Un sérotype de la fièvre aphteuse a été signalé pour la première fois depuis 60 ans en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, bien au-delà de la région où il a été identifié pour la première fois il y a environ 80 ans. À l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), nous suivons la situation de près, car chaque nouveau foyer de fièvre aphteuse constitue non seulement une menace pour la santé animale, mais rappelle également les nombreuses façons dont les animaux et les êtres humains sont interconnectés. Pour protéger la santé animale, la coopération et la prévention sont essentielles : découvrez pourquoi.
Plus de 6 600 kilomètres séparent les capitales de Chypre, du Lesotho et de la Mongolie. Pourtant, en 2026, ces trois pays se sont retrouvés confrontés au même défi : l’émergence d’un sérotype de la fièvre aphteuse jamais détecté auparavant sur leurs territoires.
Les vétérinaires et les éleveurs font face aux menaces de la fièvre aphteuse depuis des décennies à travers le monde. Bien que cette maladie soit rarement mortelle, elle est extrêmement contagieuse chez les animaux et peut avoir un impact majeur sur leur santé et leur productivité. Dans certains pays et régions, la fièvre aphteuse a été éradiquée avec succès et, aujourd’hui, elle fait partie des rares maladies pour lesquelles l’OMSA reconnaît officiellement un statut indemne, permettant aux pays de commercer et d’exporter des animaux et des produits d’origine animale en toute sécurité.
Le nouveau sérotype de la fièvre aphteuse récemment détecté dans plusieurs pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie présente une histoire particulière. Connu sous le nom de SAT 1, pour Southern African Territories 1, il a historiquement été associé à l’Afrique australe, où il a été identifié pour la première fois en 1948. Bien qu’il ait été occasionnellement signalé dans certains pays du Moyen-Orient et d’Europe entre 1962 et 1965, puis entre 1969 et 1970, le SAT 1 est longtemps resté associé à l’Afrique australe. Depuis 2025, le sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse est détecté de plus en plus fréquemment dans des zones situées à des milliers de kilomètres de son aire de répartition traditionnelle, suscitant des inquiétudes ces derniers mois, non seulement en raison de la distance qu’il semble avoir parcourue en peu de temps, mais aussi en raison de l’impact potentiellement considérable qu’il pourrait avoir sur la santé animale, les moyens de subsistance et les économies.
Suivi étroit de la propagation de la fièvre aphteuse
Depuis février 2026, nous suivons avec une attention particulière la propagation du sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse (FA). Au début de l’année, une augmentation du nombre de foyers a été signalée en Afrique du Sud, tandis que de nouvelles notifications ont été soumises par le Botswana, l’Eswatini, le Lesotho, la Zambie et le Zimbabwe. Dans certains cas, les foyers ont touché des zones reconnues officiellement comme indemnes de fièvre aphteuse et ont suscité une importante couverture médiatique au niveau local en raison de leurs répercussions sur les mouvements d’animaux et la production animale. Bien que préoccupante, la présence de ce sérotype dans la région n’était pas inattendue compte tenu de son association historique avec l’Afrique australe.
La situation était différente dans d’autres régions. Selon les données officielles communiquées par les Membres de l’OMSA par l’intermédiaire du Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS), Israël, Chypre, la Palestine, la Chine et la Mongolie ont tous signalé leur première apparition du sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse en 2026, dans cet ordre chronologique. Ce même sérotype avait déjà été signalé pour la première fois en Iraq, au Koweït, en Égypte et en Azerbaïdjan en 2025, également dans l’ordre chronologique de notification officielle à l’OMSA.
Après une absence de soixante ans, le sérotype SAT 1 a de nouveau été signalé via WAHIS en Türkiye, au Liban et en Grèce entre 2025 et 2026.
La carte présente les foyers du sérotype SAT1 de la fièvre aphteuse signalés dans le Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS) depuis le début de 2025, au 26 août 2026.
Ces données jouent un rôle essentiel pour comprendre l’ampleur de la menace et aider les pays et territoires à se préparer à d’éventuelles incursions de la fièvre aphteuse.
Différentes mesures préventives peuvent être mises en œuvre, notamment le renforcement de la biosécurité, la vaccination, le contrôle des mouvements d’animaux et la surveillance aux frontières. Toutefois, toutes ces actions nécessitent des ressources, et l’accès à des données fiables et solides permet aux gouvernements et aux autorités sanitaires vétérinaires de mieux justifier et mobiliser les moyens nécessaires en temps utile.
L’impact de la fièvre aphteuse sur les animaux, les populations et les économies
La fièvre aphteuse touche les bovins, les porcins, les ovins, les caprins ainsi que d’autres animaux à sabots fendus, qu’ils soient domestiques ou sauvages. Lorsqu’elle est détectée dans une zone, le commerce des animaux et des produits d’origine animale est fortement restreint. En raison du caractère extrêmement contagieux de la maladie, la prévention de toute propagation supplémentaire devient une priorité immédiate. Cette situation peut avoir des conséquences importantes pour les éleveurs et leurs moyens de subsistance. Toutefois, l’impact de la fièvre aphteuse n’est pas le même dans tous les pays.
Une récente évaluation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a mis en évidence que la vulnérabilité économique associée à l’introduction du sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse en Asie et dans le Pacifique est inégalement répartie. Si les économies vastes et diversifiées sont généralement en mesure d’absorber les chocs macroéconomiques qui en résultent, les économies plus petites et fortement dépendantes de l’élevage sont beaucoup plus vulnérables. Dans ces pays, les pertes pourraient atteindre jusqu’à 1 % du PIB, tandis que les perturbations commerciales pourraient engendrer des coûts équivalents, voire supérieurs, aux pertes directes de production. En cas de foyer de fièvre aphteuse, les conséquences pourraient ainsi dépasser le seul secteur de l’élevage et se transformer en une crise touchant l’ensemble de l’économie.
Investir dès maintenant pour prévenir le pire
À l’OMSA, nous suivons de près la propagation du sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse, car il illustre clairement à quel point la santé animale est étroitement liée aux moyens de subsistance, aux économies et à la sécurité alimentaire. Dès mai 2026, la fièvre aphteuse constituait déjà une préoccupation majeure pour de nombreux experts de la santé animale réunis à Paris à l’occasion de notre Session générale, consacrée à l’importance d’investir dans la santé animale.
À cette occasion, Franck C.J. Berthe, spécialiste principal de l’agriculture pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à la Banque mondiale, a souligné la nécessité d’investir dans la santé animale : « On estime que la fièvre aphteuse coûte jusqu’à 21 milliards de dollars par an aux éleveurs dans le monde. Pourtant, c’est une maladie que nous savons théoriquement maîtriser. Je ne dis pas que c’est facile, mais nous disposons de ces connaissances. Les outils existent, les mécanismes de financement existent ; ce qui manque, c’est la volonté politique de déployer à plus grande échelle les connaissances et les solutions. »
L’émergence récente du sérotype SAT 1 de la fièvre aphteuse est préoccupante, mais elle peut être maîtrisée. Grâce à des mesures préventives adaptées et à des investissements durables dans les systèmes de santé animale, son impact peut être limité. Comme l’a souligné Franck C.J. Berthe :
« Le prochain choc majeur pourrait émerger d’un système d’élevage dans la santé duquel nous avons choisi de ne pas investir. »
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) continue de lutter contre une épidémie de maladie à virus Ebola (EVD) causée par le virus Bundibugyo, avec des cas signalés en Ouganda, l’attention du monde entier se concentre naturellement sur la sauvegarde des vies humaines. Selon les dernières informations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à ce jour, la RDC a enregistré plus de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 décès, ce qui fait de cette épidémie la plus meurtrière de l’histoire du pays. L’ampleur et la rapidité de l’épidémie ont ravivé l’attention mondiale sur une maladie qui a maintes fois franchi les frontières entre les humains et les grands singes.
Une autre bataille se déroule loin des centres de soins, dans les forêts d’Afrique centrale, où la maladie à virus Ebola a décimé les populations de grands singes. Pour une maladie qui incarne parfaitement le concept « Une Seule Santé », la protection de la faune sauvage n’est pas incompatible avec celle des populations humaines.
La maladie à virus Ebola et ses différentes espèces, notamment Zaïre (EBOV) et Bundibugyo (BDBV) sont synonymes d’épidémies humaines. Les images de professionnels de santé en équipement de protection, d’inhumations sécurisées et de centres de soins d’urgence accaparent l’attention du public chaque fois que le virus refait surface. Cependant, des décennies de recherche ont montré que les humains ne constituent qu’une partie d’un ensemble écologique bien plus vaste, impliquant la faune sauvage, les écosystèmes et les interfaces complexes où les maladies apparaissent.
La prochaine épidémie de maladie à virus Ebola ne constituera pas seulement un défi de santé publique, mais aussi un défi pour la santé de la faune sauvage. Il est essentiel de comprendre ce qui se passe au sein de la faune sauvage si nous voulons prévenir de futures épidémies.
Alexandre Fediaevsky, chef du département de préparation aux situations d’urgence et de résilience à l’OMSA.
Les victimes oubliées de la maladie à Ebola
Bien avant qu’Ebola ne devienne un problème sanitaire mondial reconnu par l’OMS, il touchait déjà la faune sauvage.
