Déclaration de Fièvre de la Vallée du Rift en Afrique de l’Ouest
16 octobre 2025
L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) reconnaît l’augmentation récente des cas humains et animaux de fièvre de la Vallée du Rift (FVR) au Sénégal et en Mauritanie, qui a entraîné plusieurs décès humains. Ces flambées semblent être liées à de fortes pluies et à des inondations survenues les mois précédents, qui ont créé des conditions favorables à la transmission de la maladie. Étant donné que la FVR est une maladie animale transfrontalière, la coopération régionale sera essentielle pour évaluer et gérer le risque que représentent ces foyers.
La FVR est une zoonose virale à transmission vectorielle qui touche principalement le bétail, comme les buffles, les chameaux, les bovins, les chèvres et les moutons, mais peut également infecter les humains et la faune sauvage. La maladie peut provoquer des maladies graves tant chez les animaux que chez les humains et entraîner des pertes économiques importantes en raison des décès de bétail et des avortements. Les infections humaines surviennent généralement lorsque la maladie est largement répandue chez les animaux, généralement par contact direct ou indirect avec des tissus animaux infectés.
Les Services vétérinaires des pays concernés évaluent activement l’ampleur des flambées et mettent en œuvre des mesures pour en limiter la propagation et en réduire l’impact. Une coopération étroite avec les autorités de santé publique est essentielle pour assurer la détection précoce, fournir des traitements et, lorsque cela est possible, prévenir d’autres infections humaines.
Les épidémies de FVR surviennent périodiquement et sont fortement influencées par des facteurs climatiques et environnementaux – tels que les pluies et les inondations – qui affectent les populations de moustiques, ainsi que l’immunité des espèces animales sensibles.
Coordonner une réponse mondiale
La combinaison des données satellites et des données recueillies sur le terrain constitue une approche importante pour améliorer les systèmes d’alerte précoce et se préparer aux flambées de FVR. L’alerte précoce doit être liée à l’action et communiquée à tous les secteurs concernés.
En 2022, l’OMSA, en partenariat avec son Centre collaborateur pour l’épidémiologie, la modélisation et la surveillance (IZS-Teramo, Italie), a lancé PROVNA, une initiative qui utilise une surveillance basée sur les risques pour prédire les flambées de maladies à transmission par les moustiques, comme la FVR, en Afrique du Nord à travers une approche d’éco-régionalisation.
L’alerte précoce est essentielle, car la meilleure méthode pour prévenir la FVR chez les humains et les animaux consiste à vacciner les animaux à risque avant que des flambées ne se produisent.
L’OMSA travaille en étroite collaboration avec sa Représentation régionale pour l’Afrique, les Délégués nationaux en Mauritanie et au Sénégal, ses Centres collaborateurs, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour surveiller la situation. L’OMSA est prête à fournir un soutien supplémentaire si nécessaire.
La FVR est une maladie prioritaire du Cadre mondial pour la maîtrise progressive des maladies animales transfrontalières (GF-TADs) en Afrique: Rift Valley Fever – WOAH – Africa.
L’OMSA exhorte ses Membres à :
- Évaluer :
- La possible répartition de l’infection chez les animaux, y compris la faune sauvage
- La densité des vecteurs et son évolution probable
- Le risque de propagation de la maladie à travers les mouvements formels ou informels d’animaux et de produits animaux
- Collaborer :
- Appliquer une approche « Une seule santé », qui intègre la santé animale, humaine et environnementale, pour prévenir et contrôler les flambées de FVR
- Travailler en étroite collaboration avec les pays voisins et les partenaires régionaux pour gérer ce risque partagé
- Protéger les communautés, en fournissant des informations et des conseils en temps utile aux populations exposées à une transmission directe depuis les animaux et leurs produits, comme les éleveurs, les bergers et les travailleurs des abattoirs, sur :
- Les mesures de protection personnelle et de prévention
- La manipulation sécurisée des animaux
- La consommation de lait pasteurisé et de viande bien cuite
- Le signalement rapide des décès ou avortements d’animaux
- Rester vigilant :
- Surveiller la situation et sensibiliser les éleveurs, les professionnels vétérinaires et les agents de santé publiqu
- Mettre en œuvre une surveillance pour la détection précoce de la FVR et signaler rapidement les cas animaux via le Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS) de l’OMSA
- Être prêt :
- Réviser et mettre à jour les plans d’urgence pour assurer une capacité de réponse rapide
- Veiller à ce que des ressources suffisantes soient disponibles pour la mise en œuvre des plans
- Renforcer les capacités de diagnostic et de laboratoire :
- Veiller à ce que les laboratoires soient bien équipés, formés et soutenus pour confirmer les infections à FVR chez les animaux et les vecteurs
- Partager rapidement les données avec les autorités nationales et régionales
- Prendre les mesures nécessaires fondées sur la science pour limiter l’impact, et en particulier :
- Garantir un commerce sûr et une surveillance efficace conformément au chapitre 8.16 du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OMSA
- Préparer et mettre en œuvre des stratégies de vaccination conformément au chapitre 4.18 du Code, en restant vigilant quant au risque lié à la vaccination d’animaux infectés
- Réduire les sites de reproduction des moustiques près des habitations et des exploitations agricoles, dans la mesure du possible, et utiliser les répulsifs et les insecticides avec discernement afin d’éviter la résistance et les impacts environnementaux
Des informations techniques supplémentaires sur la fièvre de la Vallée du Rift et les mesures de contrôle sont disponibles sur les sites web de l’OMSA, de la FAO et de l’OMS.