L’origine de l’infection dans cette épidémie fait toujours l’objet d’investigations.
L’OMSA souligne l’importance de renforcer la surveillance à l’interface animal-homme-environnement et appelle à une mise en œuvre plus ambitieuse de l’approche « Une seule santé » (One Health) aux niveaux national, transfrontalier et régional. Elle réitère également l’importance d’accroître de manière constante le soutien à la prévention en amont des transmissions de la faune sauvage à l’être humain ainsi que le rôle essentiel de systèmes de santé animale compétents et disposant de ressources suffisantes.
Comprendre l’origine du virus, la manière dont il circule entre les espèces et les zones où il est susceptible de réapparaître nécessite une étroite collaboration entre les systèmes de santé animale, de santé environnementale et de santé publique afin d’assurer une surveillance efficace fondée sur les risques et un partage approprié des données. Le renforcement de la surveillance de la faune sauvage et du renseignement sanitaire, l’amélioration de la communication sur les risques liés à l’exposition aux animaux sauvages, le renforcement des capacités diagnostiques des laboratoires vétérinaires et une coordination efficace entre les secteurs de la santé publique, vétérinaire, de la faune sauvage et de l’environnement sont des éléments essentiels de la préparation et de la réponse à cette épidémie due au virus Bundibugyo.
L’OMSA travaille en étroite collaboration avec ses membres et ses partenaires pour appuyer les aspects de santé animale liés à la prévention et à la préparation. Cela inclut notamment :
- Le renforcement des systèmes de surveillance de la santé animale ;
- La promotion de la détection précoce des risques zoonotiques ;
- Le soutien à la communication sur les risques (Outils et ressources – OMSA – Afrique) ;
- Le soutien à la prévention des événements de transmission à l’interface animal-homme-environnement ;
- L’amélioration des connaissances sur le cycle de vie du virus et son rôle dans la dynamique épidémiologique
L’OMSA poursuit également son engagement avec ses partenaires du Quadripartite (OMS, FAO et PNUE) afin de promouvoir l’approche « Une seule santé », notamment en soutenant les pays dans la mise en place de systèmes intégrés protégeant la santé humaine, animale et environnementale.
La prévention demeure la ligne de défense la plus efficace. Le renforcement de la surveillance de la faune sauvage et du renseignement sanitaire, des capacités des laboratoires vétérinaires, de la communication sur les risques, de l’engagement communautaire et de la coordination intersectorielle fondée sur l’approche « Une seule santé » est essentiel pour réduire le risque d’émergence de maladies et de transmission zoonotique.
Des investissements durables dans des systèmes de santé animale pleinement opérationnels, y compris des interventions axées sur la prévention, sont essentiels pour la santé animale ; ils constituent également un pilier fondamental de la sécurité sanitaire mondiale et de la prévention des pandémies.
À propos de l’OMSA
L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) est l’autorité mondiale de référence en matière de santé animale. Fondée en 1924, l’OMSA travaille avec ses 183 Membres pour améliorer la santé et le bien-être des animaux dans le monde entier. Grâce à l’élaboration de normes internationales, à la collecte et à la diffusion d’informations sur la santé animale ainsi qu’au renforcement des systèmes de santé animale, l’OMSA contribue à prévenir et à maîtriser les maladies animales, y compris les zoonoses. En faisant progresser la santé animale, l’OMSA contribue à améliorer la santé humaine, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance durables et à construire un monde plus sûr, plus sain et plus durable.
À propos d’EBO-SURSY et de ZOOSURSY
Avec le soutien de l’Union européenne, l’OMSA a mis en œuvre le programme
EBO-SURSY afin de renforcer les capacités de surveillance et de diagnostic des fièvres hémorragiques virales et d’autres maladies zoonotiques en Afrique. S’appuyant sur ce travail, l’OMSA et ses partenaires poursuivent cette importante collaboration à travers le projet ZOOSURSY dans 17 pays africains, avec l’appui scientifique d’un consortium international comprenant le CIRAD, l’Institut Pasteur, l’IRD, l’Institut Helmholtz et l’Université d’Helsinki.
À travers ces initiatives, l’OMSA et ses partenaires soutiennent la surveillance ainsi que le renforcement des capacités diagnostiques et de l’expertise, contribuant ainsi à une meilleure préparation et réponse aux flambées épidémiques.