L’un des exemples les plus dramatiques remonte au début des années 2000, lorsque des épidémies en République du Congo ont entraîné une mortalité catastrophique chez les gorilles des plaines occidentales. Une étude phare publiée dans la revue Science a estimé que plus de 5 000 gorilles étaient morts dans une seule région, les populations locales ayant vu leur effectif diminuer de 90 à 95 %. Ces résultats ont bouleversé la compréhension scientifique d’Ebola, révélant que le virus ne constituait pas seulement une menace pour la santé humaine, mais également l’un des plus grands dangers infectieux auxquels sont confrontés les grands singes d’Afrique.
Des études ultérieures ont confirmé que le virus Ebola Zaïre, associé au braconnage et à la destruction de l’habitat, a contribué au déclin sévère des populations de gorilles et de chimpanzés dans toute l’Afrique centrale.
Pas réservoir, mais très vulnérables
Certaines espèces de chauves-souris frugivores sont souvent considérées comme les hôtes réservoirs les plus probables ; toutefois, ces hypothèses restent à confirmer. Ces animaux peuvent être porteurs du virus sans présenter de symptômes graves, ce qui permet au virus de persister dans la nature. Il arrive parfois que le virus se propage à d’autres espèces sauvages, notamment les gorilles, les chimpanzés, les duikers et, dans certaines circonstances, à l’homme.
Ce processus, appelé « transmission interespèces », est au cœur de l’émergence d’Ebola. Les infections humaines peuvent survenir par contact avec les fluides corporels d’animaux infectés, après quoi la transmission interhumaine entretient les épidémies.
Il est essentiel de comprendre ces voies écologiques. Chaque épidémie offre l’occasion d’améliorer nos connaissances sur les espèces réservoirs et sur la manière dont les changements environnementaux, la composition, la densité et les déplacements des espèces sauvages, ainsi que les activités humaines, interagissent pour créer des conditions favorables à l’émergence de maladies.
Une interface sanitaire bidirectionnelle
La maladie à virus Ebola est généralement décrit comme une maladie zoonotique, c’est-à-dire une maladie qui se transmet des animaux à l’homme. Cependant, on reconnaît de plus en plus que la relation entre les humains et la faune sauvage est bidirectionnelle.
Bien qu’il n’existe actuellement que peu de preuves d’une « zoonose inverse » (c’est-à-dire que les humains transmettent la maladie à virus Ebola aux populations sauvages de grands singes), les scientifiques ont documenté la transmission de plusieurs autres agents pathogènes, notamment des virus respiratoires, de l’homme aux gorilles et aux chimpanzés. Ces résultats soulignent l’importance de réduire au minimum les contacts inutiles entre l’homme et la faune sauvage lors des épidémies et mettent en évidence la nécessité d’une surveillance intégrée à l’interface entre la faune sauvage et l’homme.
Des populations d’animaux sauvages en bonne santé contribuent à la santé des écosystèmes, et des écosystèmes sains favorisent en fin de compte la bonne santé des communautés humaines ; c’est précisément pour cette raison que la surveillance doit s’étendre aux animaux et aller au-delà des hôpitaux et des cliniques.
Sophie Muset, responsable du programme de santé de la faune sauvage et cheffe de projet ZOOSURSY à l’OMSA.
De la réaction à la prévention
Les efforts scientifiques se sont de plus en plus orientés, non plus vers le simple recensement de la mortalité de la faune sauvage, mais vers la prévention de futures épidémies.
Les chercheurs combinent désormais la surveillance écologique, le suivi sanitaire de la faune sauvage, la modélisation épidémiologique et les analyses génomiques afin de mieux comprendre où la maladie à virus Ebola est le plus susceptible d’apparaître.
Une récente étude de modélisation publiée dans Scientific Reports a projeté qu’une épidémie d’Ebola au sein de la population de gorilles de montagne, espèce menacée, du massif des Virunga pourrait se propager rapidement au sein des groupes sociaux en l’absence de toute intervention. Les auteurs ont constaté qu’une vaccination d’urgence d’au moins la moitié des gorilles habitués à la présence humaine pourrait considérablement améliorer leur taux de survie, illustrant ainsi comment des mesures de conservation proactives peuvent réduire l’impact de futures épidémies.
Parallèlement, des modèles prédictifs aident à identifier les zones à haut risque où les efforts de surveillance peuvent être priorisés avant que les épidémies ne se déclarent.
Pourquoi la surveillance de la faune sauvage est-elle importante ?
L’épidémie actuelle du virus Ebola Bundibugyo en RDC démontre une fois de plus que la surveillance doit aller au-delà des cas humains.
Le suivi de la santé de la faune sauvage, le renforcement des réseaux de laboratoires, l’amélioration des diagnostics sur le terrain et le partage des données entre les différents secteurs contribuent tous à une détection plus précoce et à une meilleure compréhension de la dynamique des maladies. La surveillance de la faune sauvage peut fournir des signaux épidémiologiques précieux tout en éclairant les mesures de conservation en faveur des espèces menacées. Le partage d’informations intersectoriel peut s’effectuer via WildEpi, le nouveau mécanisme de notification proposé par l’OMSA pour le partage d’informations sur les questions de santé de la faune sauvage et les maladies qui ne figurent pas sur la liste de l’OMSA.
La surveillance intégrée profite à la fois à la conservation de la biodiversité et à la santé publique en améliorant la préparation avant que les agents pathogènes ne franchissent les barrières interespèces.
C’est pourquoi WOAH souligne le rôle essentiel de la surveillance de la faune sauvage, de la détection précoce et de la prévention pour réduire le risque de transmission zoonotique et renforcer la préparation.
Renforcer la surveillance là où elle est le plus nécessaire
C’est précisément l’ambition du projet ZOOSURSY.
Présent dans 17 pays africains, ZOOSURSY renforce les systèmes de surveillance des maladies zoonotiques à l’interface entre l’homme, l’animal et l’environnement. En soutenant les capacités des laboratoires, les enquêtes sur le terrain, la surveillance sanitaire de la faune sauvage et la collaboration entre les secteurs vétérinaire, de la santé publique et de l’environnement, le projet contribue à une détection plus précoce des maladies zoonotiques émergentes et réémergentes, y compris la maladie à virus Ebola.
Plutôt que de se contenter d’intervenir après la survenue d’épidémies, la surveillance intégrée aide les pays à mieux comprendre la circulation des agents pathogènes chez la faune sauvage, à identifier les risques à la source et à renforcer leur état de préparation avant que la prochaine urgence ne se déclare.
Alors que la maladie à virus Ebola continue de mettre à rude épreuve les communautés d’Afrique centrale, un enseignement reste clair : la protection de la santé humaine et celle de la faune sauvage sont des objectifs indissociables. Les populations humaines et les grands singes partagent les mêmes habitats et peuvent être exposés aux mêmes agents pathogènes, ce qui fait de la santé de la faune sauvage un élément essentiel de la santé publique. Car la prévention de la prochaine épidémie de maladie à virus Ebola commence bien avant que le premier cas humain ne soit détecté.
Les plateformes numériques permettent aux personnes d’accéder à des données et de les partager, ce qui peut avoir un impact considérable sur la santé animale et les moyens de subsistance. Découvrez comment le partage de données aide la Lettonie à renforcer sa préparation face aux maladies réémergentes, et comment des pays d’Amérique du Sud développent des systèmes d’échange de certificats vétérinaires électroniques. Rendre le commerce plus rapide, plus efficace et plus sûr.
En février 2026, un chien a été testé positif à la rage en Allemagne. Les autorités sanitaires ont constaté que le chien est entré dans l’Union européenne en novembre 2025, via la Lettonie. Elles ont utilisé une notification immédiate sur le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) afin d’alerter les collègues de Santa Ansonska à la Division de l’analyse de l’information et de la réponse d’urgence du Service alimentaire et vétérinaire de Lettonie.
Santa Ansonska est experte principale à la division de surveillance des maladies infectieuses animales du département de surveillance vétérinaire. Immédiatement après avoir été informée du cas par ses collègues, elle a dû retracer et vérifier l’identification de chaque chien et chat du lot, en utilisant une autre plateforme numérique appelée TRACES. Ce système soutient l’échange d’informations sur les certifications numériques requises pour l’importation et l’exportation d’animaux, de produits d’origine animale et de végétaux à l’intérieur de l’Union européenne, vers et depuis celle-ci. Il a fallu deux jours à Mme Ansonska pour recueillir toutes les informations nécessaires ; elle a ensuite utilisé les données disponibles pour envoyer une notification officielle à la Commission européenne, afin de partager les informations avec d’autres pays susceptibles d’être concernés par ce cas.
Le déplacement d’animaux d’un pays à un autre est une activité normale liée au commerce. Cela concerne non seulement les animaux de compagnie, mais aussi le bétail. Avec tout mouvement d’animaux vient le risque de propagation des maladies d’une zone à une autre. C’est là que la surveillance, les systèmes de données intégrés et les outils numériques deviennent essentiels. Le défi n’est pas la présence d’une maladie dans un pays, mais l’accès aux bonnes informations au bon moment pour répondre efficacement. Comme l’explique Santa Ansonska :
« Nous devrions tous craindre l’inconnu. Mais si les données sont disponibles rapidement, nous pouvons être plus proactifs et ne pas seulement réagir à la situation. »
Préparez-vous, utilisez les données
La prévention et le contrôle ne s’appliquent pas seulement à la rage. La fièvre aphteuse est une maladie virale hautement contagieuse du bétail. Elle réduit fortement la productivité des animaux et est considérée comme une menace majeure par les agriculteurs et les vétérinaires dans le monde entier. Comme le souligne le rapport 2026 State of the World’s Animal Health, après des années d’absence, la fièvre aphteuse est récemment réapparue en Europe et se propage également dans de nouvelles zones d’Afrique. La dynamique épidémiologique de la maladie à l’échelle mondiale préoccupe les experts en santé animale, les agriculteurs et les commerçants. Mais des mesures peuvent être prises pour réduire les risques. Une notification rapide et transparente permet aux pays de prendre des décisions fondées sur la science et les preuves. Cela est particulièrement important lorsque les services vétérinaires disposent de budgets limités et doivent réallouer rapidement leurs ressources pour prévenir des crises plus graves. Comme l’explique Santa Ansonska:
« Dès que nous avons su que la fièvre aphteuse avait réapparu en Europe, nous avons dû entreprendre de nombreuses actions pour réallouer les ressources, réorganiser notre travail, communiquer le risque aux personnes concernées et développer des mesures préventives avant que la maladie ne puisse entrer dans le pays. Grâce à des systèmes d’information tels que ADIS et WAHIS, nous disposons à la fois de preuves de la présence de la maladie dans une zone et des données nécessaires pour expliquer aux décideurs pourquoi cela représente une menace pour nous. »
Laisser les données dialoguer (entre elles)
Le système d’information sur les maladies animales (ADIS) et le Système mondial d’information sur la santé animale (WAHIS) sont deux plateformes distinctes créées respectivement par l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), afin de permettre aux pays de partager des données sur les maladies animales présentes sur leur territoire. Les deux systèmes ont été interconnectés entre 2024 et 2025, la Lettonie jouant un rôle clé en tant que pays pilote au début du processus. L’objectif de cette interconnexion était de réduire la charge de travail des responsables de la santé animale dans toute l’Union européenne et de faciliter l’échange d’informations au niveau mondial : les informations sont saisies une seule fois, et les utilisateurs des deux plateformes peuvent y accéder.
L’intérêt des données réside dans leur utilité uniquement lorsqu’elles peuvent être connectées entre elles et facilement accessibles, permettant aux professionnels, aux chercheurs et à d’autres utilisateurs de les réutiliser. Il en va de même pour les certificats vétérinaires, où les enjeux de la numérisation sont importants. Aujourd’hui, de nombreux pays produisent encore des certificats vétérinaires papier pour l’exportation d’animaux et de produits d’origine animale. La production et l’échange physique de ces documents prennent du temps, sont plus sujets aux erreurs ou aux altérations et nécessitent des efforts en double pour la saisie et l’extraction des informations pour les importateurs et les exportateurs.
Simon Padilla est chargé des affaires économiques à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Au sein du Standards and Trade Development Facility (STDF), il travaille depuis de nombreuses années sur l’échange multilatéral de certificats électroniques et, comme beaucoup de personnes impliquées dans la gestion des données, il souligne que le principal défi n’est pas la création de la plateforme, mais la production d’informations réellement utilisables.
« La technologie derrière un système international d’échange de certificats est en réalité simple », explique Simon Padilla. « La partie difficile consiste à s’assurer que les données sont correctes et fiables. Et cela implique l’ensemble du processus de certification. Il faut travailler avec les inspecteurs et avec les différents opérateurs économiques pour s’assurer que tout fonctionne correctement. Cela nécessite un haut niveau de coordination pour garantir que votre système de certification fonctionne bien et que toutes les personnes qui y contribuent accomplissent correctement leur travail. »
À ce jour, l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA) collabore avec le Centre informatique international des Nations Unies (UNICC) pour développer un nouveau système d’échange de certificats vétérinaires électroniques. Financé par le STDF, le projet est entré dans la phase de développement de la plateforme en février 2026, et les normes de l’OMSA pour la certification vétérinaire électronique serviront de référence pour créer une base commune entre les pays participants.
Comment le commerce peut renforcer la santé animale
L’harmonisation constitue un défi majeur pour tout pays souhaitant échanger des produits sûrs. Des centaines de certificats vétérinaires différents existent, selon le produit exporté, le marché de destination et les exigences spécifiques applicables. Le nouveau projet mené par l’IICA vise à commencer avec un ensemble limité de produits échangés dans les Amériques, afin de comprendre comment les pays peuvent harmoniser leurs besoins en matière de certification et comment ce processus pourrait ensuite être étendu à l’échelle mondiale.
L’objectif ultime est de faciliter le travail des acteurs et de renforcer les relations construites par le commerce. Dans ce contexte, la santé animale joue un rôle central et peut bénéficier considérablement de ces efforts, comme l’explique Simon Padilla :
« Si vous souhaitez numériser un système de certification vétérinaire, vous devez revoir l’ensemble du processus. Et lorsque vous le faites, vous identifiez parfois des goulets d’étranglement ou des problèmes critiques qui doivent être résolus. Ainsi, en facilitant le commerce, vous renforcez également votre système de contrôle de la santé animale. Nous voulons réduire la paperasse, les délais et les coûts du commerce international, tout en minimisant les erreurs, les perturbations et la fraude. Et lorsque vous réduisez la possibilité d’erreurs ou de fraude, vous renforcez la confiance et vous facilitez le commerce, mais en même temps vous renforcez la protection sanitaire. Les deux concepts sont liés : santé animale et commerce. L’objectif est de rendre l’ensemble du processus plus efficace et plus sûr pour tous, y compris les importateurs, les exportateurs, les opérateurs économiques, les régulateurs et les consommateurs. Mais les agriculteurs et les vétérinaires sur le terrain seront les principaux bénéficiaires de ce projet. »
Alors que les gouvernements et les acteurs de la santé animale sont confrontés à une augmentation de la résistance aux antimicrobiens (RAM), les experts appellent de plus en plus à renforcer les investissements dans la prévention, la surveillance, les Services vétérinaires et les systèmes de santé animale.
Parmi eux figure la Dre Laure Weber-Vintzel, spécialiste principale de l’élevage à la Banque mondiale, qui met à profit plusieurs décennies d’expérience vétérinaire pour lutter contre la RAM. Revenant sur le récent rapport sur La situation mondiale de la santé animale, elle partage son point de vue sur les obstacles, les mesures de prévention et les solutions permettant de réduire l’usage des antimicrobiens dans les élevages tout en améliorant leur productivité.
Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens (RAM) ?
Dre Laure Weber-Vintzel : J’ai commencé ma carrière comme vétérinaire praticienne, où l’usage responsable des antimicrobiens faisait partie de mon travail quotidien. J’ai ensuite rejoint l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), qui est engagée depuis longtemps dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Dans mes fonctions actuelles à la Banque mondiale, j’interviens à l’interface entre les systèmes d’élevage durables, la santé animale et la collaboration intersectorielle, ce qui fait de la RAM un sujet central de mes responsabilités.
D’après votre expérience, quels sont les principaux défis auxquels les éleveurs et les vétérinaires sont confrontés en matière d’utilisation des antimicrobiens ?
L. W. : Le premier défi est l’accès : l’accès à des médicaments vétérinaires de qualité, y compris les antimicrobiens, ainsi qu’à des services vétérinaires de base. Cette situation conduit souvent à une utilisation inappropriée de produits vendus sans ordonnance.
Par ailleurs, comme dans de nombreux domaines de la médecine vétérinaire, le manque d’investissements dans la prévention est un facteur majeur qui favorise l’apparition de maladies et la dépendance aux antimicrobiens qui en découle.
Et bien sûr, le manque de sensibilisation, l’insécurité alimentaire et la pauvreté demeurent parmi les principaux moteurs de la RAM. Dans les régions disposant de peu de ressources, par exemple, même des éleveurs bien informés n’ont pas toujours les moyens de jeter le lait après un traitement, ce qui conduit à la consommation de lait contenant des résidus d’antibiotiques.
Certains pensent que réduire l’usage des antibiotiques nuit à la productivité. Est-ce vrai ?
L. W. : La réalité est plus complexe. C’est la mauvaise santé animale qui nuit à la productivité. Ainsi, lorsque l’utilisation responsable des antimicrobiens contribue à préserver la santé des animaux, elle soutient également la productivité. En revanche, lorsqu’ils sont utilisés de manière irresponsable, les antimicrobiens n’améliorent pas la santé animale et finissent par nuire à la productivité.
Une mauvaise gestion des troupeaux et une santé animale dégradée favorisent l’apparition de maladies et la dépendance aux antimicrobiens. Les investissements dans l’hygiène, la biosécurité, la vaccination, la nutrition et l’alimentation animale permettent d’obtenir des animaux en meilleure santé, une productivité accrue et un recours moindre aux antimicrobiens. Il s’agit de passer d’une logique de réaction à une stratégie de prévention, avec de nombreux bénéfices à la clé.
Quelles sont les principales lacunes des efforts actuels de lutte contre la RAM ?
L. W. : La liste est assez longue. Elle comprend notamment : la gouvernance de la RAM, les investissements dans la prévention, la sensibilisation des parties prenantes, les données sur l’utilisation des antimicrobiens, le renforcement des Services vétérinaires et l’amélioration des capacités de surveillance.
La surveillance, par exemple, nécessite des capacités à tous les niveaux : des réseaux de terrain capables de conseiller les éleveurs, de détecter précocement les problèmes et d’y répondre, jusqu’aux laboratoires en mesure d’adapter les traitements aux agents pathogènes identifiés.
Plus largement, la RAM est encore trop souvent perçue comme une problématique médicale ou vétérinaire, alors qu’il s’agit aussi d’une menace pour le développement, avec de réelles conséquences macroéconomiques. Ce message doit être porté au plus haut niveau des gouvernements. Prévenir et réduire la RAM permet de protéger la santé des animaux d’élevage, leur productivité et, par conséquent, les moyens de subsistance des populations.
Qu’en est-il des investissements ? Sur quoi devraient-ils porter à l’avenir ?
L. W. : Toute mesure qui améliore la santé animale réduit les besoins et l’utilisation des antimicrobiens tout en augmentant la productivité des élevages, qu’il s’agisse d’améliorer la biosécurité, l’hygiène, la vaccination ou l’alimentation.
J’utilise souvent l’analogie d’une fuite d’eau : on peut repeindre un mur abîmé, mais l’eau continuera à s’infiltrer tant que la source du problème n’aura pas été traitée. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un changement de perspective : passer de la réparation des problèmes à leur prévention, en réorientant les financements, l’énergie et les ressources vers l’amont. Nous devons donc investir dans la prévention systémique, la surveillance, la réglementation des médicaments vétérinaires et l’évolution des comportements.
La communication et la sensibilisation des éleveurs sont également essentielles. Prévenir une maladie coûte bien moins cher que d’y répondre une fois qu’elle est apparue, et cela vaut aussi pour la résistance aux antimicrobiens. Il n’est pas toujours facile de convaincre d’investir dans quelque chose qui pourrait ne jamais se produire. Pourtant, les preuves sont là : les éleveurs qui investissent dans la gestion des troupeaux, la prévention et la biosécurité ont tout simplement des animaux en meilleure santé et ont moins besoin d’antimicrobiens.
Quel rôle les gouvernements devraient-ils jouer dans la lutte contre la RAM ?
L. W. : La RAM est un problème systémique. Les gouvernements doivent adopter une approche globale, allant des investissements dans la prévention au renforcement des capacités de laboratoire, en passant par l’accès à des médicaments de qualité, la supervision vétérinaire et la coopération intersectorielle. Sans une telle approche, nous continuerons à réparer les dégâts causés par la fuite au lieu d’en traiter la source.
Les gouvernements ont également un rôle important à jouer pour identifier les partenaires du développement prêts à soutenir leurs efforts dans la lutte contre la RAM. Parmi eux figure le Groupe de la Banque mondiale, qui considère la RAM non seulement comme un enjeu vétérinaire ou médical, mais aussi comme une menace pour le développement nécessitant une action immédiate.
Si vous aviez un message clé à adresser au monde sur la RAM, quel serait-il ?
L. W. : Investissez dans la prévention. Des animaux en bonne santé, protégés de l’exposition aux agents pathogènes, ont besoin de moins d’antimicrobiens, sont plus productifs et engendrent moins de coûts liés aux maladies. Les investissements précoces permettent de réduire l’utilisation des antimicrobiens et le développement des résistances tout en améliorant les performances de production. Les actions menées en amont, la communication et le renforcement des capacités sont bénéfiques pour tous : les éleveurs, les gouvernements et les vétérinaires.
La 93e Session générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) a marqué la révision de la norme de l’OMSA sur le commerce ainsi que la création d’une toute nouveau chapitre sur la biosécurité. Cette décision a été motivée à la demande des Membres de l’OMSA d’intégrer des informations sur la biosécurité dans les normes. Comme toutes les autres normes élaborées par l’OMSA pour être mises en œuvre par ses Membres, celles qui ont dominé l’ordre du jour cette année sont appelées à avoir un impact positif sur la santé et le bien-être animal dans le monde. Parmi les domaines où elles apportent des bénéfices étendus, le paysage des marchés avicoles vivants, où des maladies infectieuses comme l’influenza aviaire peuvent se propager, se distingue comme un espace particulièrement vulnérable mais pourtant central.
Comprendre la question à travers la filière
Les marchés de volailles vivantes ont traditionnellement joué un rôle clé en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest. Dans certains pays, ils constituent l’épine dorsale de villes qui dépendent d’un commerce axé sur l’alimentation et du tourisme. Dans plusieurs de ces pays, les marchés de volailles vivantes garantissent la sécurité alimentaire en offrant un accès à des produits frais abordables et représentent une source stable de revenus pour les nombreux vendeurs qui animent cet espace communautaire dynamique.
Les maladies animales infectieuses comme l’influenza aviaire ont toutefois mis ces environnements sous forte pression, car ils offrent un terrain favorable à l’émergence et à la propagation d’agents pathogènes dangereux. Lorsqu’une maladie zoonotique apparaît, les flambées ont un impact sur le commerce de la volaille et provoquent une perte de confiance des consommateurs. Les marchés humides où des animaux vivants sont vendus et manipulés sont souvent associés à la transmission de maladies zoonotiques, car ils peuvent faciliter le déplacement d’animaux vivants susceptibles de porter des agents pathogènes. Les mélanges interespèces dans les marchés humides compliquent encore la situation, en posant des risques importants pour la santé et l’environnement.
Trop souvent, les interventions de santé publique vétérinaire visant à freiner la propagation du virus se sont concentrées sur la lutte contre la maladie strictement à l’intérieur des marchés eux-mêmes. Parmi les mesures adoptées figuraient l’interdiction de conserver les oiseaux pendant la nuit sur les marchés, l’instauration de jours de fermeture sanitaire et la séparation des espèces d’oiseaux dans les marchés. À la suite de la pandémie de COVID-19, par exemple, plusieurs pays ont temporairement fermé leurs marchés humides, ce qui a perturbé les flux commerciaux et les chaînes d’approvisionnement alimentaire essentielles. Mais cette solution s’est révélée ni durable ni viable à long terme. Elle a entraîné des conséquences inattendues, comme l’apparition de marchés noirs non réglementés pour les produits animaux et l’attribution de la pandémie à ces pratiques culturelles. La stigmatisation désormais associée aux « marchés humides » est devenue fortement connotée négativement.
À l’inverse, les données montrent que le contrôle de l’influenza aviaire à des fins de prévention pandémique doit commencer avant que la volaille n’atteigne les marchés humides. En effet, des mesures ciblant uniquement les marchés de volailles vivantes sont peu susceptibles de réduire efficacement l’exposition des commerçants et des acheteurs au risque d’influenza aviaire si elles ne sont pas accompagnées d’interventions adaptées tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Les stratégies de prévention pandémique doivent donc viser les éleveurs et les transporteurs de poulets dans les pays où le virus est endémique, afin de réduire le nombre de volailles infectées introduites sur les marchés.
Préparer l’avenir des marchés de volailles
Plusieurs études ont identifié les principaux risques associés à ces environnements. Les marchés vendant des animaux vivants présentent les plus grands risques pour la santé humaine et la biodiversité en raison de leur charge pathogène, en particulier ceux impliquant des animaux sauvages, qui sont étroitement liés aux maladies infectieuses émergentes. Des facteurs combinés, tels que la présence d’animaux vivants, y compris ceux présentant un risque élevé de maladies, la taille du marché ainsi que la propreté et les pratiques d’hygiène, peuvent contribuer à l’émergence de maladies.
Compte tenu de la nature complexe des risques infectieux, les décideurs ne devraient pas se concentrer uniquement sur les marchés lorsqu’ils cherchent à atténuer les futures flambées. Des interventions ciblées, fondées sur la science et axées sur les risques, appliquées en amont dans la chaîne d’approvisionnement ainsi que dans les mouvements transfrontaliers des oiseaux, peuvent rendre les marchés avicoles plus sûrs sans précipiter les économies locales dans la crise.
La faiblesse de la biosécurité et l’absence de réglementation du commerce font partie du problème, car elles peuvent aggraver les risques de maladie. C’est pourquoi la révision du Manuel de l’OMSA et l’ajout d’un tout nouveau chapitre sur la biosécurité lors de la Session générale de cette année constituent une avancée vers des populations animales plus saines et exemptes de maladies. En ce qui concerne les marchés de volailles vivantes, les animaux proviennent de sources nationales. Néanmoins, quelle que soit leur provenance, il est important de toujours mettre en œuvre une biosécurité efficace, de l’exploitation d’origine jusqu’au marché.
En tant que pierre angulaire des programmes de santé animale, la biosécurité doit être mise en œuvre pour prévenir et contrôler les maladies dans les populations. Associées aux récentes recommandations sur les postes d’inspection frontaliers et les centres de quarantaine afin de soutenir la mise en œuvre efficace des mesures et procédures applicables au transit, à l’importation et à l’exportation de marchandises, ces approches réduisent l’introduction d’infections dans les populations et soutiennent la continuité des échanges.
Ces résolutions sont destinées à laisser un héritage durable dans un monde globalisé où le commerce sûr est plus que jamais essentiel à la sécurité alimentaire et à la résilience économique. En formulant des recommandations visant à améliorer la mise en œuvre de la biosécurité lors des mouvements d’animaux, à l’échelle nationale comme internationale, la propagation d’agents pathogènes par le commerce international de marchandises devrait être réduite au minimum, sans entraîner de restrictions commerciales inutiles. En plus de réduire le risque de maladie, les bénéfices attendus de ces normes comprennent une diminution du recours aux médicaments vétérinaires, une baisse du nombre d’animaux abattus à des fins de lutte contre les maladies, des pertes économiques limitées, la protection des moyens de subsistance et une amélioration du bien-être animal. Dans l’ensemble, elles peuvent assurer la sécurité alimentaire et sanitaire, promouvoir la santé animale, humaine et environnementale, et ouvrir la voie à un commerce sûr et à la continuité des activités.
Interventions ciblées « Une seule santé »
Au-delà des normes, la collaboration entre parties prenantes doit également être mise en pratique dans ce contexte complexe. L’approche « Une seule santé » vise à prévenir les maladies zoonotiques en traitant les risques à leur source, par exemple dans les marchés humides, grâce à une collaboration pluridisciplinaire entre experts en santé publique, vétérinaires et spécialistes de l’environnement, afin d’assurer des pratiques alimentaires sûres et une réglementation efficace des lieux où sont vendus les animaux et les denrées alimentaires. Les solutions « Une seule santé » pourraient inclure des améliorations des infrastructures, un nettoyage régulier et des « jours de repos » pour interrompre la circulation virale, des programmes de formation des vendeurs axés sur l’hygiène et la prévention des infections, ainsi que des systèmes de suivi et de certification qui récompensent la conformité au lieu de pénaliser le commerce.
Cette combinaison d’approches peut contribuer à atteindre un objectif plus large et essentiel : des marchés avicoles résilients et sûrs, qui soutiennent les moyens de subsistance tout en protégeant contre la menace croissante de l’influenza aviaire. Des interventions ciblées et l’application des normes, et non des interdictions générales, offrent une voie pragmatique vers des pratiques commerciales animales plus sûres. Les Membres sont invités à mettre en œuvre avec diligence les normes de l’OMSA et à les adapter à leur législation afin de garantir que le risque de maladie soit réduit aujourd’hui — et que la santé de tous soit protégée demain.
En Colombie, les vétérinaires parcourent de longues distances en bateau le long du fleuve Amazone pour atteindre des communautés autochtones, qu’ils forment aux pratiques de gestion animale, aux mesures de biosécurité ainsi qu’à la reconnaissance et au signalement des symptômes de maladies aux autorités. L’expérience de la Colombie montre que la formation des membres des communautés dans le cadre d’un système d’alerte précoce permet d’étendre la couverture des services de santé animale, y compris dans les zones les plus reculées, grâce à des modèles de main-d’œuvre communautaire et à faible coût.
Les communautés autochtones de Colombie, dans le département de l’Amazonas, organisent leurs systèmes productifs autour du concept de la chagra depuis des siècles. Techniquement, une chagra est une zone de polyculture dans laquelle des aliments de base tels que les bananes plantain, le manioc, les fruits, les plantes médicinales et les herbes aromatiques sont produits de manière intégrée. Dans ce même espace, des activités d’élevage sont également menées, notamment l’aviculture familiale, l’élevage porcin à petite échelle et les étangs piscicoles.
Au-delà de sa fonction productive, la chagra revêt une grande valeur culturelle, étroitement liée à la préservation du patrimoine communautaire et des savoirs traditionnels. Alors que les hommes se consacrent généralement à la chasse et à d’autres activités productives extérieures, les femmes sont le plus souvent responsables du travail dans la chagra. Elles récoltent, cultivent et préparent les aliments, transmettant ainsi d’une génération à l’autre les techniques, les connaissances écologiques et les pratiques culturelles.
Le suivi de l’état sanitaire des animaux et des cultures au sein de la chagra constitue une priorité pour l’Instituto Colombiano Agropecuario (ICA, Institut colombien de l’agriculture et de l’élevage), l’autorité nationale responsable de la santé animale et végétale en Colombie. Actuellement, deux vétérinaires et trois techniciens soutiennent le programme de vulgarisation en santé animale et végétale dans le département de l’Amazonas, un territoire de 110 000 kilomètres carrés, soit environ la taille de la Bulgarie ou du Guatemala.
Pour faire face aux importants défis logistiques posés par ce territoire vaste et isolé, les vétérinaires de l’ICA ont formé 26 personnes provenant de différentes chagras du département afin de reconnaître les signes cliniques des maladies animales les plus courantes. Ces personnes formées issues de la communauté, appelées sensores (capteurs), accomplissent des tâches similaires à celles des agents de santé animale communautaires dans d’autres régions du monde, notamment en matière de détection des maladies et dans l’effort associé de mise en place d’un système d’alerte précoce. Leur travail renforce les capacités de surveillance locale, permettant un signalement et une réponse plus rapides face aux menaces sanitaires potentielles dans les territoires autochtones.
Nous avons formé les sensores afin qu’ils puissent identifier les signes de maladie et nous en informer. Avant notre intervention, les populations n’étaient pas habituées à mettre en œuvre des pratiques préventives en matière de gestion animale : il n’y avait ni vermifugation ni infrastructures adéquates, ce qui entraînait des taux de mortalité élevés. Grâce aux formations sur la biosécurité, la résistance aux antimicrobiens et la prévention des maladies, la communauté reconnaît désormais des risques tels que la rage et la salmonellose.
Yenny Soledad Infante Rivera, responsable régionale de l’ICA Amazonas
«En outre, comme le fleuve Amazone est affecté par la contamination au mercure, plusieurs espèces de poissons ne sont plus sûres pour la consommation. C’est pourquoi nous soutenons également le développement de systèmes de production piscicole plus sûrs, permettant aux communautés d’élever leurs propres poissons en étang dans de meilleures conditions sanitaires », explique Yenny Soledad Infante Rivera, responsable régionale de l’ICA Amazonas.
Comme l’illustre l’exemple de la production piscicole, produire des aliments dans la forêt amazonienne est loin d’être simple. Bien que de nombreuses communautés puissent bénéficier de l’introduction de nouvelles techniques et de races améliorées de volailles dans leurs chagras, cela pose également des défis importants. Jairo Eusebio Cachique Hernández, l’un des deux vétérinaires de l’ICA qui se rendent régulièrement dans les communautés autochtones pour des activités de formation et de surveillance, évoque souvent le cas des poules pondeuses. Ces oiseaux sont généralement transportés en bateau au cœur de la forêt tropicale et doivent ensuite s’adapter rapidement à des conditions environnementales et sanitaires entièrement nouvelles.
« Nous avons observé que ces races spécialisées présentaient de nombreux problèmes respiratoires », explique M. Cachique Hernández. « Bien que nous effectuions régulièrement des tests de dépistage de l’influenza aviaire et de la maladie de Newcastle dans les chagras, nous n’avons jamais détecté ces maladies. En revanche, les poules n’étaient pas protégées la nuit et étaient directement exposées aux variations atmosphériques de la forêt tropicale, où la température peut chuter brutalement de 40 °C à 19 °C en quelques heures à certaines périodes de l’année. Ces fluctuations créent un stress considérable chez les animaux, sans parler de leur exposition aux oiseaux sauvages et aux virus qu’ils transportent naturellement. Une fois que nous avons travaillé avec la communauté pour construire des abris simples, la situation s’est améliorée. L’application de mesures de biosécurité de base, telles que le nettoyage et la désinfection réguliers, a également fait une grande différence. »
Le travail des vétérinaires de l’ICA dans le département de l’Amazonas va au-delà de l’introduction de nouvelles pratiques ou de la sensibilisation à la santé animale dans les chagras. Les 26 sensores formés dans le département font partie d’un réseau national de plus de 5 000 personnes à travers la Colombie, qui renforcent le système d’alerte précoce communautaire. Leur rôle est de notifier à l’ICA les signes cliniques compatibles avec des maladies faisant l’objet d’un contrôle ou d’une surveillance officielle, contribuant ainsi à renforcer les capacités de surveillance dans les zones reculées du pays. Cette collaboration, qui nécessite encore des investissements et des ressources durables, a le potentiel de protéger la santé des animaux dont dépendent les communautés autochtones ainsi que l’ensemble du secteur de l’élevage colombien. Comme le souligne Yenny Soledad Infante Rivera : « Travailler avec les communautés autochtones exige du respect mutuel et un échange de connaissances. À l’ICA, nous fournissons des informations et un appui, mais nous apprenons aussi d’elles. Ce n’est pas toujours facile, mais elles ont survécu pendant des siècles dans des environnements extrêmement complexes. Il s’agit d’un échange de savoirs, de cultures et de techniques. »
Il s’agit de l’une des études de cas présentées dans le rapport 2026 sur l’état de la santé animale dans le monde. Pour en savoir plus, consultez le rapport complet.
Les jeunes qui s’engagent aujourd’hui dans les carrières scientifiques seront en première ligne des crises sanitaires de demain. Alors que les maladies émergentes résultent de plus en plus des interactions entre les humains, les animaux et l’environnement, la prochaine génération de scientifiques doit être dotée de compétences interdisciplinaires pour anticiper et prévenir les futures épidémies.
Former ces jeunes professionnels à penser au-delà des frontières sectorielles — santé, écologie et virologie — est devenu une priorité stratégique pour la préparation sanitaire mondiale. C’est dans cette perspective qu’a été créé le Club des étudiants ZOOSURSY, plaçant les jeunes scientifiques au cœur des efforts visant à mieux comprendre et prévenir les zoonoses virales émergentes.
S’inscrivant dans cette vision, le projet ZOOSURSY, financé par l’Union européenne dans le cadre de Global Gateway, vise à améliorer la préparation face aux zoonoses virales émergentes, telles que la grippe aviaire, selon une approche « Une seule santé ». Le projet rassemble des partenaires académiques et de recherche, notamment l’IRD, le Cirad, le Helmholtz Institute for One Health, l’Institut Pasteur et l’Université d’Helsinki.
Les jeunes scientifiques sont au cœur de cette initiative. Le 14 janvier 2026, dix-neuf étudiants en master et en doctorat impliqués dans ZOOSURSY se sont réunis pour la première fois dans le cadre du Club des étudiants nouvellement créé. Originaires du Gabon, du Kenya, du Cameroun, du Zimbabwe, de la Guinée, du Congo et de la République centrafricaine, et affiliés à des universités en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, ils représentent une nouvelle génération de professionnels travaillant sur la dynamique des maladies zoonotiques.

Si leurs sujets de thèse diffèrent, leurs travaux convergent vers un défi commun : comprendre comment les virus circulent à l’interface entre l’humain, l’animal et l’environnement. Au-delà de la virologie et de l’épidémiologie, leurs recherches mobilisent également des disciplines telles que l’écologie et les sciences sociales afin de mieux appréhender les facteurs humains, environnementaux et comportementaux qui influencent l’émergence et la transmission. Grâce au Club des étudiants, les participants apprennent les uns des autres, élargissent leurs perspectives et favorisent une réflexion innovante et intersectorielle.
Le Club des étudiants a été conçu comme un espace d’échange et d’apprentissage entre pairs. Il vise à encourager les interactions régulières entre les étudiants et l’ensemble du consortium, à promouvoir les retours entre pairs sur les projets scientifiques et à organiser des interventions de scientifiques expérimentés en lien avec les intérêts des étudiants.
Ces efforts contribuent à renforcer la préparation face aux futures épidémies — un pilier de l’approche « One Health » promue par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et ses partenaires.
Au-delà des résultats scientifiques, l’initiative répond à un autre enjeu majeur de la santé mondiale : développer et maintenir les capacités de gestion des maladies zoonotiques dans les régions les plus exposées. Grâce à ZOOSURSY, les étudiants bénéficient de formations pratiques, d’opportunités de terrain, de mentorat et d’un accès à des réseaux internationaux et locaux, incluant des collaborations avec des institutions et un renforcement des compétences au sein des institutions nationales. Ces expériences permettent de traduire la théorie en pratique tout en consolidant l’expertise locale et régionale.
Des réunions auront lieu tous les deux mois, complétées par des sessions de mentorat semestrielles axées à la fois sur le développement scientifique et professionnel. Un moment fort de ce réseau sera le premier Symposium ZOOSURSY, prévu en octobre 2026 à Nairobi, au Kenya. À cette occasion, les étudiants présenteront leurs projets aux partenaires du consortium, en s’appuyant sur les relations développées au sein du club et en contribuant directement à la production scientifique du projet.
Dans un domaine où la préparation repose autant sur l’investissement dans les personnes que sur les données, des initiatives comme le Club des étudiants ZOOSURSY jouent un rôle stratégique. Elles garantissent que la recherche sur les zoonoses émergentes ne soit pas seulement produite, mais aussi intégrée au sein d’une communauté scientifique en pleine croissance, prête à répondre aux menaces sanitaires futures.
En plaçant les jeunes scientifiques au centre de son approche « Une seule santé », le projet ZOOSURSY financé par l’Union européenne met en lumière un principe simple : renforcer la préparation mondiale face aux épidémies de demain commence par donner aux scientifiques d’aujourd’hui les moyens d’agir.
À l’aube, les marchés commencent à s’animer. Des camions arrivent de villages lointains. Les agriculteurs conduisent moutons et chèvres dans des rues étroites. Les acheteurs examinent les animaux, négocient les prix et se préparent au voyage de retour. Pour de nombreuses familles, ce moment représente un espoir : la vente d’un animal peut permettre de payer les frais de scolarité, de mettre de la nourriture sur la table ou de mettre de l’argent de côté pour la saison suivante. Pour ceux qui choisissent un mouton ou une chèvre pour une célébration, c’est aussi une source de fierté et de reconnaissance au sein de la communauté.
Dans le monde, on estime qu’environ 330 millions de personnes dépendent des petits ruminants — moutons et chèvres — pour leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire. Ces animaux sont au cœur des systèmes d’agriculture familiale, en particulier dans les communautés marginalisées. Ils fournissent de la viande et du lait, mais aussi de la laine et du cuir pour l’habillement, ainsi que du fumier pour les cultures. Dans de nombreuses régions, les femmes jouent un rôle essentiel dans leur soin et leur gestion, faisant de l’élevage des petits ruminants une voie importante vers l’autonomie financière et le bien-être des familles.
Cependant, derrière cette scène familière se cache une réalité moins visible. Le déplacement des animaux, aussi essentiel soit-il pour le commerce et la survie, crée également des opportunités de propagation des maladies. Le risque lié au transport des moutons et des chèvres est rarement évident pour les acheteurs ou les vendeurs, mais il influence la santé des troupeaux et la stabilité des marchés.
Un voyage qui relie fermes et marchés
Les moutons et les chèvres comptent parmi les animaux domestiques les plus mobiles au monde. Les éleveurs les déplacent à la recherche de pâturages et d’eau dans le cadre de migrations saisonnières appelées transhumance, parcourent de longues distances pour atteindre les marchés et les commercent entre régions et au-delà des frontières. Chaque déplacement met en contact étroit des animaux provenant de troupeaux différents. Un mouton qui paraît en bonne santé peut avoir contracté une infection quelques jours plus tôt sans présenter de symptômes. Le stress du transport, la promiscuité et les changements d’alimentation peuvent affaiblir ses défenses et le rendre plus susceptible de transmettre une maladie à d’autres animaux.
Dans certains pays, des enquêtes menées sur les marchés de bétail ont montré l’intensité de ces mouvements, avec des milliers d’animaux changeant de propriétaire sur de courtes périodes. Lorsque les animaux se déplacent rapidement et fréquemment, il devient difficile de savoir d’où ils viennent ou où ils iront ensuite. Si une maladie apparaît, retracer son parcours peut ressembler à une tentative de suivre des traces de pas dans le sable.
Certaines infections profitent particulièrement de cette mobilité. La peste des petits ruminants, une maladie hautement contagieuse des moutons et des chèvres, peut se propager rapidement le long des routes commerciales et décimer des troupeaux entiers. La fièvre aphteuse touche tous les animaux à onglons fendus et peut perturber aussi bien les marchés locaux que le commerce international, les moutons et les chèvres pouvant en être des porteurs silencieux. Certaines maladies, comme la brucellose, peuvent également affecter l’être humain. Pour les ménages qui ne possèdent que quelques animaux, la perte d’un troupeau peut signifier la perte de revenus, de nourriture et de sécurité.
Ces effets dépassent largement les exploitations individuelles. Lorsqu’une épidémie survient, elle peut déstabiliser les chaînes d’approvisionnement, faire augmenter les prix des denrées alimentaires et exercer une forte pression sur les Services vétérinaires. Les conséquences se font sentir non seulement dans les zones rurales, mais aussi dans les villes et les agglomérations où la population dépend d’un accès régulier aux produits d’origine animale.
Protéger les moyens de subsistance en protégeant la santé animale
Pour cette raison, les spécialistes de la santé animale s’attachent de plus en plus à comprendre comment et pourquoi les animaux se déplacent. La cartographie des itinéraires entre les fermes, les marchés et les zones de pâturage permet d’identifier les points où les risques sont les plus élevés. La surveillance de la santé animale dans les principaux lieux de rassemblement facilite la détection précoce des problèmes. La vaccination ainsi que des systèmes de base d’identification et de traçabilité des animaux peuvent encore réduire la probabilité que les maladies se propagent sans être détectées.
La Organisation mondiale de la santé animale et ses partenaires ont mis en évidence ces liens entre les déplacements et la propagation des maladies, non pour décourager le commerce ou les pratiques traditionnelles, mais pour les rendre plus sûrs grâce au contrôle des mouvements d’animaux. L’objectif n’est pas d’empêcher les animaux de se déplacer, mais de veiller à ce que leurs trajets ne transportent pas de menaces invisibles.
Les petits ruminants sont plus que de simples marchandises. Ils sont des comptes d’épargne sur pattes, des sources de nourriture et des symboles de résilience pour des millions de familles. Ils soutiennent la participation économique des femmes et aident les ménages à traverser les périodes difficiles. Leur valeur ne se mesure pas uniquement en argent, mais aussi en stabilité et en dignité.
Lorsqu’un mouton ou une chèvre entreprend un voyage, il transporte plus que son propre poids. Il porte les espoirs du foyer qui l’a élevé et, parfois, le risque de maladie si des mesures de protection ne sont pas en place. Comprendre ce lien n’est pas seulement une question technique. Il s’agit de protéger les moyens de subsistance, de renforcer les systèmes alimentaires et de veiller à ce que le déplacement des animaux reste une source d’opportunités plutôt qu’une source de vulnérabilité.
À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage de cette année, nous célébrons la fonctionnalité et la beauté impressionnantes du vert qui nous entoure. Les plantes et la végétation sont loin d’être un simple décor pour l’humanité : elles soutiennent la vie sur Terre. Mais, tout comme les animaux et les êtres humains, elles sont affectées par des bouleversements mondiaux, notamment la crise climatique et d’autres activités d’origine humaine. Il est donc urgent que les acteurs de l’approche « Une seule santé » imaginent et rendent possible un avenir où l’interdépendance des écosystèmes est renforcée par des changements de mentalité, des stratégies écologiques et des efforts renouvelés pour garantir la santé de tous.
De l’alimentation des animaux terrestres à la fourniture d’une infrastructure essentielle aux êtres vivants sous-marins, les plantes jouent un rôle clé dans l’écosystème mondial de la santé, de la terre à la mer. Elles purifient l’air et l’eau, forment les sols et soutiennent d’autres formes de vie. Il ne s’agit toutefois pas d’une relation à sens unique : tout près de nous, un monde entier d’animaux florissants permet discrètement aux plantes de prospérer.
Bien que largement invisibles, les animaux — y compris la faune sauvage — sont essentiels au bien-être des plantes. De la pollinisation à la dispersion des graines en passant par le cycle des nutriments, ils jouent un rôle vital dans le maintien de l’écosystème végétal tel que nous le connaissons, en fournissant des services indispensables à sa survie. La relation mutuellement bénéfique entre les mondes animal et végétal a créé un réseau de systèmes vivants auto-renforcés sans équivalent. Lorsque l’un prospère, l’autre prospère également.
Certaines espèces, comme les grands singes, ont même découvert comment utiliser les plantes pour se soigner. Les humains ont longtemps observé les animaux sauvages dans ce processus, puis ont adapté ces comportements à la médecine humaine. Cela met en évidence combien une chaîne saine entre animaux, plantes et humains peut rendre le monde meilleur et plus sain. Cependant, à mesure que les environnements terrestres deviennent de plus en plus interconnectés, certaines menaces pesant sur les écosystèmes végétaux sont devenues impossibles à ignorer.
Protéger les plantes sous l’eau
Les plantes sont partout autour de nous, même dans des endroits que nous ne voyons ni n’expérimentons au quotidien. Il suffit de penser à l’écosystème dynamique des plantes vivant sous l’eau. Les plantes aquatiques jouent un rôle crucial dans le maintien de la santé des écosystèmes aquatiques, y compris des animaux aquatiques et de la faune sauvage. Leurs fonctions comprennent l’approvisionnement en nourriture fiable, la production d’oxygène, l’amélioration de la qualité de l’eau et la fourniture d’habitats à une grande variété de poissons et d’espèces sauvages. Elles offrent même des zones sûres à de nombreuses espèces, servant d’abri aux poissons et aux invertébrés.
Cette relation étroite souligne à quel point la santé des communautés végétales aquatiques est essentielle pour soutenir des populations animales aquatiques résilientes. Il est indispensable que ces précieuses ressources végétales survivent à l’état sauvage. Mais cette symbiose signifie également que les espèces aquatiques peuvent être facilement affectées par le problème récurrent de la toxicité touchant les plantes. Lors de fortes pluies, la composition biologique des plantes peut en effet changer. Certaines espèces deviennent alors plus vulnérables à une neurotoxine produite par des algues. Parmi les espèces les plus sensibles figurent les poissons et les invertébrés aquatiques tels que les escargots et le zooplancton. Fait intéressant, certaines plantes sous-marines peuvent également être affectées par le ruissellement agricole.
Nombre de ces précieuses plantes sous-marines sont en outre menacées par la destruction des habitats, la surexploitation, le changement climatique ainsi que le commerce non réglementé ou illégal. Sensibiliser, renforcer les réglementations et garantir la durabilité de la récolte et du commerce sont devenus des priorités d’action.
« La conservation des plantes aquatiques est une priorité mondiale. C’est aussi un rappel puissant que nous devons nous en tenir à l’approche Une seule santé, car nous savons que la santé des plantes est l’un des piliers de l’intégrité des écosystèmes », déclare le Dr Mwansa Songe, membre du groupe de travail de l’OMSA sur la faune sauvage. « Tout doit être abordé comme un système unique. Il est devenu crucial que les acteurs du domaine politique prennent la tête avec une approche holistique. C’est la seule manière de prévenir et d’atténuer les menaces à leur source. »
Un héritage toxique : comment l’intoxication au plomb menace la santé mondiale
Les changements climatiques ne sont pas le seul facteur qui met en danger la santé des plantes. Un autre phénomène les menace, avec de graves conséquences sanitaires et écologiques : l’intoxication au plomb. Principalement causée par l’ingestion de plomb provenant des munitions et des engins de pêche, la pollution au plomb peut avoir des conséquences catastrophiques sur la chaîne plantes-faune sauvage.
La forte densité du plomb en a fait la munition de choix pendant des siècles malgré sa toxicité. Les effets de l’ingestion de plombs de chasse et de l’intoxication chez la faune sauvage sont observés depuis le XIXe siècle. Lorsque des plantes poussent dans des sols contaminés — par exemple à proximité de stands de tir ou dans des zones où les chasseurs tirent de grandes quantités de munitions — elles absorbent de fortes concentrations de plomb dans leurs tissus.
Cette exposition aux métaux lourds entraîne une réduction de la croissance ; des études menées sur d’importantes espèces fourragères agricoles telles que Festuca arundinacea, Trifolium pratense et Medicago sativa montrent une diminution pouvant atteindre 30 % de la hauteur des pousses ainsi qu’un raccourcissement des racines. Les pigments photosynthétiques diminuent également, altérant la vitalité, tandis que le plomb se transmet le long de la chaîne alimentaire — des plantes aux herbivores puis aux prédateurs — faisant peser un risque de toxicité écologique généralisée. Les munitions au plomb déposées sur les terres agricoles créent deux voies d’exposition pour les animaux et les humains. Premièrement, le métal lourd peut être absorbé par les plantes destinées à la consommation humaine ainsi que par les ruminants au pâturage produisant du lait et de la viande ; deuxièmement, le bétail peut ingérer directement des plombs ou des fragments de balles, contaminant ainsi le lait, la viande et les œufs et provoquant l’empoisonnement des animaux.
Chaque année, des millions d’oiseaux meurent empoisonnés après avoir ingéré des plombs de chasse qu’ils confondent avec des aliments ou avec les petits graviers qu’ils utilisent dans leur gésier pour broyer leur nourriture. Des charognards tels que les aigles et les vautours, souvent parmi nos espèces les plus menacées, meurent dans le monde entier à cause des plombs ou des fragments de balles laissés dans le gibier chassé. Ces oiseaux avalent involontairement ces fragments présents dans les proies et les carcasses ; leur puissant acide gastrique dissout ensuite le plomb, qui passe dans leur circulation sanguine. Les mammifères charognards sont également exposés à ces fragments et peuvent être empoisonnés, mais la mortalité est plus élevée chez les oiseaux en raison du niveau d’exposition et de leur système digestif particulier.
L’intoxication au plomb entraîne également une série d’effets sublétaux : la capacité de vol des oiseaux est altérée, provoquant des collisions avec des infrastructures telles que les lignes électriques, et leur système immunitaire est affaibli.
Nous devons penser la santé de manière holistique : un individu dont le système immunitaire est compromis est beaucoup plus exposé aux maladies infectieuses. En période de pandémie sans précédent de grippe aviaire hautement pathogène, nous n’avons pas besoin de populations sauvages de plus en plus fragiles, non seulement pour leur propre bien, mais aussi en raison des risques pour d’autres secteurs.
Dr Ruth Cromie, chercheuse associée au WWT
« En période de pandémie sans précédent de grippe aviaire hautement pathogène, nous n’avons pas besoin de populations sauvages de plus en plus fragiles, non seulement pour leur propre bien, mais aussi en raison des risques pour d’autres secteurs. » ajoute Cromie.
Au-delà de l’héritage toxique créé par la contamination des sols par des dizaines de milliers de tonnes de munitions au plomb libérées chaque année, et des impacts sur la faune et le bétail, les humains sont également exposés.
C’est véritablement un problème d’Une seule santé. Sachant que le plomb affecte presque tous les systèmes du corps humain, tirer une substance aussi hautement toxique dans notre nourriture est quelque chose d’extraordinaire. L’effet nocif puissant du plomb sur le cerveau en développement est très bien documenté.
Dr Ruth Cromie, WWT Research Fellow.
« L’effet nocif puissant du plomb sur le cerveau en développement est très bien documenté. Peut-être que les chasseurs ne se préoccupent pas du risque accru d’hypertension ou de maladie rénale, mais lorsqu’ils donnent à leurs enfants du gibier abattu au plomb, ils les exposent à un risque grave de dommages neurologiques », ajoute Cromie. Pour les consommateurs achetant du gibier, l’absence de niveaux réglementaires maximaux de plomb laisse place à l’incertitude et expose les consommateurs.
Malgré les risques connus, résoudre ce problème s’est avéré difficile en raison d’une combinaison de facteurs culturels et de résistances industrielles. Des alternatives non toxiques existent, mais sans réglementation pour en généraliser l’usage, les changements sont désespérément lents. Cromie sait qu’à l’avenir nous nous demanderons pourquoi l’utilisation des munitions au plomb n’a pas été interdite plus tôt, mais elle reste convaincue que les décideurs suivront les preuves scientifiques, reconnaîtront les bénéfices d’Une seule santé liés à l’utilisation de substituts non toxiques et placeront la protection de la santé au premier plan.
Outre la réglementation, des efforts supplémentaires de recherche et développement sont nécessaires, ainsi qu’un meilleur accès à des alternatives respectueuses de nos écosystèmes partagés — notamment dans les zones mal desservies — et des ressources pour aider les chasseurs à adopter des outils sans plomb. Cela se traduira également par une réduction substantielle de la mortalité de la faune sauvage et par des bénéfices en matière de bien-être animal qui auront des effets positifs sur la santé de tous.
Des produits pharmaceutiques qui s’infiltrent dans les cours d’eau aux médicaments vétérinaires perturbant les écosystèmes, en passant par les métaux lourds qui empoisonnent les animaux à travers le monde, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) reconnaît les défis auxquels la faune sauvage et notre écosystème interconnecté sont confrontés. Pourtant, des solutions existent grâce à l’approche Une seule santé. La gestion de ces grands risques sanitaires mondiaux ne peut se faire de manière isolée ni par un seul secteur. Cette approche dépasse les maladies individuelles et appelle à une coopération totale entre les secteurs de la santé animale, humaine, végétale et environnementale. À cet égard, l’OMSA continue d’apporter son expertise en santé et bien-être animal à ces partenariats multisectoriels indispensables.
Au cours de l’année écoulée, la question du genre dans la profession vétérinaire est devenue un sujet majeur au sein de l’OMSA. Des événements parallèles — dont un organisé lors de la 92e Session générale — ont mis en évidence le fort engagement des Membres à participer au débat mondial et à faire progresser l’égalité de genre.
À l’échelle mondiale, la médecine vétérinaire a connu ce que beaucoup qualifient de
« féminisation », les femmes représentant désormais environ la moitié des praticiens et près de 80 % des étudiants en médecine vétérinaire. Cette évolution rapide a ravivé l’attention portée à des questions telles que la représentation dans les fonctions de direction, la durabilité de la main-d’œuvre et l’avenir des Services vétérinaires. Dans le même temps, la baisse du nombre d’hommes entrant dans la profession soulève des interrogations quant à la diversité et à la capacité du secteur à remplir ses fonctions essentielles à long terme.
Mais rompre le cycle ne suffit pas. Si davantage de femmes entrent aujourd’hui dans les écoles vétérinaires et rejoignent la profession, cette tendance ne se traduit pas automatiquement par une représentation équitable dans les postes de direction, les affectations sur le terrain, les salaires ou le pouvoir décisionnel. En réalité, les inégalités structurelles persistent. Les postes de direction, la propriété des cabinets et les fonctions de terrain restent occupés de manière disproportionnée par des hommes. À l’inverse, les femmes sont souvent concentrées dans les laboratoires, les soins aux animaux de compagnie, les fonctions administratives ou de soutien, où l’influence et l’autorité sont relativement limitées. Pour aggraver encore la situation, l’écart salarial dans la profession vétérinaire demeure bien réel. Les femmes vétérinaires continuent de gagner moins que leurs homologues masculins, en particulier parmi les jeunes diplômés et les plus hauts revenus — une situation alimentée par des structures professionnelles obsolètes et des stéréotypes de genre profondément ancrés.
La diminution de la participation masculine à la main-d’œuvre ajoute une couche supplémentaire de complexité, en modifiant la manière dont la profession fonctionne. Selon des données récentes, chaque augmentation de 1 % du nombre de femmes dans les effectifs étudiants d’une faculté vétérinaire s’accompagne, l’année suivante, d’environ 1,7 candidature masculine en moins. Si les causes restent à préciser, les implications sont évidentes : des pénuries chroniques dans les zones rurales et dans les postes physiquement exigeants sur le terrain, où les femmes rencontrent des contraintes liées à la sécurité et bénéficient souvent de conditions peu attractives.
« Nous avons des secteurs entiers, des professions et des systèmes de travail qui ont été conçus par des hommes », commente E. Scott Osborne, président de Through Women’s Eyes. « Qu’il s’agisse de l’environnement physique, de la hiérarchie organisationnelle, des horaires de travail, des modalités d’avancement ou des critères de promotion — tout a été pensé par des hommes. Jusqu’à littéralement la dernière moitié du siècle passé, les hommes ont créé des systèmes répondant aux besoins, aux objectifs, aux priorités et aux emplois du temps des hommes, souvent à une époque où beaucoup avaient une épouse ne travaillant pas à l’extérieur du foyer. Nous vivons aujourd’hui dans un monde où de nombreuses femmes font partie de la population active, mais ces systèmes sont restés en grande partie inchangés. »
Autrement dit, l’augmentation de la participation féminine met également en lumière l’incapacité du système à s’adapter aux transformations de la main-d’œuvre. Sans s’attaquer aux obstacles structurels et culturels, l’effet combiné de la « féminisation » et de la baisse des inscriptions masculines risque de produire l’effet inverse de celui recherché : un affaiblissement de la couverture des services et une perturbation de la continuité des fonctions vétérinaires essentielles.
Nouvelles priorités en matière d’égalité de genre
L’OMSA a échangé avec ses Membres lors de récents événements institutionnels afin d’identifier leurs priorités liées à la féminisation de la main-d’œuvre et d’orienter l’élaboration de la future stratégie de genre de l’Organisation.
Les principaux défis identifiés sont notamment :
- l’absence de politiques ciblées pour attirer et retenir une main-d’œuvre équilibrée du point de vue du genre ;
- les pressions liées aux responsabilités familiales et les contraintes en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ;
- la persistance d’attentes sociétales alimentant les stéréotypes de genre et continuant à cantonner les femmes à des rôles peu dynamiques, éloignés des zones rurales ou du travail de terrain.
Face à ces défis, les Membres ont très majoritairement exprimé le souhait que l’OMSA soutienne activement des stratégies sensibles au genre afin de rendre la communauté plus inclusive. Ils souhaitent également que l’OMSA collecte et analyse des données sur la main-d’œuvre et fournisse des orientations sur l’utilisation de ces informations pour élaborer des politiques équitables et durables.
Vers une vision commune de Services vétérinaires sensibles au genre
De récentes études d’évaluation du genre en Afrique et en Asie-Pacifique, commanditées par l’OMSA, ont mis en évidence la sous-représentation des femmes dans les postes de direction et une répartition déséquilibrée des affectations sur le terrain.
Les résultats montrent également que la culture organisationnelle, l’accès à la formation et un leadership favorable sont déterminants pour l’élaboration de politiques de main-d’œuvre sensibles au genre dans le secteur — qu’il s’agisse de programmes ciblés de développement du leadership ou de systèmes de quotas garantissant une représentation équilibrée.
Si ces évaluations fournissent des informations utiles, elles révèlent aussi une lacune : les Services vétérinaires ont besoin d’une culture plus forte de l’utilisation des données pour orienter les politiques de ressources humaines. La collecte systématique, l’analyse et l’application des données probantes constituent un élément manquant essentiel pour combler le dernier écart et parvenir à une égalité de genre durable. Cette approche analytique fondée sur les données est également renforcée par les recommandations issues de la Conférence continentale africaine sur le développement de la main-d’œuvre vétérinaire.
Mais en matière de collecte de données exploitables, les Services vétérinaires ne sont pas seuls. Les écoles vétérinaires peuvent en effet être des partenaires précieux dans cette démarche. Les données ventilées par sexe issues des établissements d’enseignement permettent de mieux comprendre comment les normes de genre, les attentes et les perceptions de la profession influencent les choix des étudiants avant même leur entrée sur le marché du travail. Cela est d’autant plus important que les études vétérinaires enregistrent une baisse des inscriptions masculines, probablement influencée par les perspectives de carrière, la rémunération et les normes sociales associant les soins aux animaux à des rôles de sollicitude traditionnellement attribués aux femmes.
Une chose est désormais plus claire que jamais : renforcer les capacités d’analyse n’est pas seulement une exigence technique, mais un investissement stratégique qui fournit aux décideurs les informations nécessaires pour faire progresser le secteur de la santé animale.
À mesure que la profession vétérinaire se féminise, il devient essentiel d’en comprendre toutes les nuances. Cette évolution soulève des questions majeures quant à l’avenir du secteur : comment les structures professionnelles répartissent-elles les opportunités et permettent-elles un leadership équitable ? Le déclin des candidatures masculines contribue-t-il aux pénuries de personnel dans les zones reculées, où les femmes restent sous-représentées ? Et comment l’évolution des dynamiques de genre influence-t-elle l’identité professionnelle, les aspirations de carrière et l’attractivité globale du métier de vétérinaire ?
Explorer ces questions à travers une approche analytique fondée sur les données permet à l’OMSA et à ses Membres d’aller au-delà des tendances numériques et de comprendre les mécanismes qui sous-tendent l’organisation, la répartition et la résilience de la main-d’œuvre.
En tenant compte de cette complexité, l’OMSA et ses Membres travaillent ensemble à la construction de Services vétérinaires équitables, pérennes et mieux préparés à protéger la santé animale et la santé publique. L’OMSA s’engage à utiliser les enseignements issus des consultations avec les Membres et des études d’évaluation du genre pour élaborer une stratégie globale en matière de genre, mettant en valeur les bonnes pratiques, renforçant les données probantes à l’échelle mondiale et garantissant que la profession vétérinaire demeure dynamique, inclusive et attractive pour tous.


